Critiques Séries : Chicago Med (Saison 12, épisode 3), Chicago Fire (Saison 15, épisode 3), Chicago PD (Saison 14, épisode 3)
Chicago Med // Saison 12. Episode 3. They Call Me Ms. Goodwin.
Après deux épisodes un peu posés qui ont surtout servi à planter le décor, cette douzième saison passe clairement à la vitesse supérieure avec ce troisième épisode intitulé « They Call Me Ms. Goodwin ». Sharon Goodwin débarque à nouveau dans les couloirs des urgences mais avec un tout autre rôle qu'avant, tandis que Miranda Sloan continue de faire sa loi et d'imposer ses méthodes à tout le monde. Entre des embrouilles professionnelles qui montent en pression, des cas médicaux bien tordus et des histoires humaines qui remuent, cet épisode donne enfin du corps à la saison et propulse Goodwin au centre du jeu.
Le gros morceau de cet épisode, c'est évidemment ce bras de fer entre Sharon Goodwin et Miranda Sloan. Voir Sharon quitter son costume de directrice pour enfiler une blouse d'infirmière, ça change la dynamique et ça bouscule ses collègues. Miranda pensait sans doute l'avoir coincée et mise hors-jeu, mais c'était mal connaître sa force de caractère. Ce qui rend ces passages vraiment prenants, c'est de voir comment Sharon gère ce nouveau statut. Elle connaît l'hôpital par cœur, son expérience est intacte, mais elle doit réapprendre à sa place et éviter de réagir comme si elle commandait encore tout le service. Les frictions avec la docteure Annie Wu montrent bien toute la complexité de la situation : Sharon veut simplement bien faire et aider, mais ses réflexes de patronne agacent.
Je trouve ce choix d'écriture vraiment malin parce qu'il permet de sortir le personnage de son bureau et de la replonger dans le concret avec les patients. L'actrice S. Epatha Merkerson assure un max dans ces scènes et donne à Sharon une autorité naturelle qui impose le respect sans jamais être hautaine. Du coup, le clash avec Miranda devient beaucoup plus personnel : on dépasse la simple lutte de pouvoir pour aller vers une question de respect et de dignité professionnelle. À côté de ça, l'équipe médicale doit faire face à des patients dont les histoires ne laissent vraiment pas indifférent. Hannah Asher et Mitch Ripley se retrouvent par exemple à gérer le cas d'Harper, une jeune femme enceinte qui galère grave au quotidien avec son conjoint dans une grande précarité.
Leur situation met directement le doigt sur les failles d'un système de santé qui ne peut pas tout régler avec de simples ordonnances et des médicaments. Pour les aider pour de vrai, il faut aussi prendre en compte leur galère de logement et leur envie farouche de rester soudés malgré la tempête. Une autre intrigue m'a particulièrement marqué, celle de Gail. Cette conductrice a provoqué un accident mortel et apprend qu'elle pourrait justement recevoir les poumons du défunt pour sa propre greffe. Forcément, c'est un truc impossible à encaisser, et elle refuse net l'opération. Les scènes où Sharon prend le temps de discuter avec elle pour l'aider à poser ce poids immense sont vraiment touchantes.
Ça rappelle que dans un hôpital, les soignants doivent parfois gérer des drames intimes et des choix de vie qui dépassent largement le cadre stricts de la médecine. Pendant ce temps-là, le service psy avec Daniel Charles et John Frost explore une piste complètement différente avec le jeune Alex. Le gamin arrive avec des blessures bizarres, et les docteurs réalisent qu'il souffre peut-être d'une insensibilité congénitale à la douleur, ce qui évite de crier tout de suite à la maltraitance. Sauf que le dossier coince à cause d'un système informatique complètement rigide qui lance une procédure de signalement de façon totalement automatique. Cette partie de l'épisode tape juste sur les dérives du tout-numérique et des algorithmes qui balayent d'un revers de main le discernement humain.
La colère de Daniel Charles fait totalement écho à ce qu'on peut ressentir face à des machines qui décident à la place des gens sans chercher à comprendre les nuances. Surtout quand une erreur de ce genre peut briser une famille en deux secondes. Globalement, cet épisode fait un bien fou à la saison parce qu'il relance la machine sur tous les front sans oublier d'apporter de l'émotion, même si on sent parfois venir quelques grosses ficelles scénaristiques un peu faciles. Retrouver la complicité entre Goodwin et Charles fait vraiment plaisir à voir et montre que leur amitié reste un des piliers de la série. Le final pose surtout les bases d'une alliance solide entre les deux pour contrer les plans de Miranda Sloan.
