Not Suitable for Work (Saison 1, épisodes 8 et 9) : fin de saison plus mature que prévue

Not Suitable for Work (Saison 1, épisodes 8 et 9) : fin de saison plus mature que prévue

On arrive enfin au bout de cette première saison de Not Suitable for Work, et ces deux derniers épisodes cassent pas mal le rythme habituel, mais dans le bon sens. Jusqu'ici, on suivait tranquillement la petite bande de New-Yorkais dans leurs galères de boulot, leurs amours compliquées et leurs plans un peu foireux. Avec les épisodes 8 et 9, l'ambiance change d'un coup. Fini de rigoler pour rien, chaque personnage se retrouve face au mur et doit assumer ses choix. Cette dernière ligne droite met de côté l'humour pur pour creuser un peu plus la psychologie des personnages. C'est moins léger, plus ancré dans le réel. 

 

Si certaines trajectoires se devinaient à des kilomètres, d'autres font des virages assez inattendus qui relancent totalement l'intérêt pour une suite. L'épisode 8 nous plonge direct dans l'ambiance des fêtes de fin d'année. Le saut temporel arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, mais ça fonctionne. Mettre les personnages dans ce cadre festif, alors qu'ils sont tous en train de galérer, accentue bien le contraste et isole chacun dans ses propres doutes. Prenez Josh, par exemple. C’est clairement celui qui prend la plus grosse claque. Il a toujours vécu sur son petit nuage avec un confort financier qu'il pensait éternel. Là, il capte enfin ce que ça fait de devoir compter ses sous et de gérer un budget sans que les parents viennent à la rescousse. 

 

Ce qui est cool, c'est que la série ne nous fait pas le coup de la rédemption instantanée ou de la leçon de morale un peu lourde. Josh reste Josh : il fait des boulettes, il garde ses vieux défauts agaçants, mais au moins, il réalise qu'il est face à un vrai mur. Ça donne enfin une vraie couche de maturité à ce personnage qui passait son temps à faire le gamin. À côté, Kel continue de ramer dans le milieu artistique, et on sait tous à quel point c'est une galère sans nom. Il passe son temps à faire des compromis, à enchaîner les boulots pour s'en sortir, mais sans jamais perdre son côté humain. Ce que j'aime bien chez lui, c'est sa fidélité. Même quand il est sous l'eau, il reste dispo pour les autres. 

 

C'est sans doute le personnage le plus sain et le plus sincère du groupe, et son évolution sur toute la saison reste ultra cohérente. Pour Abby, par contre, ça commence à coincer sévère. Une petite erreur de rien du tout dans son boulot prend des proportions énormes et menace toute sa carrière. C'est le genre de situation ultra réaliste où tu vois tes ambitions s'effondrer à cause d'un bête manque de bol ou d'un moment d'inattention. En parallèle, sa tension avec Kel monte d'un cran. La série nous teasait un rapprochement depuis un moment, et l'épisode 8 remet de l'huile sur le feu sans pour autant officialiser le truc. On reste sur notre faim, et c'est frustrant mais plutôt bien joué. Mais le gros morceau de cet épisode, c'est le duo AJ et Bill. On le sentait venir, leur couple arrive au bout de ce qu'il pouvait donner. 

 

L'attraction physique c'est bien gentil, mais quand les objectifs de vie et les ambitions professionnelles divergent complètement, ça ne suffit plus. La rupture était inévitable et elle est super bien amenée. Pas de gros mélodrame surjoué, juste le constat lucide que ça ne marchera pas. Pour AJ, c’est un vrai électrochoc. Elle s'était un peu effacée dans cette relation, et elle se retrouve d'un coup face à elle-même, obligée de revoir toutes ses priorités. L'épisode 9 enchaîne sans transition et fait office de vrai bilan de fin de saison. On sent que tout le monde est à un tournant. Certains essaient tant bien que mal de recoller les morceaux, d'autres tentent juste de tourner la page et d'avancer.

 

Abby passe l'épisode à gérer le service après-vente de ses erreurs pro. Son avenir est un immense point d'interrogation, mais cette vulnérabilité la rend enfin attachante. On sort du cliché de la working girl parfaite pour découvrir une fille qui doute, et ça fait du bien. Kel, lui, commence à voir le bout du tunnel. Ses projets pro décollent enfin, mais les scénaristes ont eu la bonne idée de ne pas lui offrir un happy end total. Sa vie perso reste un joyeux chantier, ce qui évite le côté trop parfait et garde le personnage crédible. La vraie surprise vient de la gestion du cas Abby et Kel. Alors que tout le monde attendait le gros bisou de fin de saison, la série prend un chemin de travers et décide de ne pas céder à la facilité. 

 

C'est frustrant sur le coup, mais c'est une excellente décision créative. Ça évite la résolution artificielle et ça garde une tension parfaite pour la suite. Et puis il y a AJ. Sa rupture libère de la place dans l'intrigue, et c'est Davis qui en profite. Le gars est amoureux d'elle depuis le premier jour, mais c'était toujours traité comme une blague en arrière-plan. Dans ce final, sa posture change. Il ne cherche plus seulement à la séduire ou à marquer des points : il est juste là pour la soutenir sans rien attendre en retour. Cette évolution rend Davis carrément touchant et donne une vraie profondeur à sa relation avec AJ.

 

Note : 7/10. En bref, ce double épisode conclut cette première saison de Not Suitable for Work de manière super honnête. Tout n'est pas parfait, certaines intrigues secondaires auraient mérité un peu plus de temps pour respirer, mais le contrat est rempli. On quitte cette bande de potes avec de vraies réponses, pas mal de questions en suspens, et surtout une grosse envie de voir ce qu'une saison 2 pourrait donner. Si la suite est confirmée, il y a clairement de quoi faire avec toutes ces nouvelles dynamiques.

Disponible sur Disney+

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article