17 Août 2026
Spider-Man : Brand New Day // De Destin Daniel Cretton. Avec Tom Holland, Zendaya, Sadie Sink et Mark Ruffalo.
Après la fin brutale de No Way Home, on retrouve un Peter Parker complètement à la dérive. Tout le monde l'a oublié, y compris ceux qui comptaient le plus pour lui. Quatre ans se sont écoulés. Il continue de patrouiller dans New York, mais le cœur n'y est plus tout à fait. Fini le gamin enthousiaste des premiers films : Peter s'est refermé sur lui-même et ne vit plus que par et pour son masque. C’est précisément ce virage qui fait la force de ce quatrième volet. Le film garde son lot d'action et d'humour, mais il prend enfin le temps d'aborder la solitude, les sacrifices et la lourdeur d'être un héros au quotidien. Tom Holland connaît son personnage sur le bout des doigts, mais sa façon de le jouer change radicalement.
C’est un tout nouveau jour pour Peter Parker Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler. Et pourtant, c’est cette mutation qui pourrait être sa seule chance de s’opposer à un adversaire terrifiant, capable d’agir sans jamais être repéré et prêt à s’attaquer à la ville et à tous les proches de Spider-Man. Car si le monde ne se souvient plus de Peter Parker, lui ne l’a pas oublié…
Exit la figure tutélaire de Tony Stark pour lui dicter sa conduite, exit le soutien inconditionnel de MJ et Ned. Peter avance en solo, et cette isolation se ressent dans chaque plan. Ce parti pris offre à Tom Holland un jeu plus épuré, moins axé sur les gags en cascade. Peter a grandi. Ses cicatrices ne sont plus celles d'un lycéen qui cherche ses repères, mais celles d'un jeune adulte qui paie au prix fort le choix de protéger les autres. À ce titre, le traitement de sa relation avec MJ m'a semblé très juste. Le film n'essaie pas d'effacer d'un coup de baguette magique la fin de No Way Home. Il aurait été tellement simple de tout réinitialiser pour retrouver la complicité d'avant.
Au lieu de ça, la mise en scène prend son temps et laisse peser le poids de la séparation. Derrière la caméra, le changement d'équipe se voit tout de suite. Destin Daniel Cretton, qui avait déjà signé Shang-Chi, apporte une réalisation plus dynamique et un soin particulier aux scènes de combat. Les passages de voltige figurent clairement parmi les plus gros points forts du projet. Spider-Man retrouve enfin son terrain de jeu de prédilection : les gratte-ciels et l'énergie brute de New York. La caméra colle au héros, plonge avec lui et virevolte au rythme de ses déplacements. Ça donne une vraie sensation de vitesse et de vertige qui rappelle par moments la nervosité des récents jeux vidéo sur la franchise.
Tout n'est pas irréprochable pour autant. Plusieurs effets visuels manquent de finition et la direction artistique, très sombre, risque de diviser. J'ai trouvé l'image un peu trop froide, ce qui prive parfois New York d'une partie de sa chaleur habituelle. C’est le principal bémol du film. L'arc personnel de Peter est très réussi, mais le récit s'alourdit dès qu'il s'agit de meubler autour. Entre la solitude du héros, l'introduction de nouveaux venus dans le MCU, la gestion de plusieurs méchants et la préparation des prochains événements Marvel, le scénario a parfois du mal à garder le cap. On apprécie tout de même le retour à une histoire plus terre-à-terre. Après des années à manger du multivers à toutes les sauces, revenir à une enquête plus classique centrée sur Peter fait un bien fou.
C'est simple, efficace et fidèle à l'esprit du comics original. Il est juste dommage que certaines révélations manquent autant de surprise. On comprend très vite où les scénaristes veulent en venir, ce qui désamorce un peu l'impact de plusieurs scènes clés. L'arrivée de Jon Bernthal en Punisher apporte une vraie étincelle. Le contraste entre les deux figures saute aux yeux. D'un côté, un Spider-Man qui cherche encore où poser ses limites morales ; de l'autre, un Frank Castle à la vision expéditive et sans concession de la justice. Leur dynamique ne tombe jamais dans le schéma classique du maître et de l'élève. Les deux hommes s'affrontent, se testent et s'opposent frontalement, ce qui offre d'excellents échanges sur la responsabilité et la violence.
De son côté, Sadie Sink tire son épingle du jeu dans un rôle plus énigmatique. Son personnage ouvre des pistes captivantes sur la nature des pouvoirs et leurs retombées, même si l'intrigue ne lui laisse pas tout à fait le temps de s'imposer comme elle le mériterait. Ce qui m'a le plus marqué, c'est cette volonté de laisser les scènes respirer. Là où les volets précédents coupaient systématiquement l'émotion par une vanne de dernière minute, Brand New Day accepte enfin la gravité de son sujet. L'humour reste présent, mais il intervient au bon moment. Résultat : les moments de doute et de peine touchent juste. Voir un Peter aussi vulnérable et isolé redonne une vraie humanité au costume.
On regrettera seulement ces quelques apparitions forcées de l'univers Marvel, qui ressemblent plus à des spots publicitaires pour la suite du MCU qu'à de vraies nécessités scénaristiques. Spider-Man : Brand New Day comporte sa part de défauts. Le rythme faiblit par moments, l'histoire s'éparpille un peu et la bande-son reste plutôt générique. Mais le film réussit l'essentiel : faire évoluer son protagoniste. Plutôt que de signer une suite paresseuse, le réalisateur fait le choix de la maturité en confrontant Peter aux conséquences réelles de sa vie de super-héros. Le résultat manque parfois de cohérence, mais la proposition reste assez solide pour redonner confiance en l'avenir du personnage chez Marvel. Tom Holland prouve qu'il peut porter un Peter Parker plus sombre, plus adulte et nettement plus intéressant à suivre. Pour cette simple raison, ce nouvel opus vaut le détour.
Note : 6.5/10. En bref, proposant un virage plus sombre et mûr très réussi pour Peter Parker, le film redonne enfin du souffle au héros grâce à une réalisation dynamique et d'excellentes confrontations d'acteurs. Il pâtit toutefois d'un scénario trop chargé qui s'éparpille à vouloir préparer l'avenir du MCU au détriment de sa propre histoire.
Sorti le 29 juillet 2026 au cinéma
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