16 Septembre 2026
Ted Lasso // Saison 4. Episode 5. Riches of Embarrassment.
Après quatre épisodes que j'ai trouvés franchement inégalités, ce cinquième chapitre de la saison 4 de Ted Lasso donne enfin un peu d'épaisseur aux nouveaux arrivants. Dans Riches of Embarrassment, on se penche surtout sur le cas d'Alice. Son attitude vis-à-vis des Lady Greyhounds devenait vraiment pénible à suivre, et il était temps que le scénario nous explique ce qui tourne pas rond chez elle. L'épisode reste hyper chargé. On jongle entre l'affrontement contre Chelsea, les déboires amoureux de Rebecca, les hésitations de Keeley, Roy qui enchaîne ses rencards bizarres et Beard qui s'enfonce encore dans sa relation toxique avec Jane. Ça fait beaucoup pour une seule heure, et ça frôle le trop-plein.
Mais l'arc consacré à Alice apporte l'étincelle dont la saison avait cruellement besoin. Jusqu'ici, Alice Chilton me donnait l'impression d'être là par obligation. Face à Ted et Beard, elle restait sur la défensive, et avec les joueuses, son exigence virait au rentre-dedans pur et simple. Ce cinquième épisode met à jour les failles derrière ce blindage. En réalité, elle ne supporte pas de voir l'équipe se rapprocher de Ted. Les filles viennent lui raconter leurs histoires, rigolent avec lui, lui font des cadeaux. Le mec vient de débarquer et capte déjà toute leur sympathie, alors qu'elle galère à créer du lien depuis des mois. Plutôt que d'assumer sa jalousie ou sa peur d'être mise de côté, elle préfère fermer le dialogue et devenir encore plus piquante.
C'est un comportement très humain, mais quand on occupe une position de coach, ce genre de réaction pose rapidement problème. Tanya Reynolds apporte heureusement beaucoup d'humanité à cette rigidité. Sous ses airs cassants, on aperçoit une vraie vulnérabilité. Son personnage prend enfin une autre dimension. Du côté de Ted, je note aussi une vraie évolution. Son style habituel repose sur l'écoute active, la gentillesse à toute épreuve et des métaphores tirées par les cheveux. Ça fait son charme depuis le départ, mais cette formule ne résout pas tout. Face à une personnalité comme Alice, les petites histoires de cowboy ne suffisent plus.
Pendant le match contre Chelsea, la méthode montre ses limites et l'attitude d'Alice plombe le vestiaire. Menées 2-0, les Lady Greyhounds dérivent complètement. C'est le moment où Ted choisit de changer de ton. Il laisse tomber les blagues et parle de lui, de ses propres ratés et de cette honte qui pousse parfois à faire n'importe quoi. J'ai trouvé la scène particulièrement réussie. Il ne sort pas un discours de motivation bateau pour leur dire d'aller gagner. Il leur montre juste qu'une défaite n'est pas une fin en soi et qu'on peut en tirer quelque chose pour grandir. Sur le terrain, la défaite est au bout, mais l'équipe montre un visage bien plus conquérant en deuxième mi-temps. On sent que le groupe commence à prendre forme.
Les nouvelles joueuses dépassent enfin le stade de simples figurantes, même s'il faudra encore du temps pour s'y attacher vraiment. En revanche, la partie sur Roy et Keeley commence à me lasser. On repart sur ce jeu du chat et de la souris qui s'étire en longueur. Cette fois, le problème vient du défi ridicule où Roy devait enchaîner dix rencards avant de refaire le point sur leur histoire. Maintenant qu'il a atteint le chiffre et que sa dernière rencontre tourne au sérieux, Keeley réalise ce qu'elle a déclenché et se retrouve piégée par sa propre logique. C'est parfois drôle parce que Brett Goldstein gère parfaitement son personnage, mais sur le fond, l'intrigue piétine. Le couple a traversé assez d'épreuves pour qu'on évite ces détours artificiels.
Juno Temple et Brett Goldstein font ce qu'ils peuvent grâce à leur alchimie, mais l'écriture manque clairement d'inspiration sur ce point. Chez Rebecca, les choses bougent aussi avec Matthijs. Il veut se rapprocher physiquement d'elle, mais elle ne saute pas de joie. On comprend assez vite qu'une relation à distance l'arrangeait bien, parce qu'elle gardait le contrôle sur ses sentiments. C'est fidèle à ce qu'on sait d'elle depuis le début. La peur d'être vulnérable repousse toujours au second plan ses envies de stabilité. Concernant Beard et Jane, je décroche complètement. L'épisode en rajoute une couche avec la pièce de théâtre de Jane, mais l'humour tombe à plat.
Ted Lasso a toujours eu un penchant pour l'absurde, mais là, ça grignote du temps d'antenne précieux qui aurait été bien plus utile pour développer les joueuses du club. La vraie bonne idée de l'épisode arrive à la fin : Ted décide de suspendre Alice pour le prochain match. Ce n'est pas un coup de tête ni une punition injuste. Il voit bien qu'elle perd pied et il choisit d'intervenir avant le désastre. En arrière-plan, on sent aussi l'ombre de Nate. Ted a retenu la leçon : il sait qu'attendre gentiment en espérant que les choses s'arrangent tout seules est une erreur. Cette décision marque un vrai tournant pour Ted. Il garde sa bienveillance naturelle, mais il ose enfin trancher avec de la fermeté. La façon dont il lui annonce sa décision montre une autorité qu'on ne lui connaissait pas forcément.
Note : 6/10. En bref, cet épisode 5 ne règle pas tous les problèmes de cette saison 4. La narration reste parfois trop chargée et certains axes secondaires paraissent superflus. Mais au moins, l'histoire avance. Alice prend de la consistance, Ted ajuste son rôle de manager et l'équipe commence à exister sur le terrain. Après un démarrage poussif, la série retrouve enfin un cap plus clair pour la suite.
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