Critique Ciné : Toy Story 5 (2026)

Critique Ciné : Toy Story 5 (2026)

Toy Story 5 // De Andrew Stanton et McKenna Harris. Avec la voix de Jean-Philippe Puymartin, Tom Hanks et Richard Darbois.

 

Trente ans. C'est le temps qui nous sépare du tout premier Toy Story. Quand on y pense, c’est assez vertigineux. Pourtant, la saga star de Pixar réussit encore à squatter nos grands écrans sans donner l'impression de trop tirer sur la corde. Avec ce cinquième opus, les studios californiens relèvent un défi de taille : moderniser une formule ultra-connue en s'attaquant de front à la grande obsession de notre époque, c'est-à-dire la place des écrans et des tablettes dans le quotidien des enfants. Le résultat est une excellente surprise, un film sincère et touchant qui évite le piège des leçons de morale pour mieux nous questionner sur la fin de l'imaginaire pur.

 

Buzz, Woody, Jessie et le reste de la bande verront leur travail remis en question lorsqu'ils découvriront que ce qui obsède les enfants d'aujourd'hui s’appelle... l'électronique !

 

Dès les premières minutes, une petite révolution s'opère sous nos yeux. Woody et Buzz, les piliers historiques, s'effacent doucement pour laisser le champ libre à Jessie. La cowgirl intrépide devient la véritable héroïne et le cœur émotionnel de cette aventure. C’est un choix courageux et particulièrement bienvenu, car il insuffle un vent de fraîcheur à une mécanique narrative qui commençait parfois à ronronner. Cette fois, la menace ne vient pas d'un voisin cruel comme Sid ou d'un ours en peluche mafieux comme Lotso, mais d'une simple tablette tactile interactive. Ce nouvel objet, fascinant et omniprésent, capte absolument toute l'attention de la petite Bonnie, laissant ses anciens compagnons de plastique prendre la poussière au fond du placard.

 

Cette idée de scénario est d'une pertinence absolue. Elle résonne immédiatement avec le quotidien de millions de familles à travers le monde. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est que Pixar ne diabolise jamais la technologie en bloc. Le film ne bascule pas dans un vieux discours moralisateur qui consisterait à dire que le numérique détruit la jeunesse. Au contraire, le scénario montre avec beaucoup de subtilité comment les écrans deviennent un problème uniquement lorsqu'ils finissent par remplacer l'ennui créatif, le jeu spontané et les interactions réelles avec les autres. L’approche reste équilibrée, fine, et évite constamment les raccourcis simplistes. Derrière la farce pour enfants et les cabrioles des personnages, on retrouve la patte si reconnaissable du studio. 

 

Toy Story 5 gratte là où ça fait mal et parle de choses universelles : la peur panique de l'abandon, le sentiment d'obsolescence et la difficulté de trouver son utilité dans un monde qui avance sans nous attendre. Ces thématiques hantent la saga depuis 1995, mais elles trouvent ici un écho contemporain vibrant. Le parallèle entre le jouet dépassé par la technologie et l'adulte déconnecté face aux évolutions du monde moderne fonctionne à merveille, touchant les parents en plein cœur. Visuellement, on prend une immense claque. L'animation atteint des sommets de réalisme assez incroyables. Les équipes techniques de Pixar ont accompli un travail de titan sur les textures, les reflets de la lumière et la matérialité des décors. 

 

On a presque l'illusion de pouvoir toucher le plastique rigide de Buzz, le tissu usé des vêtements de Jessie ou les veines du bois des meubles de la chambre. Cette perfection graphique n'est pas juste là pour faire de l'esbroufe technique, elle sert totalement l'immersion et rend ce petit monde infiniment vivant. De plus, la mise en scène s'autorise de formidables fulgurances créatives, notamment lors de séquences de jeu où le style visuel change radicalement pour épouser l'imagination débordante de l'enfance. Bien sûr, le long-métrage n’est pas totalement parfait et souffre parfois d'un léger sentiment de déjà-vu. La peur d'être délaissé reste le moteur principal de l'intrigue, et les habitués de la franchise repéreront rapidement les grosses ficelles de la narration. 

 

De plus, le fait de braquer les projecteurs sur Jessie a un coût : de nombreuses figures emblématiques de la bande sont reléguées au second plan. La galerie de personnages est devenue tellement gigantesque au fil des décennies qu'il est désormais impossible d'offrir une vraie partition à tout le monde. Certains jouets cultes doivent se contenter de quelques répliques, ce qui pourra frustrer les fans de la première heure. Le rythme accuse aussi quelques petites baisses de régime en milieu de parcours, la faute à des sous-intrigues un peu artificielles qui tirent inutilement en longueur. Pourtant, la magie opère toujours. Le dosage entre l'humour potache et la pure émotion s'avère particulièrement efficace. Les adultes riront des clins d'œil sur l'addiction aux algorithmes, tandis que les plus jeunes s'amuseront des situations rocambolesques. 

 

La nostalgie est évidemment un moteur puissant ici, mais le film ne se repose pas uniquement sur nos souvenirs d'enfance. Il cherche sincèrement à accompagner et à comprendre les enfants d’aujourd’hui, nés avec un écran entre les mains, tout en leur rappelant que grandir signifie accepter les changements. Au bout du compte, sans égaler les sommets dramatiques des troisième et quatrième volets, Toy Story 5 s'impose comme une œuvre sincère, drôle et étonnamment intelligente. Il prouve que la franchise en a encore sous le capot et mérite amplement le détour. Pixar signe ici un divertissement familial de haute volée qui fait autant réfléchir qu'il émerveille. Un joli moment de cinéma à partager toutes générations confondues.

 

Note : 7.5/10. En bref, Toy Story 5 relève le défi de la modernité en explorant avec intelligence et sans moralisme l'impact des écrans sur l'imaginaire des enfants, tout en confiant brillamment les rênes de l'aventure à Jessie. Malgré un air de déjà-vu et des personnages secondaires un peu délaissés, ce nouvel opus visuellement bluffant offre un superbe équilibre entre humour, nostalgie et émotion pour toutes les générations.

Sorti le 17 juin 2026 au cinéma

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G
coucou toi<br /> un tres bon article :O)<br /> ce je vais aller le voir le weekend prochain ;OP<br /> bonne soiré
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