18 Octobre 2026
Après des débuts un peu mous dans cette deuxième saison, MobLand trouve enfin son rythme de croisière. Les épisodes 3 et 4 changent la donne pour les Harrigan, qui font face à un rival bien plus vicieux qu'une simple bande ennemie. Frankie Cooper ne cherche pas seulement à les écraser frontalement : il utilise leurs propres failles pour les monter les uns contre les autres. Pendant ce temps, Harry Da Souza essaie de maintenir le navire à flot alors que sa famille fonce droit dans le mur. Entre humour noir, retournements de situation et ambiance sous tension, la série se rattrape, même s'il reste quelques ficelles un peu trop grosses.
L'épisode 3, intitulé « Bonzo Goes to Bitburg », démarre juste après l'attaque qui a secoué les proches des Harrigan. La mort du jeune Fergus est censée marquer un tournant dramatique, mais la série passe un peu trop vite dessus. On a l'impression que les personnages secondaires servent juste de chair à canons pour choquer le public sans avoir eu le temps de s'y attacher. C'est le gros point noir de cette saison : la violence est partout, mais comme les têtes d'affiche semblent inaccessibles, tout cela manque un peu de mordant. Quand on regarde une série de gangsters, on aime sentir que chaque faux pas peut être fatal.
Heureusement, l'entrée en scène de Frankie Cooper relève le niveau. Avec son style décontracté, son scooter et son flegme, il tranche net avec les clichés du milieu. Johnny Flynn l'incarne avec une énergie bizarre, entre sourire en coin et vraie dangerosité. Il ne débarque pas les muscles bandés, il préfère poser des questions qui font mal, retourner le cerveau de ses cibles et garder une longueur d'avance. Sa proposition à Harry, Kevin et Seraphina est claire : supprimer Conrad et Maeve pour reprendre les rênes. Sur le papier, l'offre a de quoi tenter tout ce beau monde. Kevin en a assez de son père, Seraphina veut se débarrasser d'une belle-mère toxique, et Harry s'épuise à gérer les folies des dirigeants.
Sauf que personne ne joue vraiment franc-jeu. Kevin vise Conrad, Seraphina cible Maeve, et Harry verrait bien les deux disparaître, tout en cherchant une taupe dans son propre camp. S'allier avec Frankie, c'est surtout accumuler les bombes à retardement. L'épisode appuie là où ça fait mal avec l'attentat dans les locaux des Harrigan. Frankie cache une bombe dans son casque de scooter et s'en va l'air de rien. La scène colle au personnage, mais elle montre aussi les limites du scénario : on nous vend un génie du crime qui fait dans la provocation gratuite. Ça fonctionne, à condition que la suite reste crédible.
Le quatrième épisode, « Blank Curtain », corrige bien des erreurs du précédent. Ça avance plus vite, les intrigues se croisent mieux et la pression sur les Harrigan devient palpable. On retrouve aussi ce fameux humour noir, surtout grâce à Conrad qui commence sérieusement à perdre le contrôle. Pierce Brosnan s'éclates visiblement dans la peau de ce parrain vieillissant qui supporte de moins en moins la contradiction. Il reste dangereux, mais son autorité s'effrite parce qu'il refuse d'écouter les autres. Ses tensions avec Harry deviennent d'ailleurs le point fort de la saison : Harry est le seul qui fait tourner la boutique, mais sa loyauté a des limites. De son côté, Tom Hardy reste le roc de la série. Il gère les flics, étouffe les scandales et anticipe les coups durs.
Mais ses méthodes prouvent qu'il est englué dans ce milieu jusqu'au cou. Quand il réalise que l'inspecteur Finch devient une menace pour l'organisation, il tranche net. La scène nous rappelle qu'en surface, il assure, mais qu'en dessous, la violence est froide et méthodique. En parallèle, Seraphina joue un jeu dangereux. En cachant des infos, elle espère peser face à Kat McAllister et Frankie, mais sa position reste précaire. Dans ce monde-là, personne ne fait confiance à personne. L'épisode s'attarde aussi sur Jan et sa relation avec Donnie, que Frankie utilise pour faire du chantage. En visant la vie privée d'Harry, Frankie prouve qu'il ne se bat pas seulement contre une entreprise criminelle, mais qu'il sait exactement où frapper pour faire mal.
Ces deux épisodes rappellent que le plus grand danger pour les Harrigan vient peut-être de l'intérieur. Maeve continue de manipuler tout le monde, notamment Eddie, avec une froideur redoutable. Helen Mirren est glaçante : elle plombe l'ambiance d'une simple phrase, sans jamais élever la voix. La mort de Fergus risque aussi de laisser des traces. Contrairement aux dégâts collatéraux habituels, Paul le prend pour lui. Ses envies de vengeance personnelle contre les hommes de Frankie risquent de pourrir les plans d'Harry. Au final, si l'épisode 3 pèche par une violence parfois gratuite et des émotions survolées, il a le mérite de planter un vrai grain de sable dans les rouages.
L'épisode 4 rectifie le tir et lance les hostilités pour de bon. MobLand n'a pas encore tout résolu, mais la confrontation entre Frankie et Harry prend enfin corps. Et avec une famille pareille, la prochaine erreur sera sans doute fatale.
Note : 6.5/10. En bref, dans ces deux épisodes, la saison 2 de MobLand trouve enfin sa dynamique grâce à l'arrivée d'un rival imprévisible qui exploite habilement les failles internes du clan Harrigan. Malgré quelques raccourcis scénaristiques persistants, l'escalade des tensions entre Harry, Conrad et leurs ennemis redonne un vrai souffle dramatique et captivant à la série.
Disponible sur Paramount+
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