16 Juin 2026
On passe clairement un cap avec ces épisodes 6 et 7. Après un début de saison qui ramait un peu pour poser les bases et nous présenter tout le monde, la série commence enfin à lâcher la béquille des vannes faciles pour miser sur le vrai moteur d'une sitcom : l'alchimie de son groupe. C'est tout de suite plus plaisant à regarder, même si tout n'est pas parfait côté scénario et que certains choix me laissent encore perplexe. L'épisode 6 part d'un déclencheur super simple, un petit jeu de chaises musicales temporaire dans la colocation qui bouscule le quotidien de la bande. C'est une excellente idée pour redistribuer les cartes et forcer des duos qu'on n'avait pas l'habitude de voir.
C'est Kel qui se retrouve au milieu du trafic. Sans trop comprendre ce qui lui arrive, il devient le confident officiel de la baraque. Cette position inconfortable amène évidemment des scènes rigolotes, mais elle fait surtout un bien fou au personnage. Jusqu'ici, Kel était un peu le timide de service, celui qui reste en retrait. Là, il prend une vraie épaisseur. Son envie de percer dans le milieu artistique continue de créer des frictions, mais on sent qu'il commence à atterrir et à accepter la réalité du monde adulte, notamment sur le plan amoureux. C'est de loin l'évolution la plus intéressante à suivre depuis le lancement. Pendant ce temps, la relation entre AJ et Bill passe à la vitesse supérieure.
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La simple amourette de bureau devient franchement sérieuse, même si plusieurs signaux d'alarme s'allument en arrière-plan. C'est normal de vouloir garder ça secret au boulot, mais AJ accepte des compromis qui virent parfois au signal rouge. Heureusement, elle finit par poser ses limites et exprimer clairement ce qu'elle veut. Ça sauve l'intrigue d'un drama inutile. C'est plutôt cool de voir une série qui prend le temps de poser ses couples par la discussion plutôt que par des twists sortis de nulle part. C'est prévisible par moments, mais ça sonne juste. Pour Abby, par contre, c'est la douche froide. Son ambition professionnelle se prend un mur, et pas par manque de talent.
La série montre bien la réalité du marché du travail, ce qui donne un vrai poids dramatique à son parcours. Dommage que sa vie amoureuse ne suive pas la même trajectoire fluide. Le virage avec Austin est hyper brutal. On nous préparait un truc bien ficelé et, d'un coup, la série tourne le volant à fond sans exploiter ce qu'elle avait semé. C'est frustrant. L'épisode 7 confirme cette sensation de montagnes russes. D'un côté, on a des moments intimes hyper réussis qui éclairent les personnages sous un jour nouveau. C'est le cas pour Josh, qui se prend de plein fouet une vérité familiale qui brise l'image idéale qu'il avait de son père. Ça fonctionne hyper bien parce que ça fend l'armure de ce mec d'habitude si sûr de lui et agaçant.
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On découvre sa fragilité, et il devient enfin humain à nos yeux. De l'autre côté, Davis confirme qu'il est le cœur de cette série. Son optimisme à toute épreuve pourrait être lourd, mais l'écriture lui donne une sincérité qui désarme totalement. Ses espoirs prennent un sacré coup dans cet épisode suite à de grosses révélations, et sa manière d'encaisser la déception le rend encore plus attachant. Ses moments d'altruisme pur, où il aide les autres sans rien attendre en retour, apportent une super nuance à son côté parfois survolté. Le vrai point fort reste la dynamique collective. Même quand une intrigue solo patine, voir les cinq ensemble à l'écran fonctionne à tous les coups.
Les dialogues coulent tout seuls et l'amitié entre eux devient de plus en plus crédible. C'est vraiment ça qui donne envie de lancer l'épisode suivant, malgré les défauts de fabrication. Parce que des défauts, il y en a, notamment ce besoin de presser le pas. Le rythme est parfois trop speed. Des relations basculent en deux minutes, des conflits majeurs s'évaporent sans vraie résolution. On a parfois l'impression que les scénaristes veulent cocher toutes les cases de leur liste d'idées plutôt que de creuser à fond ce qu'ils ont entre les mains.
Note : 7/10. En bref, à l'approche du final, pas mal de pistes restent ouvertes. Not Suitable for Work s'impose comme une comédie de bande super attachante, portée par des personnages qui grandissent bien ensemble. Les fondations sont là pour nous offrir un final mémorable. Les deux derniers épisodes n'auront pas le droit à l'erreur : il va falloir transformer l'essai et lier toutes ces promesses pour nous offrir une vraie conclusion satisfaisante.
Disponible sur Disney+
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