18 Octobre 2026
Masterplan // De Thomas Vincent. Avec Stanley Tucci, Simona Tabasco et Victor Belmondo.
Voler La Joconde, c’est déjà un sacré projet en soi. Mais quand le cerveau de l'opération décide d'embarquer ses deux enfants, qui découvrent du jour au lendemain qu'ils sont frère et sœur, le casse tourne vite à la réunion de famille improvisée. Avec Masterplan, Thomas Vincent tente de mélanger le film de braquage, la comédie dynamique et le drame familial. Le casting réunit Stanley Tucci, Simona Tabasco et Victor Belmondo autour d'une idée franchement sympa sur le papier. Malheureusement, entre des vannes qui tombent un peu à plat et des personnages à peine esquissés, le résultat peine à tenir la distance.
Lorsqu'un voleur légendaire jette son dévolu sur La Joconde, il recrute deux jeunes inconnus pour l'aider — Chiara, une brillante experte italienne en cybercriminalité, et Jay, un spécialiste français des explosifs à l'ego surdimensionné — avant de leur révéler qu'ils sont frère et sœur... et qu'il est leur père. Plongée dans une réunion de famille chaotique qu'elle n'a pas demandée, cette nouvelle famille doit apprendre à travailler ensemble — et essayer de ne pas s'entre-tuer — si elle veut avoir une chance de réussir le casse du siècle.
Au centre du récit, Roger Cavendish est un voleur chevronné qui prépare une mission d'une ambition folle : chiper La Joconde en plein Musée du Louvre. Pour mener son plan à bien, il recrute deux spécialistes aux profils bien distincts. Chiara est une pro du piratage informatique et de la cybercriminalité, tandis que Jay est un expert français en explosifs, doté d'un ego surdimensionné. Sur le papier, le duo a tout ce qu'il faut pour faire sauter la sécurité. Sauf que Roger leur réserve une surprise bien plus grosse que le cambriolage lui-même. En pleine préparation, il leur annonce cash qu'ils sont frère et sœur, et qu'il est leur père. Cette révélation bouscule forcément leur manière de travailler ensemble.
Les deux pros se retrouvent à devoir digérer ce choc familial tout en calant les détails du casse le plus risqué de leur vie. Le point de départ a vraiment de quoi donner envie. Associer un vol hyper ambitieux à une famille dysfonctionnelle réunie par la force des choses, ça offre plein de possibilités. Entre le père manipulateur, le fils trop sûr de lui et la fille qui gère tout par la logique, les étincelles auraient dû voler. Le problème, c’est que le scénario ne prend jamais le temps de poser les choses. La découverte de cette fraternité passe vite à la trappe pour laisser toute la place à la logistique du vol. C’est franchement dommage, parce que c’était le truc le plus accrocheur de l'histoire.
Stanley Tucci joue ce fameux Roger avec cette aisance naturelle qu'on lui connaît. Il incarne parfaitement le type calculateur qui a toujours un coup d'avance et aime tirer les ficelles dans l'ombre. Son charisme apporte un vrai plus et permet de s'attacher à ce personnage, même si ses intentions restent parfois floues. Il donne un peu de relief à l'ensemble, mais Roger méritait d'être beaucoup plus creusé. Pourquoi décider de réunir ses enfants subitement ? Quelle place compte-t-il vraiment leur donner une fois le coup réussi ? Le film survole ces questions sans jamais y répondre franchement. En face, Simona Tabasco et Victor Belmondo essaient de faire fonctionner leur duo.
Elle joue la carte du sang-froid technique, pendant qu'il en fait des caisses dans le genre casse-cou trop confiant. Le contraste entre les deux personnages est une bonne idée pour créer des tensions et alimenter le côté comique. Pourtant, leurs réactions restent terriblement prévisibles. Leurs rapports ne bougent presque pas, malgré la bombe qu'on vient de leur lâcher. Le film semble penser qu'annoncer leur lien de parenté suffit à créer une alchimie, alors qu'il manquait de la vraie frustration, de la méfiance ou au moins un vrai temps d'adaptation. Les comédiens font ce qu'ils peuvent avec le script qu'on leur donne, mais l'écriture manque trop de chair pour leur permettre d'aller plus loin.
