Glaskupan (Mini-series, 6 épisodes) : Le dôme de verre

Glaskupan (Mini-series, 6 épisodes) : Le dôme de verre

Une silhouette dans la brume, un titre mystérieux, un décor nordique et me voilà appâté par un nouveau nordic noir sur Netflix. Pourtant, après six épisodes de Le Dôme de Verre, j’en ressors avec cette impression tenace : tout ça pour ça ? J’ai voulu croire à cette histoire, vraiment. J’ai suivi Lejla sur ces routes humides du nord, j’ai tenté de me perdre dans l’épaisseur du silence scandinave, j’ai attendu que la tension me prenne aux tripes. Mais plus les épisodes défilaient, plus les coutures du récit devenaient visibles. Et quand l’habillage est soigné mais que le fond reste prévisible, difficile de se laisser embarquer.

 

Spécialiste du comportement et criminologue, Lejla retourne dans une communauté suédoise dépeuplée qui lui évoque des sentiments mitigés, et pour cause : quand elle était enfant, elle a été retenue en otage dans la petite ville par un criminel qui n'a jamais été démasqué. Mais c'est aussi l'endroit où elle a trouvé un foyer auprès de Valter, un ex-policier désormais à la retraite. À peine Lejla est-elle arrivée qu'une disparition survient. Alors qu'elle mène l'enquête avec Valter, Lejla est replongée dans l'événement le plus sombre de son passé, qu'elle essaie désespérément d'enterrer. Peu à peu, on découvre que tous les habitants du village cachent des secrets. L'histoire va-t-elle se répéter ?

 

Lejla revient dans sa ville natale, un lieu qu’elle n’a pas foulé depuis des années. Très vite, le passé refait surface — non pas de manière subtile, mais plutôt frontale. Les flashbacks, les ponts symboliques, les pauses au bord de l’eau pour respirer entre deux souvenirs… Tout y est. Ce n’est pas gênant en soi, mais ça manque parfois de finesse. Le personnage de Lejla fonctionne, heureusement. Elle n’est pas figée dans un cliché de victime ou de vengeresse. Elle réfléchit, doute, agit quand il le faut. Elle est encore profondément marquée par son propre enlèvement, vingt ans plus tôt. 

 

Et l’arrivée d’un nouveau cas, celui de la jeune Alicia, déclenche chez elle un mélange de colère, de peur, de lucidité. Le lien entre les deux affaires, lui, est évident dès le départ. Aucun mystère là-dessus, malheureusement. Il y a un vrai problème de rythme dans Le Dôme de Verre. Dès le premier épisode, tout semble en place : les suspects, les tensions familiales, les traumatismes, les non-dits. Mais ensuite… ça stagne. L’intrigue aurait très bien pu tenir en trois épisodes, peut-être quatre. Au lieu de ça, elle s’étire inutilement, avec des scènes au ralenti qui n’ajoutent ni intensité, ni émotion. Juste du temps mort. Chaque épisode suit plus ou moins le même schéma : une découverte, un soupçon, une confrontation, un mur. 

 

Et rebelote. J’ai eu cette sensation désagréable de tourner en rond, d’être toujours à deux doigts de quelque chose… sans jamais y arriver. C’est frustrant, surtout quand on sent que la matière première, elle, avait du potentiel. Autour de Lejla, peu de personnages arrivent à exister. Valter, son vieil ami et allié improvisé dans l’enquête, fait ce qu’il peut, mais reste souvent dans l’ombre. Son frère Tomas, inspecteur en charge de l’affaire, incarne cette figure du policier borné, rigide, incapable d’écouter ceux qui voient plus clair que lui. Ce type de personnage existe dans quasiment toutes les séries du genre, et ici, il ne déroge pas à la règle. Il ralentit l’enquête plus qu’il ne l’avance, et sa suffisance fatigue assez vite.

 

Même les suspects potentiels manquent de nuances. L’un d’eux est presque trop visible dès le début, ce qui désamorce rapidement toute tentative de fausse piste. Je ne cherche pas à être trompé à tout prix, mais quand le récit donne autant d’indices sans jouer avec le spectateur, il perd une partie de son effet. Ce qui reste intéressant, malgré tout, c’est la manière dont la série aborde le traumatisme de Lejla. Elle ne surjoue pas sa douleur, mais elle la porte dans chaque geste, dans chaque regard. C’est ce fil-là qui m’a maintenu, épisode après épisode. La question n’était plus vraiment "qui a fait ça ?", mais plutôt "comment elle va s’en sortir ?". Et sur ce plan, la série touche quelque chose de juste.

