Critiques Séries : MobLand. Saison 1. Episode 6.

Critiques Séries : MobLand. Saison 1. Episode 6.

MobLand // Saison 1. Episode 6. Antwerp Blues.

 

Arrivé à mi-parcours de la première saison de MobLand, un constat commence à s’imposer avec de plus en plus de clarté : la série donne parfois l’impression de se chercher autant que ses personnages. L’épisode 6, intitulé « Antwerp Blues », marque ce qui devrait être un tournant dramatique dans l’histoire. Pourtant, ce chapitre ressemble davantage à une tentative maladroite de rattraper le fil d’un récit qui s’éparpille dans toutes les directions. Plus les épisodes s’enchaînent, plus les intentions narratives semblent s'effacer derrière une mécanique de montage trop visible, où les scènes s’enchaînent sans réelle progression. La série avance, mais elle n’avance pas droit. 

 

À force de trop vouloir jouer avec les fils secondaires, l’enjeu principal se dilue, et avec lui, l’intérêt que l’on pouvait encore accorder à certains personnages-clés. Ce sixième épisode illustre parfaitement cette sensation de stagnation, masquée par des soubresauts scénaristiques souvent arbitraires. Le point de départ est pourtant simple : Vron Stevenson est morte, et cette mort devrait être le catalyseur d’un conflit majeur entre les familles Harrigan et Stevenson. Mais au lieu d’embrasser le chaos, MobLand ralentit. Pire encore, l’intrigue semble reculer pour s’enliser dans des détails secondaires.

Conrad assume la responsabilité du meurtre, mais un simple regard de Maeve suffit à faire comprendre que tout cela n’est qu’un écran de fumée. Encore une fois, les décisions sont prises en sous-texte, les vérités sont maquillées, et la série peine à rendre ces manipulations intéressantes. L’ambiguïté permanente finit par désamorcer la tension au lieu de la nourrir. Pourquoi Conrad continue-t-il à couvrir Maeve ? Le scénario ne donne aucun élément crédible pour justifier cette fidélité aveugle, et cela affaiblit la dynamique du couple plutôt que de la complexifier.

 

Le principal problème de « Antwerp Blues » vient de sa structure. La série semble vouloir tout dire en même temps, mais finit par ne rien raconter de marquant. Les scènes s’entrecoupent sans cohérence thématique. D’un côté, Bella et Jan discutent de leur vie de femmes de criminels ; de l’autre, Kevin et Harry débattent de la chute possible de l’empire Harrigan. Ces moments existent en parallèle, mais ne se répondent pas. Ce découpage morcelle l’épisode au lieu de le rythmer. Le recours au montage alterné, utilisé dans plusieurs scènes, donne l’impression que la série cherche à masquer l’absence de tension par un artifice de mise en scène. 

Pourtant, ce procédé n’apporte ni profondeur ni efficacité dramatique. Il souligne au contraire l’éparpillement narratif qui plombe la série depuis plusieurs épisodes. C’est un autre symptôme du mal qui touche MobLand : faire émerger des personnages secondaires sans réelle préparation ni justification. Dans cet épisode, Seraphina et Brendan deviennent soudain les protagonistes d’un arc autour d’un achat de diamants. Un fil narratif qui, à ce stade, semble n’avoir qu’un lien ténu avec les enjeux principaux. Le duo agit comme s’il appartenait à une autre série, détachée de la guerre mafieuse censée secouer le cœur de l’intrigue.

 

Ce déplacement d’attention pourrait fonctionner si ces personnages étaient suffisamment étoffés. Ce n’est pas le cas. Seraphina est presque invisible depuis le début, et Brendan n’a jamais eu de moment fort pour s’imposer. Leur exposition reste superficielle, et cela diminue l’impact de la scène finale où ils se retrouvent menacés par Richie. Le spectateur est sommé de ressentir de l’angoisse pour eux, alors même qu’il n’a pas eu le temps d’y croire. Maeve, elle, continue de jouer à la marionnettiste. Elle offre Seraphina à Richie comme monnaie d’échange, tout en lui imposant de ne pas toucher à Brendan. 

Ce double-jeu ne surprend plus. La série insiste sur son pouvoir de manipulation, mais finit par la rendre caricaturale. Chaque décision prise par Maeve est accompagnée d’une explication inutile, souvent à destination de son petit-fils Eddie. Comme si le spectateur n’était pas capable de comprendre ses intentions sans commentaire en voix off. Ce besoin constant de surligner les manœuvres des personnages empêche toute subtilité. À force d’expliquer les ficelles, MobLand casse l’illusion du contrôle qu’elle tente de mettre en scène. La série raconte des manipulations, mais oublie de les rendre crédibles. Le jeu d’échecs entre les clans devient une partie sans stratégie.

 

Autre étrangeté de cet épisode : la mise à l’écart de Harry, pourtant pivot central depuis le début. Envoyé récupérer les enfants Harrigan, il passe la moitié de l’épisode en moto, visage masqué sous un casque. Cela donne l’impression que Tom Hardy était à peine présent sur le tournage, ou que le scénario ne savait tout simplement pas quoi faire de lui. Ce choix affaiblit l’épisode, car Harry est le seul personnage pour lequel un attachement s’est construit. Lorsqu’il n’est pas dans le cadre, tout semble moins ancré. Harry agit souvent comme une boussole morale dans ce monde trouble, et son absence fragilise l’équilibre déjà précaire de l’ensemble. 

