Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 8 (season finale)

Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 8 (season finale)

Lanterns // Saison 1. Episode 8. Dirt and Stars.

SEASON FINALE

 

Après huit semaines à jongler entre polar poisseux, drame familial et science-fiction, Lanterns clôt sa première saison. On pouvait s'attendre à ce que ce dernier chapitre sorte l'artillerie lourde avec une énorme bataille cosmique, surtout avec le retour de Sinestro, la découverte par John Stewart d'une planète ravagée par les Manhunters et ce mystère persistant autour de la mort de Hal Jordan. Pourtant, le showrunner fait un choix tout autre. Au lieu de multiplier les bastons à coups d'effets spéciaux et de distribuer des clins d'œil aux fans de comics toutes les deux minutes, l'épisode préfère regarder ses personnages dans les yeux. On revient aux vrais moteurs de la série : la peur, les erreurs passées et le poids de nos choix. 

 

C'est un parti pris audacieux. Certains adorateurs du Ring vert risquent de rester sur leur faim, mais ça s'inscrit pile dans l'ADN qu'on nous présente depuis le début. L'épisode démarre par une plongée en 2016 à Rushville pour nous rappeler les conséquences qui ont envoyé Hal derrière les barreaux, avant de revenir à notre époque. John doit enfin recoller les morceaux et comprendre le drame. La révélation sur Noah ne prend personne par surprise. Le gamin idéaliste, chouchou de la ville et promis à un grand avenir en politique, est bel et bien connecté aux Manhunters. C'est lui qui a aidé Sinestro à se faire la belle dans l'espoir de récupérer une arme ultime contre les Gardiens. En repensant aux épisodes précédents, tout s'éclaire. 

 

Noah n'était pas juste un ado paumé avec des problèmes de riche. Il incarnait un danger sournois capable de faire sauter bien plus que sa petite ville. J'aurais vraiment aimé que le récit creuse encore un peu plus le sujet, mais traiter Noah comme autre chose qu'un grand méchant classique fonctionne bien. C'est juste un gamin écartelé entre sa propre humanité et une programmation destructrice qu'on lui a collée sur les épaules. Honnêtement, après son retour canon à la fin de l'épisode 7, je m'attendais à voir Sinestro tout ravager. Malheureusement, il doit encore se contenter des miettes. Il est là pour distribuer du lore sur les Manhunters et tenter de convaincre John que la peur est le seul carburant valable pour survivre dans cet univers. 

 

Son discours résonne fort avec les doutes qui hantent la saison, mais il manque cette grande confrontation d'idées, ce face-à-face électrique avec John qu'on attendait tous. C'est mon gros regret sur ce final. Un personnage aussi fascinant méritait tellement plus d'espace pour exister. Ici, il sert principalement d'outil scénaristique pour pousser l'intrigue vers la fin et donner deux ou trois explications au passage. Pas de duel d'anneaux légendaire au programme, John préfère gérer le cas Noah avec sa propre approche. C'est là que le final touche au but et marque des points. Depuis le pilote, John subit la pression de tout le monde. Ses parents ont voulu faire de lui un militaire parfait, Hal a essayé de le mouler à son image, et les Gardiens imposent des règles assez discutables. 

 

Quand il a balancé son anneau à l'épisode 5, on pensait qu'il renonçait. En réalité, sa décision de revenir vers Noah prouve qu'on n'a pas besoin de suivre aveuglément des ordres pour faire ce qui est juste. Face à Noah, il ne sort pas les poings. Il s'assoit et il parle. Il sait ce que ça fait de grandir étouffé par les attentes des autres et de sentir qu'on n'est pas maître de sa vie. C'est la plus belle scène de l'épisode. Le John coincé du début, qui masquait ses fêlures pour plaire à son père, laisse la place à un homme qui accepte enfin ses doutes, sa colère et sa compassion. Aaron Pierre est tout simplement brillant dans ce registre tout en retenue. Sa présence à l'écran donne une vraie profondeur à cette mue.

 

L'autre gros morceau de cet épisode, c'est la confession de Kerry. Elle avoue enfin avoir tué Hal après avoir découvert qu'il savait tout sur Noah. Pas de machination diabolique ici, juste un coup de sang et une panique incontrôlable. Elle a voulu protéger le gamin qu'elle élève comme son fils, sans calculer une seconde la portée de son geste. C'est parfait pour illustrer le thème central de la série : la peur peut faire faire les pires horreurs, même quand ça part d'un sentiment d'amour. Kelly Macdonald est poignante. On sent toute la détresse d'une femme qui réalise qu'en voulant sauver son protégé, elle a tout détruit autour d'elle. Et John fait preuve d'une belle maturité en refusant de la juger d'un bloc. 

 

Il ne cherche pas à effacer le crime, mais il comprend la détresse. La relation entre John et Hal trouve sa conclusion à travers le Halogram. Ce dispositif virtuel permet enfin à Hal d'exprimer les choses qu'il n'a jamais réussi à dire de son vivant. Cette scène d'adieu marche si bien parce que la série a pris le temps de construire leur dualité. Hal incarnait ce courage un peu bête qui refuse de montrer la moindre faille. John, de son côté, prouve qu'être vulnérable n'empêche pas d'être fort. Leur séparation ressemble à un vrai passage de flambeau. Hal reconnaît que John est prêt, mais surtout qu'il a le droit d'être un Green Lantern différent, avec ses propres valeurs. C'était le piège parfait pour tomber dans le mélo facile, mais le lien entre eux sonne juste.

 

On ne va pas se mentir sur un point : cette première saison de Lanterns ne ressemble pas du tout à ce qu'on attendait d'une série Green Lantern. Très peu de bastons spatiales, un Sinestro sous-exploité et des intrigues secondaires bouclées un peu vite. Le saut dans le temps entre 2016 et 2026 a aussi créé quelques ratés de rythme après l'épisode 5. Mais ce dernier chapitre réussit à rassembler les morceaux de façon intelligente. John n'a pas besoin de devenir un soldat parfait sans état d'âme ni de ramper devant les Gardiens. Il doit juste tracer sa propre route. Son échange final avec Guy Gardner le confirme : il n'attend plus le feu vert de personne pour agir.

 

Note : 7/10. En bref, Lanterns nous offre un dénouement solide, intime et humain. Tout n'est pas parfait, certaines intrigues auraient mérité deux épisodes de plus pour respirer, mais le parcours de John Stewart est une réussite totale. La saison se termine avec une vraie direction pour la suite du DCU, et c'est déjà une belle victoire.

Disponible sur HBO max

 

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