9 Mai 2026
On avance dans cette deuxième saison de Citadel et, après un démarrage qui misait tout sur la poudre et les explosions, les épisodes 3 et 4 tentent de poser un peu le jeu. L’idée est claire : creuser ce qui se passe dans la tête de nos espions préférés. On ralentit la cadence, on installe des chaises autour de la table et on essaie de comprendre comment Mason, Nadia et Bernard peuvent encore bosser ensemble sans s’entretuer. C’est plus dense, c’est vrai, mais ça met aussi pas mal en lumière les limites d’une écriture qui a encore du mal à passer la seconde. L’épisode 3 se focalise presque entièrement sur le duo Mason Kane et Nadia Sinh.
Autant dire que l’ambiance n’est pas à la fête. La confiance entre eux a été réduite en miettes lors de la première saison et c’est vraiment le moteur de ces nouveaux chapitres. Nadia regarde Mason comme si c’était une bombe prête à exploser, tandis que Bernard essaie tant bien que mal de garder tout ce beau monde soudé pour que la mission n'implose pas. Au milieu de tout ça, on nous balance une histoire de hacker lié aux plans de Manticore et de Paulo Braga. Sur le papier, c’est le fil rouge classique. Dans les faits, c’est surtout un bon prétexte pour nous faire voyager, infiltrer des bâtiments sécurisés et confronter les personnages. Le souci, c’est que la série court toujours après le temps.
Elle veut nous vendre de l’émotion forte, mais elle ne s’arrête jamais vraiment pour nous laisser respirer. Dès qu’une discussion devient un peu profonde ou qu'un secret de famille pointe le bout de son nez, on est coupé par une fusillade ou une course-poursuite. C’est fluide, ça se regarde tout seul, mais on ne ressent jamais vraiment le poids des traumatismes qu’on nous décrit. Pourtant, il faut avouer qu’il y a du mieux par rapport à l’an dernier. Les dialogues sonnent un peu plus juste, moins mécaniques. Richard Madden et Priyanka Chopra Jonas font le job pour rendre leur relation crédible. On sent cette méfiance permanente, ce jeu de dupes qui fonctionne assez bien à l'écran.
C’est du classique, on connaît la recette par cœur, mais ça se laisse manger. D’ailleurs, Priyanka Chopra Jonas reste le vrai pilier du show. Elle a cette présence physique indispensable pour les scènes de baston, mais elle arrive aussi à montrer une Nadia plus vulnérable dans ces épisodes. On sent la culpabilité qui la ronge par moments. C’est parfois un peu survolé, mais ça donne enfin un peu d’épaisseur à un personnage qui n’était jusqu'ici qu’une machine de guerre. L’épisode 4 appuie encore plus là où ça fait mal en jouant sur les fractures du groupe. On part sur une opération d’infiltration à la CIA qui sert de déclencheur à toute une série de révélations. Franchement, sur la forme, c’est propre.
La mise en scène est bien plus lisible que dans la saison 1. Les combats ne sont plus un joyeux bazar où on ne comprend rien à qui tape sur qui. L'action est mieux équilibrée et on sent que la série a enfin trouvé son rythme de croisière en tant que pur divertissement. Le vrai bémol, c’est que tout est terriblement prévisible. En regardant l'épisode, on pourrait presque cocher les cases du bingo de l'espionnage moderne : le secret du passé qui ressurgit, la trahison qu'on voyait venir à des kilomètres, la manipulation familiale au moment opportun. Le manque de subtilité de l’écriture gâche un peu le plaisir.
Quand la série décide de ralentir pour nous émouvoir, elle finit surtout par montrer que ses personnages manquent encore cruellement de relief une fois qu'on leur enlève leurs gadgets de haute technologie. Heureusement que Stanley Tucci est là. Dans le rôle de Bernard, il apporte toujours ce recul et cette pointe d’ironie qui font un bien fou. Son duo avec Hutch permet de glisser quelques moments un peu plus légers, évitant à la série de se prendre trop au sérieux, ce qui est souvent son plus gros défaut. Jack Reynor apporte lui aussi une énergie plus brute, un peu plus imprévisible, qui vient bousculer la rigidité globale du casting.
Visuellement, on en a pour notre argent. On sent que le budget est là : décors de luxe, technologie de pointe, virées aux quatre coins de l'Europe... Citadel veut jouer dans la cour des grands, celle des James Bond ou des Mission Impossible. Mais voilà, l’esthétique ne fait pas tout. La série semble parfois plus amoureuse de ses beaux plans que de ses propres intrigues. Elle peine à se forger une identité qui lui appartienne vraiment, au-delà de ses ambitions de franchise mondiale. Au final, cette saison 2 se regarde beaucoup mieux que la première. C’est plus carré, mieux produit et on s’ennuie moins. Le problème reste technique et narratif : c’est une compilation de codes déjà vus mille fois ailleurs, sans aucune prise de risque.
Note : 4.5/10. En bref, ça se binge-watche sans déplaisir le temps d'une soirée, mais ça manque encore d'une âme, d'un petit truc qui nous ferait vraiment vibrer ou nous surprendrait. Citadel continue son chemin proprement, sans faire de vagues, mais elle n’est toujours pas le thriller révolutionnaire qu’on nous avait promis. C’est un bon divertissement calibré, ni plus, ni moins.
Disponible sur Amazon Prime Video
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