Critiques Séries : Las Azules. Saison 2. Episode 3.

Critiques Séries : Las Azules. Saison 2. Episode 3.

Las Azules // Saison 2. Episode 3. #2.3.

 

Le troisième épisode de cette saison 2 de Las Azules passe clairement au niveau supérieur. Après deux premiers épisodes qui posaient tranquillement le décor, l'histoire commence enfin à lier toutes les ficelles. Le meurtre de Lucio n'a plus rien d'un acte isolé. Les indices récoltés ramènent direct aux mouvements étudiants du passé et à la répression policière de l'époque. Pour Maria, Valentina, Gabina et Ángeles, fouiller là-dedans revient à mettre le nez là où personne ne veut qu'elles regardent. Ce qui frappe tout de suite, c'est la différence de ton avec la saison 1. Au début, on suivait quatre femmes qui essayaient juste de se faire une place dans un monde de mecs. 

 

Aujourd'hui, les Azules connaissent la musique. Elles ont capté les rouages du commissariat et elles pigent surtout jusqu'où certains sont prêts à aller pour protéger leurs petits secrets et couvrir la boutique. La mort de Filiberto remet complètement les cartes sur la table. Les preuves trouvées chez lui faisaient de lui le coupable idéal, mais son meurtre prouve que le dossier est beaucoup plus tordu. Le fait qu'il soit un ancien flic transforme l'affaire en vrai cauchemar pour la hiérarchie, surtout quand les cadavres commencent à tous avoir un lien avec de vieux mouvements étudiants. L'attitude des chefs est d'ailleurs hyper parlante. Au lieu de lâcher la brigade sur toutes les pistes, ils cherchent avant tout à étouffer l'affaire et limiter la casse. 

Ils cuisinent les rescapés des événements de 1968 et la tension monte d'un cran. Les méthodes d'interrogatoire montrent bien que la police n'a pas vraiment tourné la page. Valentina a d'ailleurs du mal à encaisser la façon dont sont traités les anciens militants. Vu son vécu dans la saison précédente, son regard sur l'institution a pris un sacré coup de vieux, et elle ne fait plus du tout confiance au système. Heureusement, cet épisode laisse enfin respirer le travail d'équipe. On ne se retape pas le schéma des débutantes qui doivent prouver leur valeur à chaque minute. La dynamique du groupe est posée, ce qui permet à la série de se concentrer sur le cœur de l'intrigue.

 

Leur piste les mène tout droit vers Damian, un ancien étudiant en médecine dont le passé colle bizarrement avec le profil du tueur. Son comportement cloche immédiatement, et certains détails sur les victimes prennent enfin du sens. Son background médical n'est pas là par hasard : les substances qui ont servi à liquider Filiberto demandent des accès et des connaissances bien précises. La série pose ses pions intelligemment, sans balancer toutes les réponses d'un coup. Plusieurs suspects ont de bonnes raisons de mentir et l'histoire évite les raccourcis faciles. Avec Damian, la saison 2 trouve enfin un vrai moteur. Sa haine de la police est directement liée à ce que les étudiants ont subi des années plus tôt, et il ne cherche pas juste à tuer dans son coin.

Il veut faire éclater la vérité aux yeux de tous. Cette envie de justice par le sang donne une autre dimension au récit. Les victimes ne sont plus seulement reliées par une vieille photo ou un indice chopé au vol. Elles font partie d'une trajectoire plus vaste, marquée par des violences d'État qui n'ont jamais été digérées. La confrontation avec Valentina remet une couche de tension bienvenue. Après avoir passé des épisodes à nier son traumatisme et refuser de l'aide, elle se retrouve poussée dans ses retranchements. De son côté, Maria évolue dans le bon sens. Sa promotion lui donne plus de responsabilités, mais absolument pas la liberté de bosser comme elle veut. En saison 1, elle devait prouver qu'une femme pouvait enquêter aussi bien qu'un homme. 

 

Là, le problème est tout autre : elle doit décider jusqu'où aller quand ses recherches mettent en cause ses propres collègues. Ce dilemme la rend bien plus humaine et intéressante à suivre. Elle ne cherche plus à faire plaisir à ses supérieurs, elle doit choisir entre obéir bêtement aux règles ou suivre son instinct, même si ça veut dire aller au clash. Les autres membres de l'équipe bénéficient aussi de ce changement de rythme. Valentina gère comme elle peut ses démons, Gabina se mange en pleine face les contradictions de sa propre famille et de son père, tandis qu'Ángeles souffle un peu grâce à sa relation avec Gabriel, ce qui permet de détendre l'atmosphère entre deux scènes de crime.

Au bout de trois épisodes, le virage politique de cette saison 2 est totalement assumé. Las Azules reste un bon thriller policier, mais le contexte historique de 1968 prend une place énorme. Il explique la méfiance des gens envers les insignes, le silence des témoins et la rage des survivants. Chaque indice ramène systématiquement à cette blessure du passé. Le seul petit risque pour la suite, c'est de trop charger la barque. Entre les meurtres, les histoires d'anciens militants, la corruption interne et le quotidien perso des filles, ça fait beaucoup de lièvres à courir en même temps. Mais pour l'instant, le scénario tient la route et le personnage de Damian permet de bien tout relier.

 

Note : 7/10. En bref, cet épisode 3 lance définitivement les hostilités. Les filles n'ont plus rien à prouver sur le terrain, mais le vrai problème commence maintenant : que faire quand l'enquête pointe directement vers le système qu'elles sont censées défendre ? Et avec un mec comme Damian en roue libre, Maria et sa bande ne vont pas juste devoir résoudre une affaire, elles vont devoir sauver leur propre peau.

Disponible sur Apple TV

 

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