Not Suitable for Work (Saison 1, épisodes 4 et 5) : la série trouve enfin son rythme

Not Suitable for Work (Saison 1, épisodes 4 et 5) : la série trouve enfin son rythme

Après un démarrage un peu laborieux, le temps de poser le décor et de nous présenter toute la bande, Not Suitable for Work passe enfin la seconde. Avec ces épisodes 4 et 5, on sent que la série commence à piger ce qui fait sa vraie force. Ce ne sont pas tant les situations absurdes que les relations entre les personnages et les retours de bâton de leurs propres choix. On change clairement d'ambiance par rapport au début de la saison. Les trois premiers épisodes s'éparpillaient un peu dans tous les sens pour installer l'univers, parfois de manière assez brouillonne. Ici, l’histoire prend le temps de se poser et de s'intéresser aux trajectoires de chacun. 

 

Les personnages avancent, mais comme souvent dans la vraie vie, ils choisissent rarement le chemin le plus simple. Dans l'épisode 4, on a d’abord l’impression que la chance tourne enfin pour notre groupe. Tout semble glisser comme sur des roulettes, mais les galères pointent déjà le bout de leur nez en arrière-plan. AJ s’impose de plus en plus comme le pilier central de l'intrigue. Sa carrière prend un tournant important grâce à une opportunité qui tombe du ciel. Elle en profite pour montrer ce qu'elle a dans le ventre dans un contexte où personne ne l’attendait vraiment. C’est un plaisir de la voir prendre des initiatives, même si l'on sent qu'elle se met en danger. Le vrai moteur de cet épisode, c'est aussi le rapprochement entre AJ et Bill. 

La série jouait sur la tension sexuelle depuis le début, mais là, les choses s'accélèrent sérieusement. Cette nouvelle dynamique fonctionne bien, même si plusieurs petits détails laissent deviner que cette liaison va vite devenir un nid à problèmes. Pendant ce temps, Davis fait du Davis. Toujours aussi enthousiaste, toujours aussi fleur bleue, il continue de s'enfoncer tout seul dans des situations embarrassantes. Mais malgré ses excès, il garde une sincérité qui le rend profondément attachant. La série réussit à créer un décalage hyper intéressant entre ce qu’il veut faire et la façon dont le reste du monde le perçoit. Pour Kel, par contre, l'ambiance est un peu plus lourde. 

 

Son rêve de percer dans le milieu artistique se heurte de plein fouet aux attentes de sa famille. Cette intrigue apporte une touche de vulnérabilité bienvenue au milieu des moments plus légers. C'est une vraie bonne idée de parler du poids des choix de vie et de la difficulté d'assumer sa passion face à ses proches. Dommage que Kel manque autant de lucidité dans sa vie amoureuse. Il a des opportunités sous les yeux, mais il reste bloqué sur une seule personne. C'est frustrant à regarder, mais c'est totalement raccord avec le personnage. Abby, de son côté, trace sa route et cela devient passionnant. Son quotidien avec une boss tyrannique lui donne des envies légitimes d'indépendance. Les épisodes 4 et 5 explorent à fond ce besoin de voler de ses propres ailes. 

L’arrivée d’un nouveau client prêt à lui faire confiance tombe à pic, mais la frontière entre ses ambitions professionnelles et sa vie privée devient floue. Le scénario évite heureusement les gros sabots et traite cette évolution avec pas mal de finesse. L'épisode 5 calme le jeu et apporte une vraie bascule. Les petites victoires du début commencent à se payer cash. On plonge dans les conséquences des décisions des personnages, et cela donne tout de suite plus de relief au récit. AJ essaie de faire l'autruche et d'ignorer ce qui vient de se passer. C'est une réaction humaine, mais c'est intenable sur la durée. Ses face-à-face avec Davis permettent d'ailleurs de découvrir une nouvelle facette de leurs personnalités.

 

La série en profite pour creuser la réputation de Davis au boulot. Sous ses airs de sous-intrigue légère, cet arc pose de vraies questions sur la façon dont on se raconte nos propres histoires. Entre la réalité, nos souvenirs et ce que les autres pensent de nous, il y a souvent un monde. Davis devient plus complexe, moins lisse. Ses erreurs du passé remontent à la surface, et la série a le bon goût de ne pas chercher à le dédouaner à tout prix. C'est ce qui rend son évolution crédible. Josh n'est pas en reste. Comme d’habitude, il veut bien faire, mais il finit toujours par déclencher une catastrophe. Son besoin viscéral de prouver sa valeur complique tous ses rapports professionnels. 

Ce qui marche super bien avec lui, c'est le contraste total entre son assurance de façade et son incapacité chronique à anticiper les conséquences de ses actes. L'épisode 5 joue à fond sur ce décalage, ce qui permet d'étoffer un personnage qui avait un peu tendance à tourner à la caricature au départ. La plus grande réussite de ce diptyque, c'est la façon dont toutes ces histoires finissent par se croiser. Les personnages ne se contentent plus de partager les mêmes bureaux ou les mêmes scènes. Leurs choix ont désormais un impact direct sur la vie des autres. Cette interconnexion renforce la cohérence globale de la série. Les amitiés, les amours naissantes et les coups de bluff professionnels forment un ensemble beaucoup plus dense. 

 

Note : 7/10. En bref, après cinq épisodes, Not Suitable for Work trouve enfin son équilibre. Tout n'est pas parfait, et certains rebondissements restent prévisibles, mais l'écriture est assez soignée pour donner envie de voir la suite. La série devient nettement plus savoureuse à mesure que ses protagonistes se compliquent la vie, et les fondations posées ici promettent de jolies étincelles pour la suite de la saison.

Disponible sur Disney+

 

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