 

Les flashbacks, bien que parfois trop attendus, permettent d’entrevoir ce qu’elle a vécu sans forcément tout montrer. Cette pudeur narrative fonctionne par moments. Elle apporte une gravité que le reste du scénario ne parvient pas toujours à soutenir. Le décor joue un rôle important dans Le Dôme de Verre. Cette petite ville suédoise, calme en apparence, semble figée dans le temps. Une atmosphère typique des thrillers nordiques, avec ses forêts épaisses, ses lacs noirs, ses rues désertes. Mais derrière ce vernis glacial, les tensions affleurent. Le projet d’extension de la mine locale sert de toile de fond à des conflits plus vastes : ambitions personnelles, enjeux économiques, oppositions idéologiques.

 

Le problème, c’est que ces sous-intrigues prennent parfois trop de place. Elles parasitent l’intrigue principale, ralentissent le rythme, et détournent l’attention du cœur émotionnel de la série. J’ai eu l’impression qu’on me forçait à m’intéresser à des querelles périphériques, alors que l’urgence était ailleurs. Il y avait pourtant une volonté louable derrière ces détours narratifs : intégrer des questions sociales, des problématiques locales, des luttes de pouvoir. Mais dans Le Dôme de Verre, ces éléments restent en surface. Ils donnent l’impression d’avoir été ajoutés pour étoffer artificiellement une trame qui, en soi, tenait déjà debout.

 

Résultat : certains épisodes peinent à garder leur cohérence. L’attention se dilue entre l’affaire de l’enlèvement, le passé de Lejla, les tensions autour de la mine, les rivalités politiques… et plus rien n’a réellement d’impact. Trop de directions, pas assez de prise. Heureusement, le dernier épisode relève un peu le niveau. Il y a une montée progressive, une tension plus palpable, une révélation qui, même si elle n’est pas renversante, donne enfin un vrai poids à ce qui précède. Le chemin reste balisé, mais au moins, il mène quelque part. La confrontation finale fonctionne, parce qu’elle s’appuie sur ce que la série a su construire de plus solide : la résilience de Lejla, sa volonté de comprendre, de ne pas fuir.

 

Le twist final n’est pas spectaculaire, mais il est cohérent. C’est ce qui sauve un peu l’ensemble. Je n’ai pas ressenti de choc, mais une forme de soulagement : enfin, les pièces s’emboîtent, enfin, quelque chose se passe. Ce qui m’a le plus dérangé dans Le Dôme de Verre, ce n’est pas qu’elle soit mauvaise. C’est qu’elle aurait pu être bien meilleure si elle avait accepté d’être plus concise. Trois épisodes auraient suffi. Ou alors six, mais avec une narration plus dense, des personnages secondaires plus solides, et des fausses pistes un peu mieux construites.

 

Ce que je retiens, c’est surtout une ambiance. Ce voile de silence, ces nuits glacées, cette héroïne hantée mais déterminée. Tout ça reste en tête. Mais je retiens aussi l’ennui, par moments. L’impression que la série traîne des pieds, qu’elle hésite à plonger vraiment dans son sujet. Regarder Le Dôme de Verre, c’est comme suivre une route qu’on connaît déjà, mais qu’on espère toujours voir bifurquer. Malheureusement, le trajet reste rectiligne. Il y a des paysages agréables, une compagnie correcte, mais aucune surprise au tournant.

 

Si tu es amateur de polars nordiques, tu y retrouveras sans doute tes repères : une ville refermée sur elle-même, une enquête qui touche au passé, une héroïne marquée par la vie. Mais si tu espérais une série qui bouscule, qui secoue un peu les conventions, il faudra chercher ailleurs.

 

Note : 5/10. En bref, un nordic noir qui reprend tous les poncifs du genre. Ni mauvais, ni excellent, juste une occasion comme une autre de remplir un week-end pluvieux. 

Disponible sur Netflix

 

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G
de passage<br /> ah une serie a découvrir :OP<br /> bonne soiré
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