Note : 6/10. En bref, une très bonne surprise qui prouve que Chicago Med a encore de bons moments sous le capot, surtout quand on mise sur des personnages forts et des vrais dilemmes. La suite s'annonce mouvementée et j'ai hâte de voir comment tout ça va exploser.
Chicago Fire // Saison 15. Episode 3. Take the Hit.
Avec cet épisode 3 de la saison 15, Chicago Fire continue sur sa lancée en suivant deux intrigues bien distinctes. D’un côté, Joe Cruz essaie de se reconstruire après cette satanée blessure qui l’éloigne définitivement des camions. De l’autre, Severide et Kidd cherchent à comprendre qui a saboté une intervention en désobéissant aux ordres, envoyant presque Tony à l’hôpital. Si le parcours de Cruz prend enfin la place qu’il mérite, l’enquête sur les petits nouveaux donne toujours ce goût de réchauffé qui fatigue la série depuis un moment. Depuis l’accident qui a brisé sa carrière, Cruz ne sait plus trop où se mettre.
Dans cet épisode, il s’enferme chez lui, ne répond plus aux messages et plante carrément sa rééducation. Chloe essaie bien de le secouer, mais rien n’ y fait, le gars est complètement abattu. Faut dire que pour un type qui a passé sa vie à courir dans les flammes pour sauver les autres, rester coincé sur le canapé sans pouvoir bouger le petit doigt, c’est une sacrée claque. Cette partie est vraiment réussie parce qu’elle montre la réalité d’une blessure grave : ça ne fait pas juste mal au corps, ça bouffe la tête. Cruz perd son boulot mais surtout son identité. Contrairement à une sortie de route brutale, cette retraite forcée l’oblige à accepter qu’il y a des trucs qu’il ne fera plus jamais. La série évite le pathos inutile et pose des bases solides, ce qui fait du bien à voir.
Après l’avoir mis au placard dans l’épisode précédent, le revoir au premier plan arrive au bon moment. Son état réclame du temps, surtout avec son départ de la série qui se profile. Les scénaristes auraient pu tomber dans le piège du pompier aigri et insupportable, mais ils choisissent une approche beaucoup plus juste. C’est finalement Herrmann qui débarque pour secouer le cocotier. Après avoir pris des nouvelles auprès de Chloe, il débarque chez son pote sans prévenir. Forcément, ça coince tout de suite. Cruz s’énerve, lui demande de déguerpir et refuse qu’on vienne lui faire la morale. Mais Herrmann capte très vite que ce n’est pas juste de la mauvaise volonté : son pote est juste au bout du rouleau, fatigué de lutter contre un mur.
Pour une fois, Herrmann arrête de ramener sa fraise ou de parler de ses propres galères. Il lui rappelle simplement que sa famille a besoin de lui et que la caserne 51 n’est pas pareille sans sa présence. C’est simple, un peu convenu certes, mais ça évite la grande scène larmoyante où tout se résout en deux minutes. Cruz comprend qu’il doit se bouger tout seul. Son retour discret à la caserne fait plaisir à voir. Il commence par réparer deux trois babioles avant de filer un coup de main à Tony sur une vieille scie circulaire. Même Severide vient lui demander son avis sur McCaffrey. Ces petits moments prouvent qu’il existe encore une utilité pour lui dans ces murs, même sans casque ni ARI.
Quand il raconte son dernier souvenir en intervention, bloqué sur une porte de compartiment mal fermée qu’il n’a pas eu le temps de réparer, la scène sonne juste. Ça détend l’atmosphère avec Herrmann sans tout effacer d’un coup de baguette magique. La série cherche enfin une issue crédible pour son personnage, loin du miracle médical ou de la sortie tragique gratuite. De l’autre côté, l’intrigue liée à la fuite d’ammoniac dans l’usine fait beaucoup moins d’étincelles. Lors de l’intervention, une vanne manipulée à l’envers des consignes de Kidd fait grimper la pression et blesse Tony. S’ensuit une enquête interne pour dénicher le coupable parmi les nouvelles recrues.
