18 Septembre 2026
Quand la première saison est arrivée, le principe reposait sur une ligne très simple : voir Glen Powell déguisé sous un maquillage improbable pour tenter d'arracher une seconde chance. C'était drôle, léger et efficace. Pour cette saison 2 de six épisodes, la série décide de changer de cap de façon assez nette, et c'est sans doute ce qui m'a le plus marqué. L'humour pur laisse une place importante aux conséquences du mensonge, au poids des secrets et à la façon dont chaque décision pousse les personnages un peu plus loin dans le mur. Le ton devient plus lourd, la tension monte d'un cran, mais le propos gagne en intérêt.
Même si la formule manque parfois d'équilibre, j'ai eu le sentiment que la série pigeait enfin ce qu'elle avait à raconter. Au départ, le cadre n'a pas bougé. Russ Holliday, cet ancien quarterback qui a flingué sa carrière sur un coup de sang, continue de porter le maillot des South Georgia Catfish sous le faux nom de Chad Powers. Sauf que ce qui n'était qu'une feinte temporaire est devenu un piège. Sécuriser sa nouvelle vie implique désormais de cacher la vérité à tout un vestiaire. C'est là que ces nouveaux épisodes apportent un vrai plus : le masque et les prothèses s'effacent un peu pour laisser la place au risque réel. La question n'est plus de savoir si quelqu'un va trouver son visage bizarre, mais bien de savoir qui va découvrir sa vraie carte d'identité.
Cette différence d'angle transforme complètement la dynamique. Chaque personne qui apprend le secret devient un danger potentiel pour l'équipe et pour Russ lui-même. Pour couvrir un mensonge, il faut en inventer trois autres, et la moindre erreur menace de tout faire exploser. J'ai nettement préféré cette approche aux blagues à répétition sur son déguisement. Glen Powell reste très fort dans son registre absurde quand il joue Chad, mais la série lui donne cette fois l'occasion d'incarner davantage Russ, ce qui permet à l'ensemble d'acquérir une vraie profondeur. Russ n'est plus seulement ce type désespéré qui veut rejouer au football américain à n'importe quel prix. Il doit observer ce qu'il a bâti sur un faux nom et se demander ce qu'il cherche vraiment à sauver.
La série s'autorise des moments plus intimes, notamment à travers sa relation avec Ricky. Leur rapprochement apporte une touche romantique crédible, sans tomber dans le cliché gratuit. Perry Mattfeld donne beaucoup de relief à son personnage. Ricky sait qui se cache sous les prothèses, ce qui la place dans une position intenable : elle doit gérer ses sentiments, protéger son boulot et garder la tête haute face à une situation absurde. Le duo entre Russ et Ricky devient le véritable moteur émotionnel de ces six épisodes. Leur histoire avance par à-coups, constamment ralentie par les galères du quotidien et les obstacles qui s'accumulent.
L'arrivée d'un prétendant supplémentaire vient en remettre une couche dans ce triangle amoureux déjà bien encombré, mais le résultat fonctionne bien à l'écran. J'ai aussi apprécié le soin apporté aux personnages secondaires. Ricky gagne un vrai statut. Ses ambitions personnelles et son rapport avec son père occupent un espace central. La relation qu'elle entretient avec le coach Jake Hudson profite pleinement de l'interprétation de Steve Zahn. On découvre un entraîneur usé, en pleine remise en question sur son parcours, son héritage sportive et sa place sur le terrain. Sous la comédie, la série glisse des thèmes plus touchants sur le temps qui passe. La présence de Steve Zahn amène cette gravité nécessaire qui permet de faire une pause entre deux scènes plus décalées.
L'autre grande surprise de la saison vient de Gerry. Le quarterback remplaçant, qui servait de faire-valoir comique au départ, prend une trajectoire bien plus sombre. Sa jalousie envers Chad tourne à l'obsession et fait basculer l'intrigue hors du simple cadre sportif. On s'en amuse au début, puis ses réactions deviennent carrément inquiétantes. C'est un virage étonnant pour la série, qui utilise ce personnage comme une menace constante, donnant à certaines séquences un air de thriller psychologique. L'idée est bonne, même si les scénaristes ont parfois du mal à assumer ce changement de ton sur un format aussi court. Six épisodes, c'est très serré pour faire cohabiter comédie de vestiaire, romance, drames familiaux et suspense presque criminel.
En mixant ces univers, la série prend des risques. Au lieu de resservir exactement la même recette que l'an dernier, ce qui aurait fini par lasser, la production tente d'enrichir sa grille de lecture. Ce choix a des côtés très positifs, mais il montre aussi ses limites. Certains moments paraissent inutilement graves par rapport au pitch de départ, tandis que des gags tombent un peu à côté alors que la scène demandait plus de sérieux. Le dosage n'est pas irréprochable du début à la fin, mais je préfère nettement cette prise de risque à un bête copié-collé de la première saison. Les deux derniers épisodes accélèrent le rythme et posent les enjeux pour la suite. Les mensonges accumulés finissent par se payer au prix fort et plusieurs choix virent au désastre pour le groupe.
La fin ne cherche pas à boucler l'histoire, bien au contraire. Elle place les pions pour une éventuelle saison 3 qui pourrait bien rebattre les cartes une fois de plus. Le sujet n'est plus seulement de savoir combien de temps Russ pourra garder son masque sur un terrain, mais de voir ce qu'il va devoir sacrifier pour assumer ses choix.
Au final, cette deuxième saison de Chad Powers me laisse une impression positive. En mettant un peu de côté l'humour facile sur les prothèses pour développer une histoire plus solide sur l'identité et le pardon, la série trouve un second souffle. Glen Powell assure le spectacle, mais le fait de laisser exister Ricky, Jake ou Gerry permet au récit d'avancer sans reposer uniquement sur la présence de son acteur principal.
Note : 7.5/10. En bref, plus dramatique, plus romantique et parfois plus rude, cette suite bousculera peut-être ceux qui cherchaient juste une comédie sans prise de tête. De mon côté, j'ai trouvé ce changement d'orientation bienvenu. Chad Powers prouve qu'elle peut dépasser son simple concept de départ pour devenir une vraie série de personnages, et au vu de la conclusion, le retour sur le terrain s'annonce mouvementé.
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