American Horror Story (Saison 13, épisodes 9 et 10) : les épisodes dévoilent leurs secrets mais compliquent l'intrigue

American Horror Story (Saison 13, épisodes 9 et 10) : les épisodes dévoilent leurs secrets mais compliquent l'intrigue

Après avoir replacé les sorcières de Coven au centre de l'histoire, la série passe à la vitesse supérieure avec les épisodes 9 et 10. Les révélations s'enchaînent autour de Constance Langdon, de Ben DeSoto et du véritable projet de Satan. La fiction commence aussi à relier les événements actuels à Apocalypse, notamment grâce à Mallory et Michael Langdon. Sur le papier, tout est réuni pour donner une autre dimension à cette saison. Pourtant, entre des retournements difficiles à avaler, des dialogues parfois maladroits et des personnages qui peinent à convaincre, le résultat reste globalement inégal. Le neuvième épisode s'ouvre sur une rencontre entre Constance Langdon et Mr. Nas. 

 

Fidèle à son habitude, Constance ne se contente pas d'accepter la situation et pose ses conditions. Elle veut éviter une catastrophe nucléaire, voir une femme accéder à la présidence et occuper ses enfants. Même face au diable, elle garde cette manière très personnelle de négocier, entre exigences extravagantes et préoccupations étonnamment ordinaires. Cette séquence possède un vrai potentiel comique. Constance reste une femme qui veut contrôler son environnement, même lorsqu'elle se retrouve face à une puissance qui la dépasse. Le problème apparaît lorsque Nas décide de lui rappeler les actes de son passé. Ses manipulations, ses décisions égoïstes et son rapport compliqué à la maternité reviennent sur la table. 

 

Pour lui, Constance ne peut pas rejeter éternellement la faute sur les hommes de sa vie. Ce rappel fonctionne en partie car il renvoie à la première saison, où Constance était déjà un personnage moralement ambigu. Cependant, la série confond parfois profondeur psychologique et simple accumulation de références. Plusieurs éléments de son passé mériteraient un vrai développement plutôt qu'une énumération gratuite. La révélation finale est encore plus surprenante : Nas affirme être le père de Constance. Ce retournement bouleverse les liens familiaux déjà très complexes de la franchise. Le choix peut faire sens dans une histoire consacrée au diable et à sa descendance. Mais il pose surtout la question de la cohérence globale. 

 

La série cherche le choc sans prendre le temps de préparer le terrain. Constance mérite mieux qu'une explication aussi radicale, surtout après le travail accompli par Jessica Lange dans les saisons précédentes. La principale réussite de cet épisode repose sur Jessica Lange. L'actrice retrouve une Constance fidèle à son tempérament d'origine : fière, calculatrice, parfois odieuse, mais toujours persuadée d'avoir raison. Son jeu donne du relief à une scène qui aurait pu se réduire à un simple échange d'informations. Le contraste avec Paul Anthony Kelly, qui joue Mr. Nas, saute aux yeux. Le personnage devrait dégager une présence inquiétante et une autorité absolue. Pourtant, sa façon de délivrer ses répliques reste trop uniforme. 

 

Les tentatives d'humour et les sous-entendus ne suffisent pas à installer une menace crédible. Le problème vient aussi de l'écriture. Les dialogues de Satan cherchent trop souvent à faire sourire au détriment de son caractère terrifiant. Après des antagonistes comme le Boucher ou Michael Langdon, le diable devrait inspirer une vraie peur. Il ressemble ici à quelqu'un qui cherche à placer une punchline. Cette faiblesse gâche l'affrontement psychologique qui aurait pu passionner les spectateurs. Le dixième épisode déplace l'attention vers Ben DeSoto. Les mystérieuses marques sur son corps et son lien avec Mr. Nas trouvaient enfin des réponses grâce à des souvenirs enfouis et à son assistant numérique. Ben comprend que les symboles liés au nombre 616 le ramènent à son enfance et à des rituels sataniques.

 

Cette avancée était nécessaire après des semaines où Ben servait surtout de prétexte. Le souci, c'est que ces informations arrivent tardivement. Des flashbacks bien placés dans les épisodes précédents auraient mieux construit le personnage. Sa filiation avec Satan constitue l'autre tournant majeur. Ben apprend qu'il est le fils de Nas, tout comme Constance est présentée comme sa fille. La série transforme un homme discret en héritier du pouvoir démoniaque. L'idée d'un personnage banal placé devant une telle destinée est intéressante. Encore faudrait-il que son interprétation rende ce conflit crédible. Pour l'instant, Ben manque cruellement de présence, ce qui affaiblit l'impact de ces révélations.

 

L'épisode 10 revient sur le grand projet de Satan. Un pacte conclu avec Dieu lui permettrait de prendre le contrôle de la Terre, du paradis et de l'enfer s'il parvient à vivre cent ans sous une forme humaine. Les sacrifices de la saison deviennent donc une manière de manipuler les règles de ce marché. Cette explication donne enfin une fonction précise aux événements précédents. C'est un vrai progrès après une première moitié de saison très décousue. Mais le soufflé retombe un peu à cause des redondances. Les personnages répètent des informations déjà entendues sans apporter de du neuf. Le rythme devient laborieux et donne l'impression que l'histoire doit être sans cesse expliquée. 

 

Le passage sur le Vatican apporte une dimension historique bienvenue, mais souffre là encore d'une mise en scène trop sage. L'autre révélation concerne Mallory, qui avoue être retournée dans le passé pour tuer Michael Langdon, modifiant les événements d'Apocalypse. Son secret explique pourquoi elle a caché certaines choses à Cordelia. Cette confession donne du poids à la saison précédente. Elle confirme que le retour des sorcières n'est pas qu'une simple réunion nostalgique. Cordelia découvre aussi que Mallory est destinée à devenir la prochaine Suprême. Le pacte de Satan offre une porte de sortie aux sorcières, puisque son fils doit accepter le pouvoir sur Terre pour valider le pari du diable. 

 

La dernière scène, où Ben se présente chez Robichaux, annonce une confrontation centrale pour la suite. Ces deux épisodes font avancer l'intrigue plus nettement que les précédents. Les origines de Ben, le lien de Constance avec Satan, le pacte divin et le secret de Mallory donnent une direction plus lisible à la saison 13. Le retour aux enjeux d'Apocalypse rappelle que les choix des personnages ont de vraies conséquences. Malgré cela, les défauts persistent. Jessica Lange brille, mais Mr. Nas manque de relief et Ben peine à convaincre. Les dialogues forcent trop la réplique mémorable et les explications répétées alourdissent le tout. 

 

Note : 5.5/10. En bref, American Horror Story a désormais tous les cartes en main pour réussir son final, mais il reste à donner de la chair à tout cela. La suite devra faire de Ben autre chose qu'un pion du scénario et de Satan un vrai monstre.

Disponible sur Disney+

 

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