Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 2.

Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 2.

Lanterns // Saison 1. Episode 2. Trust Fall.

 

Après un épisode pilote qui m’avait laissé un goût mitigé, cette deuxième heure commence enfin à redresser la barre. Lanterns précise enfin ce qu'elle cherche à nous raconter. L'imagerie super-héroïque classique reste volontairement de côté, mais l'affaire Rushville gagne en intensité. Surtout, la dynamique entre Hal Jordan et John Stewart s'étoffe dès lors qu'ils réalisent qu'ils vont devoir bosser ensemble pour avancer. Ce deuxième chapitre, intitulé « Trust Fall », reprend directement là où l'histoire s'était arrêtée. Hal tente d'assembler les pièces du puzzle autour des corps retrouvés à Rushville, tandis que John découvre qu'une menace bien plus vaste et cosmique rôde dans l'ombre.

 

Hal continue d'aborder cette affaire comme un flic de terrain plutôt que comme un protecteur cosmique. Il fouille, pousse les gens à bout, teste leurs limites et s'appuie sur son instinct d'enquêteur. C'est précisément cette formule qui marche le mieux : quand la série met les super-pouvoirs de côté pour se concentrer sur l'enquête brute, le récit trouve immédiatement une meilleure cadence. Hal possède toujours son anneau, mais l'objet ne vient pas résoudre magiquement tous ses problèmes. Son interaction avec Kerry Kane apporte d'ailleurs un vrai plus à cet épisode. Kelly Macdonald insuffle au personnage une poigne et une présence qui ne s'effacent jamais face à Hal. 

Leur relation repose sur des piques constantes, mais on sent poindre une forme de respect mutuel au fil des scènes. L'une des bonnes idées de l'épisode est de priver Hal d'une partie de ses moyens. Son anneau manque d'énergie et nécessite sa batterie de recharge. Cela envoie John Stewart en mission à Coast City pour mettre la main sur le dispositif. Cette distance physique fait du bien aux deux personnages. Hal a l'habitude d'évoluer en solitaire et d'en faire à sa tête. John, de son côté, cherche encore ses repères. Son passé et son sens de la discipline créent un contraste saisissant avec l'attitude détendue et parfois cynique de son aîné.

 

Le moment où Hal recharge enfin son anneau s'avère parlant. Le mythique serment des Green Lantern est bien là, mais prononcé presque machinalement, sans grand fracas. La série cherche clairement à désacraliser l'imagerie héroïque habituelle pour garder les pieds sur terre. Pourtant, l'héritage reste présent : lorsque John tombe sur les anciens costumes de Hal, on perçoit chez lui ce reste d'admiration d'enfant qu'il essaie tant bien que mal de masquer. Si l'introduction de John m'avait laissé sur ma faim dans le pilote, la prestation d'Aaron Pierre me convainc davantage ici. Son personnage reste posé, rigoureux, parfois agacé par les méthodes peu orthodoxes de Jordan, mais il démontre rapidement une force de caractère qui n'appartient qu'à lui.

Son périple prend une tournure plus sombre lorsqu'il se fait capturer par un groupe d'extraterrestres mené par Antaan. Cette séquence permet à la série d'élargir brusquement son horizon. Antaan évoque l'existence d'une entité redoutable, le Manhunter, responsable du massacre de plusieurs mondes et désormais terrée sur Terre. L'enjeu bascule : Hal et John n'ont plus que 48 heures pour débusquer cette créature avant que les choses n'altèrent irréversiblement la situation. Ce qui s'annonçait comme un simple meurtre dans une petite ville rurale du Nebraska prend subitement une tournure intergalactique. L'arrivée du Manhunter fonctionne bien parce que le scénario ne distribue pas toutes ses cartes d'un coup. 

 

Antaan et sa bande ont leurs propres intérêts, prêts à raser la ville s'il le faut. John se retrouve pris entre deux feux, devoir protéger la population locale tout en démêlant le vrai du faux. Le plus captivant reste la réaction de Hal quand John lui rapporte ces détails. Le vétéran perd son air détaché dès qu'on touche au passé de l'organisation. L'idée que les Gardiens puissent être impliqués le pousse dans ses retranchements, révélant qu'il conserve des convictions profondes malgré son cynisme apparent. Puis arrive la fin de l'épisode, marquée par l'apparition très attendue de Sinestro. Hal quitte la Terre pour rejoindre une planète-prison où son ancien mentor est incarcéré. 

L'échange esquive les clichés du face-à-face entre le héros et son rival. Sinestro détient des informations cruciales et braque immédiatement son attention sur John Stewart. Selon lui, le danger ne vient pas tant du Manhunter que du jeune partenaire de Hal. Cette déclaration s'accompagne d'un détail intrigant : John a réussi à générer une petite manifestation d'énergie verte alors qu'il ne maîtrise pas encore l'anneau. Un élément clé pour la suite. Ce deuxième chapitre se montre nettement plus équilibré que le pilote. La série assume beaucoup mieux son identité à la croisée du polar sombre, du drame humain et de la science-fiction. Tout n'est pas encore parfait. 

 

Certaines retenues d'informations semblent un peu artificielles alors que l'intrigue devient déjà très dense.  Cependant, la différence de rythme avec le premier épisode est indiscutable. Séparer Hal et John une partie du récit permet de mieux apprécier leurs retrouvailles, et l'intégration de Kerry consolide un trio prometteur. Lanterns commence enfin à poser les bonnes questions tout en distillant ses indices. Entre la menace du Manhunter, les secrets des Gardiens, les intentions de Sinestro et le mystère autour du potentiel de John, les lignes bougent enfin.

 

Note : 7.5/10. En bref, même si le résultat garde quelques imperfections, la série a réussi à piquer ma curiosité. J'ai désormais envie de voir ce que réserve l'épisode 3, et au vu de la manière dont la saison avait débuté, c'est déjà une très bonne surprise.

Disponible sur HBO max

 

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