Côté réalisation, Masterplan coche gentiment toutes les cases du film de casse contemporain. On a droit aux jolis décors, aux scènes d'action, aux explosions et aux gadgets derniers cris. La mise en scène essaie de garder un rythme rapide en enchaînant les péripéties pour éviter que le spectateur ne s'ennuie. Mais voilà, accumuler les scènes d'action ne suffit pas à créer de la tension. Les étapes du braquage s'enchaînent sans qu'on sente une vraie logique ou une réelle ingéniosité derrière le plan. Les compétences des héros apparaissent souvent comme des solutions miracles aux problèmes, ce qui enlève pas mal de piment aux obstacles qu'ils croisent. Prendre La Joconde comme cible donne évidemment une dimension tape-à-l'œil à l'histoire. Mais la notoriété du tableau ne fait pas tout.
Ce qui rend un film de cambriolage captivant, c'est la minutie de la préparation, la pression constante et la malice pour déjouer la sécurité. Ici, beaucoup de rebondissements tombent comme des cheveux sur la soupe, simplement pour complexifier un casse déjà peu crédible. Les twists perdent de leur impact à force de se répéter sans rien apporter de plus aux personnages. Même constat pour l'humour. Le film essaie de jouer sur les piques entre le frère et la sœur et l'absurdité de leur situation. On décroche deux ou trois sourires par-ci par-là, mais les répliques manquent souvent de spontanéité. Les situations comiques paraissent trop téléphonées pour vraiment faire rire.
En dehors de toute la partie braquage, Masterplan avait une vraie carte à jouer sur le terrain de la comédie dramatique. Voir deux adultes apprendre qu'ils ont un frère ou une sœur cachés, tout ça orchestré par un père braqueur qui réapparaît de nulle part, c’était un superbe terrain de jeu. Malheureusement, le film évite soigneusement d'aborder la moindre émotion un peu sincère. Tout le monde passe à autre chose en deux minutes pour se concentrer sur le casse, sans qu'on explore vraiment les dégâts provoqués par cette annonce. En bâclant cet aspect, le long-métrage passe à côté de ce qui aurait pu faire sa singularité. Le tout se laisse regarder sans déplaisir, principalement parce qu'on a envie de voir comment ils vont s'en sortir et grâce à la prestance de Stanley Tucci.
Mais une fois le générique tombé, on oublie vite ce qu'on vient de voir. Masterplan partait d'une formule plutôt attrayante : associer le casse du siècle à une comédie sur les retrouvailles d'une famille complètement décalée. L'idée de mettre ces trois personnages dans le même bateau laissait espérer une comédie d'action originale et rythmée. Mais le résultat reste trop en surface. Stanley Tucci fait ce qu'il sait faire de mieux, et le duo Simona Tabasco / Victor Belmondo aurait pu faire des étincelles avec des dialogues plus percutants. Le scénario choisit malheureusement d'enchaîner les scènes d'action au lieu de développer ses personnages, et la comédie ne décolle jamais vraiment.
En ouvrant le film, j'espérais voir un casse intelligent et une vraie dynamique de famille se mettre en place. À la place, on se retrouve avec un divertissement passable, calibré pour une soirée détente à la télévision, mais qui manque beaucoup trop de personnalité et d'audace pour marquer les esprits. Une petite déception au vu du potentiel du pitch.
Note : 5/10. En bref, Masterplan partait d'une formule plutôt attrayante. L'idée de mettre ces trois personnages dans le même bateau laissait espérer une comédie d'action originale et rythmée. Mais le résultat reste trop en surface. Stanley Tucci fait ce qu'il sait faire de mieux, et le duo Simona Tabasco / Victor Belmondo aurait pu faire des étincelles avec des dialogues plus percutants. Le scénario choisit malheureusement d'enchaîner les scènes d'action au lieu de développer ses personnages, et la comédie ne décolle jamais vraiment.
Sorti le 16 octobre 2026 directement sur Amazon Prime Video
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