Sur le papier, l’idée tenait la route. Sauf que le scénario grille ses cartouches beaucoup trop vite. On comprend tout de suite que McCaffrey est dans le coup, et les indices sur son passé familial confirment le truc à des kilomètres. Zéro suspense, zéro surprise. Le problème ne vient pas du fait qu’un jeune fasse une connerie, ça arrive et ça montre bien les risques du métier. Le souci, c’est que Chicago Fire nous sort la même rengaine à chaque saison : un petit nouveau sûr de lui fait n’importe quoi, refuse d’assumer, appelle papa pour se couvrir et met le bazar dans l’équipe. On a l’impression d’avoir déjà vu cet épisode dix fois. Quand McCaffrey essaie de s’en sortir grâce aux relations de son père, sa sanction tombe logiquement : Kidd et Severide demandent son exclusion du CFD.
Rien à redire sur la décision, mais le chemin pour y arriver manque cruellement d’épaisseur, faute d’avoir creusé un minimum la psychologie de ces jeunes recrues en amont. Heureusement, l’épisode glisse une petite piste avec Marcus et son frère à l’hôpital. Ça donne un peu de chair au personnage et ça ouvre des perspectives pour la suite, à condition que les auteurs prennent le temps de creuser le sujet au lieu d’enchaîner les crises à la chaîne. Ce troisième épisode prouve que la série a encore de beaux restes quand elle accepte de ralentir le rythme pour s’intéresser à ses tauliers. Le parcours de Joe Cruz touche juste, son retour à la caserne se fait sans forcer, et sa place dans l’univers reste légitime même si ses jours sur le terrain sont comptés.
En revanche, le soap autour des recrues tourne en rond. Entre les erreurs de débutants prévisibles et les engueulades dans les couloirs, le format commence à dater. La production ferait bien de renouveler un peu sa formule de ce côté-là. À l’approche de la sortie définitive de Cruz, j’espère vraiment que la suite lui laissera toute la place qu’il mérite. Son histoire a une vraie valeur humaine, et ce serait dommage de la sacrifier au profit des drames habituels de la caserne 51.
Note : 5/10. En bref, ce troisième épisode prouve que la série a encore de beaux restes quand elle accepte de ralentir le rythme pour s’intéresser à ses tauliers.
Chicago PD // Saison 14. Episode 3. Under the Surface.
Avec l'épisode intitulé « Under the Surface », la saison 14 de Chicago PD remet Hank Voight au centre du jeu. Entre une enquête particulièrement sombre, l'arrivée de l'agent du FBI Charlie Boyden dans le quotidien de l'unité et les conséquences directes des méthodes du sergent, cet épisode pose de solides bases pour la suite. Ce qui retient vraiment l'attention, c'est de voir un personnage toujours aussi ambigu, mais qui semble enfin mesurer un minimum l'impact de ses décisions. Après les adieux de Kevin Atwater dans l'épisode précédent, la série doit retrouver un équilibre. Le départ de Kevin laisse un vide humain évident dans l'équipe, tandis que la présence de Boyden introduit une menace d'un nouveau genre : un regard extérieur qui ne compte pas fermer les yeux sur les zones d'ombre de Voight.
L'affaire commence avec la découverte macabre de plusieurs sacs contenant les restes d'une femme. Rapidement, les enquêteurs réalisent que l'identification s'annonce très compliquée. Trois mères se présentent alors à la morgue, espérant désespérément retrouver la trace de leurs filles disparues. Parmi elles se trouve la mère de Kendra Simmons, dont le profil correspond aux éléments retrouvés sur place. Cette scène apporte une épaisseur humaine bienvenue à une enquête qui aurait facilement pu se résumer à une traque classique. Ces femmes vivent dans le doute permanent et doivent faire face à l'épreuve de la morgue à chaque nouvelle découverte.
Leur présence rappelle que derrière chaque dossier classé ou en cours, il y a des familles brisées qui attendent des réponses, parfois pendant des années. Les soupçons se tournent rapidement vers un individu nommé B-Rock, connu pour fréquenter des adolescentes. Les indices révèlent une affaire sordide, mais l'enquête piétine et avance difficilement. Pour obtenir des informations cruciales, Voight et Burgess se retrouvent obligés de négocier avec Tia, une femme qui détient des éléments clés sur le meurtre de Kendra. Elle accepte de parler, mais pose une condition non négociable : pouvoir quitter Chicago sans mettre sa vie en péril. Cet aspect de l'écriture fonctionne bien parce que les informations ne tombent pas par magie simplement parce que les flics posent les bonnes questions au bon moment.
