22 Mai 2026
On commençait un peu à s'endormir au milieu de la saison, mais bonne nouvelle : Man on Fire se réveille enfin. Avec les épisodes 5 et 6, la série Netflix remet un coup de collier et accélère le rythme juste avant le grand final. L'intrigue se resserre autour du gros complot politique, tandis que John Creasy et la jeune Poe se retrouvent plongés en pleine paranoïa, traqués de tous les côtés. Depuis le lancement, le show cherche sa voie entre le thriller d'action pur, le drame psychologique et les magouilles politiques. Ces deux nouveaux chapitres apportent enfin une direction claire.
L'histoire avance pour de bon, les révélations tombent et la tension revient faire un tour, ce qui fait un bien fou après des épisodes 3 et 4 qui tiraient franchement à la ligne. L’épisode 5 joue à fond la carte de la traque. Pour semer ses poursuivants, Creasy enchaîne les fausses pistes et change d'hôtel toutes les cinq minutes pendant que Tappan fouine de son côté. Cette partie du récit est vraiment efficace. Elle rappelle les bons vieux thrillers paranoïaques des années 90, l'époque où le moindre coup de fil ou déplacement pouvait cacher un piège mortel. Ce qui change aussi, c’est la dynamique humaine.
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Au début, Creasy était dépeint comme un ours solitaire, un ancien militaire traumatisé incapable d’accorder sa confiance ou de s’attacher à qui que ce soit. Là, une sorte de famille improvisée se crée autour de lui avec Poe, Melo, Livro et Vico. Cette évolution permet de poser un peu le rythme avec des scènes plus intimistes. Voir Creasy partager un repas ou apprendre à Poe comment se défendre montre une facette plus humaine et moins fermée du personnage. Après, on peut trouver que ça va un poil trop vite. La série nous avait bien vendu un Creasy totalement brisé et isolé depuis le massacre de son équipe au Mexique.
Le voir accepter cette nouvelle bande de potes aussi facilement crée un petit décalage avec le portrait ultra sombre du départ. Mais cela permet au moins de donner de la consistance aux personnages secondaires. La série essaie d'ailleurs d’élargir son horizon au-delà du simple duo principal en intégrant la vie des favelas et les tensions locales. Cela donne une vraie couleur locale et une touche sociale à la série, même si certaines intrigues secondaires s'éloignent parfois un peu trop du fil rouge. Tout n’est pas parfait non plus dans l'écriture de cet épisode 5. Le moment où Poe retourne dans sa chambre d’hôtel juste pour récupérer une pièce de monnaie laissée par son père sent la grosse ficelle scénaristique.
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C'est le genre de décision stupide uniquement là pour injecter du danger de manière artificielle. Ça entache un peu la crédibilité de la gamine, alors que la série avait plutôt bien évité ce genre de clichés usés jusqu'ici. Heureusement, la séquence d’infiltration de la prison redresse immédiatement la barre. Ferraz est présenté depuis le début comme le pion essentiel du complot, et cette opération commando donne enfin l'impression que les choses sérieuses commencent. L’épisode 6 enchaîne direct et s'impose comme l'un des meilleurs moments de la saison. Le cadre de la prison, fermé et étouffant, colle parfaitement à l'ambiance poisseuse recherchée.
C'est là que Creasy brille le plus : un homme capable de naviguer dans le chaos le plus total avec une froideur qui fait presque peur. Yahya Abdul-Mateen II fait un super boulot et impose un vrai style physique. Sa version de Creasy n'a pas le côté mythique et solaire de celle de Denzel Washington dans le film culte, mais elle mise sur autre chose : l'épuisement mental, la corde raide et une nervosité de tous les instants. L’acteur joue à merveille ce gars qui avance à l'instinct, sans jamais savoir si la personne en face de lui va lui planter un couteau dans le dos. Côté scénario, les aveux de Ferraz permettent de mettre au clair toute la machination politique. Jusqu’ici, le show aimait rester flou sur l'attentat et les motivations des rebelles du FRP.
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Cet épisode 6 confirme ce qu'on soupçonnait : le groupe armé n'était qu'un pion dans un jeu beaucoup plus grand, impliquant les hautes sphères du pouvoir brésilien et des intérêts financiers américains. La trahison de Tappan ne surprendra personne, le personnage était beaucoup trop louche depuis le départ pour être honnête. Mais au moins, cela pose un visage concret sur les coupables et transforme cette guerre politique en une affaire de vengeance ultra personnelle pour Creasy. La série est d'ailleurs bien meilleure quand elle reste à hauteur d'homme plutôt que lorsqu'elle se perd dans des explications géopolitiques complexes. Le vrai moteur de l'histoire, ça reste la relation entre Creasy et Poe.
Peu importe le nombre de fusillades ou de secrets d'État dévoilés, c'est leur attachement mutuel qui fait qu'on a envie de voir la suite. L’épisode 6 trouve enfin le bon équilibre entre action et narration. Contrairement aux épisodes précédents qui se perdaient en bavardages, l'action ne s'arrête jamais. Entre l'évasion de la prison, les confessions sous pression et la traque de Tappan, on retrouve cette sensation d'urgence qui manquait cruellement au milieu de la saison. On tiquera quand même sur pas mal de facilités. Les plans d'infiltration se déroulent sans accroc comme par magie, et certains complices piratent des systèmes de sécurité ultra protégés en deux clics de souris.
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Heureusement, la mise en scène compense ces raccourcis grâce à une ambiance lourde et un rythme haletant qui ne laisse pas vraiment le temps de cogiter. Au final, ces épisodes 5 et 6 remettent Man on Fire sur de bons rails juste avant le dénouement. La série traîne encore quelques petits défauts d'écriture et des scènes un peu faciles, mais elle renoue avec ses forces initiales : une tension qui ne lâche pas le spectateur, un héros sur le fil du rasoir et une conspiration massive qui dépasse le simple fait divers.
Le dernier épisode aura la lourde tâche de conclure tout ça proprement, sans sombrer dans l'overdose d'action gratuite ou les révélations sorties du chapeau. La saison a parfois cherché son identité, mais cette dernière ligne droite montre un show qui sait enfin où il va, centré sur ses personnages et sur le coût humain de toute cette violence.
Note : 7/10. En bref, après un milieu de saison plutôt mou, les épisodes 5 et 6 de Man on Fire relancent enfin la machine en offrant un rythme haletant, une tension maximale en milieu carcéral et des révélations politiques majeures. Malgré quelques facilités d'écriture, cette ligne droite redonne de la voix à la série Netflix et recentre efficacement l'intrigue autour du duo Creasy-Poe juste avant le grand final.
Disponible sur Netflix
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