3 Juillet 2026
Enola Holmes 3 // De Philip Barantini. Avec Millie Bobby Brown, Henry Cavill et Helena Bonham Carter.
On avait quitté la jeune détective en pleine forme à Londres, on la retrouve sous le soleil de Malte. Après le succès des deux premiers volets sur Netflix, j'étais curieux de voir ce que cette nouvelle aventure allait donner. Millie Bobby Brown a grandi, et le film essaie clairement de faire mûrir son personnage avec elle. L'idée de départ tenait la route, mais le résultat final manque cruellement d'énergie. L'histoire change radicalement de décor. Terminé le brouillard londonien, Enola s'installe en Méditerranée. Alors qu'elle s'apprête à passer un cap important dans sa vie de couple avec Tewkesbury, son frère Sherlock Holmes disparaît sans laisser de trace.
L’aventure entraîne la détective Enola Holmes jusqu’à Malte, où aspirations personnelles et ambitions professionnelles s’entrechoquent au cœur d’une affaire plus complexe et plus périlleuse que toutes celles qu’elle a affrontées jusqu’ici.
Voilà notre héroïne embarquée dans une affaire complexe qui touche aux secrets coloniaux de l'Empire britannique. Franchement, le changement de paysage fait du bien aux yeux au début. Les décors maltais apportent de jolies couleurs et cassent la routine visuelle de la saga. Le problème, c'est que le réalisateur n'en fait pas grand-mesure. Malte sert de simple carte postale de fond. On a l'impression de regarder un joli dépliant touristique plutôt qu'un vrai terrain d'enquête dynamique. C'est dommage, il y avait de quoi injecter un vrai vent de nouveauté dans la mise en scène. Le point noir du film reste son scénario. Les intrigues précédentes avançaient bien, le rythme restait soutenu. Ici, l'histoire fait du surplace.
Les indices tombent du ciel de manière trop grossière et le script passe son temps à tout expliquer au spectateur au lieu de le laisser deviner. Quand un film de détectives vous mâche tout le travail, le plaisir s'évapore. On subit les révélations sans jamais vibrer. Du coup, le suspense en prend un coup. Les scènes s'enchaînent de façon prévisible et on devine les twists bien avant les personnages. On perd totalement l'essence d'un bon mystère signé Holmes. Le film a le cul entre deux chaises. Il essaie de garder le ton pop et léger qui a fait sa réputation, avec les fameux regards caméra d'Enola, tout en voulant traiter de sujets lourds comme le colonialisme ou la condition féminine de l'époque.
Ces thèmes méritent qu'on s'y attarde, mais le mélange ne prend pas. On passe d'une blague légère à un discours politique sans transition, ce qui rend le ton global assez bancal. Cette crise d'identité se ressent aussi dans l'écriture du personnage principal. Millie Bobby Brown n'est plus l'ado des débuts, et le film veut qu'elle grandisse. Pourtant, le scénario lui colle encore des réactions gamines qui ne collent plus du tout avec son évolution. Ce décalage gâche un peu le visionnage. L'actrice a changé, mais son personnage refuse de suivre le mouvement. Concernant la performance de Millie Bobby Brown, je reste mitigé. Elle donne tout, on le sent, mais son jeu manque parfois de spontanéité.
Plusieurs émotions semblent forcées et les répliques manquent de fluidité. Le charme naturel qu'elle avait dans les premiers films s'est un peu perdu en chemin. Heureusement, Louis Partridge s'en sort mieux en Tewkesbury. Sa complicité avec Enola fonctionne toujours et leurs moments à deux sauvent le film de l'ennui. Même si le scénario leur impose une énième dispute artificielle pour créer du drama gratuit, leur duo reste le point fort du casting. La grosse déception vient du côté des seconds rôles. Henry Cavill passe quasiment tout le film sur la touche. Son Sherlock était censé être au cœur de l'intrigue, mais il se retrouve relégué au rang de simple figurant de luxe. C'est hyper frustrant quand on connaît le potentiel de l'acteur dans ce costume.
Même combat pour Helena Bonham Carter, qui passe en coup de vent sans avoir le temps de marquer les esprits. Quant à Moriarty, le grand méchant historique devient ici une caricature sans grand intérêt, bien loin du génie criminel qu'on attendait. La réalisation de Philip Barantini fait le job mais reste très classique, pour ne pas dire plate. Les scènes d'action se comptent sur les doigts d'une main et le film repose presque uniquement sur les dialogues. Avec un bon scénario, ça aurait pu passer. Ici, le rythme s'effondre et j'ai surpris mon regard à vérifier le compteur de temps à plusieurs reprises. Enola Holmes 3 donne l'impression d'une franchise qui tourne à vide. Le premier opus fonctionnait sur la surprise, le deuxième gérait bien l'univers. Ce troisième film se contente de réciter une leçon sans y croire. On est face à un épisode de transition un peu paresseux.
Note : 5/10. En bref, ce n'est pas un désastre absolu, le film se laisse regarder un dimanche après-midi si on n'est pas trop exigeant. Mais on est loin de la fraîcheur des débuts. La saga commence doucement à s'essouffler et cette enquête restera pour moi la moins réussie de la bande.
Sorti le 1er juillet 2026 directement sur Netflix
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