Les témoins ont leurs propres intérêts, leurs peurs et leurs limites. En revanche, il faut reconnaître que certains rebondissements restent assez prévisibles pour une série policière qui a déjà exploré toutes les pistes possibles au fil des années. La confrontation finale avec B-Rock se solde par la mort du suspect, abattu par Voight après avoir pointé une arme. Sauf que l'affaire ne se referme pas pour autant. Le territoire du suspect est immédiatement récupéré par d'autres criminels, et LaSean Hutchens, un ancien indicateur de Voight, est retrouvé mort dans sa voiture. Ce rebondissement change complètement la donne : cette simple enquête locale cache visiblement une organisation beaucoup plus vaste.
L'autre gros point fort de cet épisode réside dans la relation qui commence à s'installer entre Voight et Charlie Boyden. Chargé d'évaluer l'unité de renseignement pour le compte du FBI, l'agent cherche à comprendre pourquoi certains dossiers manquent à l'appel et comment les affaires sont traitées en interne. Il s'intéresse de près à une ancienne enquête concernant Arturo Dominguez, ce qui suffit à éveiller la méfiance de Voight. La réaction du sergent ne surprend personne, lui qui n'a jamais supporté qu'on vienne fouiner dans ses affaires ou lui dicter sa conduite. Pourtant, Boyden ne cherche pas le clash frontal immédiat.
Il veut des réponses, observe le fonctionnement de l'équipe sur le terrain et propose même une solution concrète lorsque les fonds nécessaires à l'enquête viennent à manquer. Cette solution prend la forme d'un donateur privé. Voight refuse net au début, conscient qu'un tel financement implique forcément des contreparties et des ennuis. Il finit pourtant par accepter, à condition de savoir ce que Boyden espère obtenir en échange. L'agent réclame alors les fameux dossiers manquants de l'affaire Dominguez. Cet échange montre que les deux hommes se comprennent mieux qu'ils ne veulent bien l'admettre. Boyden affirme vouloir gagner la confiance de Voight, mais ce dernier sait pertinemment que la confiance ne se décrète pas en quelques jours.
Il a passé des années à franchir la ligne jaune pour protéger les siens, et il ne s'attend pas à ce qu'un fédéral accepte ses méthodes du jour au lendemain. Reste une interrogation en suspens : Boyden est-il vraiment aussi blanc que neige ? Trudy n'a rien trouvé de compromettant sur lui pour l'instant, mais cela ne suffit pas à lever tous les soupçons. Son insistance sur les dossiers et son carnet d'adresses ouvrent une intrigue prometteuse. Ce qui rend Hank Voight fascinant, c'est qu'il refuse d'entrer dans la case du flic parfait ou de l'homme incapable de se remettre en question. Ses méthodes restent discutables, mais ses motivations profondes visent toujours à protéger les autres.
Au fil des saisons, cette ligne de conduite lui a coûté cher sur le plan personnel et l'a conduit à commettre des actes difficiles à justifier. La saison précédente avait déjà souligné cette dualité, notamment à travers sa relation avec Imani et la violence de ses choix dans le final. Le tout début de cette nouvelle saison laissait entrevoir une capacité à laisser un peu plus de place aux décisions des autres. Ici, il poursuit cette transition sans pour autant renoncer à son besoin viscéral de tout contrôler. Il accepte de négocier avec Boyden, se démène pour aider Tia et se montre à l'écoute des familles, tout en restant prêt à employer la force brute si la situation dégénère.
Son évolution ne consiste pas à effacer son passif, mais à assumer pleinement ce qu'il est et ce qu'il peut faire. Au final, « Under the Surface » remplit parfaitement son rôle en proposant une enquête poignante et en posant les jalons d'un conflit tendu entre Voight et Boyden. L'affaire de Kendra donne une vraie visibilité aux proches des disparus, tandis que la mort de LaSean prouve que les répercussions vont bien au-delà de la simple neutralisation de B-Rock. Tout n'est pas parfait, et certaines ficelles narratives manquent un peu de surprise. Mais le cœur du sujet est ailleurs : dans cette unité désormais sous surveillance rapprochée et dans ce chef d'équipe obligé de composer avec quelqu'un qu'il ne peut ni intimider d'un regard ni balayer d'un revers de main.
Après le départ d'Atwater, la série tourne une page importante. La vraie question n'est plus seulement de savoir si Voight est capable de changer, mais jusqu'où il ira pour garder le contrôle de son équipe quand ses vieux réflexes ne suffiront plus.
Note : 7/10. En bref, « Under the Surface » remplit parfaitement son rôle en proposant une enquête poignante et en posant les jalons d'un conflit tendu entre Voight et Boyden.
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