22 Octobre 2016
Black Mirror // Saison 3. Episode 3. Shut Up and Dance.
Le twist de « Shut Up and Dance » est tout de même assez inattendu. Dans un sens, il est vrai que l’on aurait dû se demander pourquoi un adolescent choisit de suivre les indications d’un inconnu alors qu’au fond il n’a fait que se branler devant son écran d’ordinateur. Sauf que l’on ne savait pas devant quoi il se branlait et c’est là le twist intéressant de l’épisode. Cet épisode vient donc nous parler du hacking et des dérives que cela pourrait avoir. Après tout, si actuellement le hacking est utilisé pour voler des numéros de carte de crédit, il pourrait très bien être utilisé pour autre chose et notamment trouver les points faibles des gens, jouer dessus, en les menaçant de tout révéler aux autres. Nous suivons alors les aventures de Kenny, un jeune adolescent incarné par Alex Lawther. Ce qui est dommage avec cet épisode c’est qu’il ne cherche pas vraiment à nous surprendre et suit donc un schéma assez classique. L’épisode prend ici place dans le monde que l’on connaît, à l’époque où on le connaît plutôt que de jouer à fond la carte de la dystopie ou même de la réalité alternative. Les aventures de Kenny ne sont pas toujours passionnantes car la série a beau nous vendre tout cela très bien au début, au bout d’un moment on s’ennui terriblement. Certaines idées se noient alors en plein milieu (comme par exemple le braquage ou encore le combat à mort à la fin de l’épisode).
Et ne parviennent pas du tout à avoir l’impact que cela devrait probablement avoir. Pourtant, l’épisode est aussi en partie sauvé par la prestation de son casting. Alex Lawther, sous les traits de Kenny, brille du début à la fin. On ressent la terreur qu’il y a chez ce garçon jusqu’à ce qu’à la fin de l’épisode on est finalement envie de se dire qu’il a peut-être bien mérité tout cela. Car au fond, la morale de l’histoire c’est que l’on est prêt à tout pour cacher les pires facettes de nous mais que ferions nous si ces pires facettes étaient révélées. Accompagné par Jerome Flynn (Game of Thrones), Kenny se retrouve donc au coeur de cette petite histoire à sa façon. Mais l’on peut facilement imaginer où est-ce que Black Mirror veut aller avec cet épisode alors qu’au fond ce n’était pas facile de l’imaginer dans les premières minutes. L’épisode cherche la surprise dans son premier quart d’heure puis tout part un peu en sucette. Car oui, la série cherche à parler de sujets complexes mais ici se heurte à sa façon de le mettre en scène. Même le combat à mort entre deux pédophiles à la fin de l’épisode manque d’un brin de surprise. Du coup, Black Mirror passe à côté du hacking et donc des conséquences que cela pourrait avoir sur notre monde.
Note : 3/10. En bref, une vraie déception qui casse l’ambiance.
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