12 Octobre 2026
Just Play Dead // De Martin Campbell. Avec Samuel L. Jackson, Eva Green et María Pedraza.
Quand j'ai vu passer l'affiche de Just Play Dead, je me suis dit qu'il y avait moyen de passer un bon moment. Martin Campbell aux commandes, avec Samuel L. Jackson et Eva Green sous le coude, ça donnait envie. Le réalisateur de Casino Royale qui retrouve deux acteurs capables de bouffer l'écran dans un thriller décalé, qu'est-ce qui pouvait mal tourner ? Absolument tout, visiblement. Ce film est un gâchis impressionnant. On sent dès les premières minutes que personne ne sait vraiment ce qu'il fout là. L'intrigue essaie d'être tordue, stylée et marrante, mais elle finit juste par être assommante.
Lorsque Jack Wolfe est acculé par le FBI, il prévoit de simuler sa propre mort et de toucher les 30 millions de dollars de son assurance-vie avec la complicité de sa femme “endeuillée”, Nora, tout en faisant accuser son amant, Chad, de son meurtre. Mais Nora a son propre plan : tuer Jack pour de bon, faire accuser Chad et garder la fortune pour elle seule.
Campbell tente de nous resservir des recettes vieilles comme le monde en espérant qu'on n'y verra que du feu, sauf que la sauce ne prend jamais. L'histoire met une plombe à démarrer pour finalement ne mener nulle part. Le script nous vend du mystère, mais au lieu de créer une vraie tension, le récit tourne en rond dans la semoule. On se retrouve à regarder des scènes qui s'enchaînent sans aucun liant, uniquement là pour gratter des minutes au compteur. Le plus navrant reste ce mélange des genres complètement foiré. Le film n'arrive jamais à choisir son camp entre le polar poisseux et la comédie noire assumée. Du coup, on assiste à un grand écart permanent assez gênant.
Les scènes censées être drôles tombent à plat, et les moments supposés dramatiques font doucement rigoler. Pour rattraper le coup et tenter de nous expliquer ce bordel, les personnages se mettent subitement à balancer des gros pavés d'explications indigestes. C'est le degré zéro de l'écriture. Quand tu dois faire expliquer toute ton intrigue par un type assis dans une pièce parce que ta mise en scène a échoué à la raconter, c'est que ton film a un vrai problème. Parlons un peu du casting, parce que c'est quand même la grande attraction de la baraque. Voir Samuel L. Jackson en roue libre, d'habitude, ça fait le job. Sauf qu'ici, on lui a écrit des dialogues tellement plats qu'on le sent lui-même s'emmerder royalement.
On attend la réplique cinglante ou le pétage de plomb qui sauve la scène, mais ça ne vient jamais. L'acteur fait du Samuel L. Jackson en pilote automatique, sans conviction. Eva Green n'est pas mieux lotie. Son personnage est écrit avec les pieds et change d'attitude sans qu'on ne comprenne jamais pourquoi. Elle essaie d'apporter un peu de mystère et d'ambiguïté, mais comme le scénario oublie de lui donner des motivations crédibles, ses réactions tombent systématiquement à côté. On sent deux acteurs chevronnés coincés dans un piège, incapables de sauver des répliques pensées pour une fausse bande-annonce stylée plutôt que pour un vrai film. Techniquement, ce n'est pas beaucoup plus glorieux.
Le film se déroule censément dans une île paradisiaque des Caraïbes. Sauf que le tournage a eu lieu dans le sud de l'Espagne, et la production n'a même pas pris la peine de masquer la supercherie. Entre les panneaux de signalisation espagnols laissés en plein champ et les bagnoles de police locales à peine maquillées, le manque de respect pour le spectateur atteint des sommets. On se demande à quel moment l'équipe s'est dit que ça passerait crème. Ajoutez à ça un montage charcuté à la hache, avec des transitions brutales qui vous sortent constamment de l'action, et une bande-son mal dosée qui vous pète les tympans pour essayer de faire croire qu'il se passe un truc intense à l'écran, et vous obtenez le tableau complet.
Au final, ce Just Play Dead est une énorme déception. Martin Campbell prouve ici qu'avoir un gros CV et un casting cinq étoiles ne suffit pas quand le matériel de base est creux. Le film essaie de jouer les polars décalés et branchés, mais il ressemble surtout à une mauvaise parodie sans énergie, sans rythme et sans identité. Si vous cherchiez le bon thriller de l'année, vous pouvez repasser. Si vous êtes fans absolus de Samuel L. Jackson ou d'Eva Green, vous risquez surtout de souffrir en les voyant patauger dans ce vide artistique. Il vaut mieux revoir leurs anciens films et oublier que ce truc existe.
Note : 3.5/10. En bref, Just Play Dead est une énorme déception. Martin Campbell prouve ici qu'avoir un gros CV et un casting cinq étoiles ne suffit pas quand le matériel de base est creux. Le film essaie de jouer les polars décalés et branchés, mais il ressemble surtout à une mauvaise parodie sans énergie, sans rythme et sans identité.
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