Le conflit intérieur qu’il porte n’avance pas d’un pouce ici. Pas d’évolution, pas de confrontation, simplement un rôle logistique sans enjeu émotionnel. Parfait, je poursuis avec la seconde moitié de l’article, toujours dans le même ton et respectant tes consignes. La dernière séquence de l’épisode aurait pu être le point culminant : Seraphina et Brendan sont pris pour cible, armes braquées sur eux. Tout est réuni pour une montée en tension. Pourtant, l’impact est faible. Ce n’est pas la mise en scène qui fait défaut, mais l’absence d’attachement émotionnel. La série n’a pas pris le temps de construire la relation entre ces personnages et le spectateur. Résultat : la menace reste abstraite.

 

Même Richie, pourtant l’un des personnages les plus intéressants de la série, semble fatigué dans cette scène. Il a beau incarner une figure de puissance contenue, cette position répétée à l’excès commence à s’éroder. Le danger qu’il représente devient prévisible, presque mécanique. Son face-à-face avec les deux jeunes Harrigan aurait dû être décisif. À la place, il laisse une impression de déjà-vu. Un autre point récurrent commence à poser problème dans MobLand, et l’épisode 6 en est une nouvelle illustration : la caractérisation des personnages féminins repose souvent sur des archétypes figés. Toutes les femmes semblent conçues pour afficher un même masque d’impassibilité. 

Seraphina, Bella, Jan, Maeve… elles partagent cette posture d’invulnérabilité, mais sans nuances. Ce qui pourrait apparaître comme de la force devient une surface vide. L’écriture semble hésiter à les humaniser. Les dialogues restent fonctionnels, les relations sont esquissées sans profondeur. L’échange entre Bella et Jan aurait pu dévoiler des failles, mais il ne fait qu’effleurer des banalités sur la condition de “femme de criminel”. Il ne suffit pas de placer des femmes en position de pouvoir pour leur donner une vraie épaisseur dramatique. Encore faudrait-il les inscrire dans des trajectoires personnelles crédibles.

 

À plusieurs reprises, MobLand a laissé entendre que la guerre entre les familles allait exploser. L’épisode 2 l’évoquait déjà, l’épisode 5 la laissait espérer, l’épisode 6 devait enfin l’installer. Mais encore une fois, la série recule au moment d’avancer. Les coups de feu sont là, les menaces aussi, mais les enjeux restent flous. Qui gagne quoi ? Qui veut quoi ? Les motivations s’effilochent. Même Conrad, pourtant au cœur du conflit, semble plus préoccupé par ses manipulations personnelles que par un objectif concret. Son appel final, où il jubile d’avoir pris l’avantage, sonne creux. Ce n’est pas la jubilation d’un stratège qui avance ses pions, mais celle d’un personnage vidé de substance, réduit à une pose.

Un des rares éléments qui retient encore l’attention dans cette série est le personnage d’Eddie, incarné par Anson Boon. Sa présence à l’écran apporte une étrangeté qui détonne avec le reste du casting. Il semble toujours à la frontière entre fascination et mépris pour ce qui l’entoure. Ce n’est pas tant l’écriture de son personnage qui intrigue que son interprétation. On ne sait jamais s’il joue la naïveté ou la duplicité. Et ce flou fonctionne mieux ici que les tentatives de suspense ailleurs dans l’épisode. Il n’a pas encore eu de rôle moteur dans l’action, mais sa place dans le récit devient plus intéressante que celle des personnages supposément principaux. 

 

C’est peut-être le seul qui donne l’impression de cacher quelque chose de réellement imprévisible. Si l’on reprend un peu de recul, « Antwerp Blues » cristallise ce que MobLand fait de plus déroutant : éparpiller son récit au lieu de le densifier. Chaque épisode introduit de nouveaux axes narratifs, mais sans jamais prendre le temps de les développer. Les intrigues s’accumulent comme des couches sans liant. Cela pourrait fonctionner dans une série chorale, si chaque élément apportait une pièce au puzzle. Ici, il s’agit plutôt d’un jeu de pistes sans carte. Les allers-retours incessants entre sous-intrigues n’offrent pas plus d’ampleur au récit, seulement plus de confusion. 

Il n’y a pas d’unité thématique forte pour faire tenir l’ensemble. Et sans cette colonne vertébrale, la série peine à créer l’engagement nécessaire. Même les confrontations entre personnages majeurs manquent d’impact, car elles arrivent souvent à contretemps, désynchronisées des enjeux. En arrivant à l’épisode 6, il serait légitime de s’attendre à ce que les lignes de force de la saison soient claires : alliances, conflits, enjeux, trajectoires. Or, MobLand semble encore en phase d’exposition. Beaucoup de personnages agissent sans logique apparente, ou changent de position selon les besoins de la scène. La série donne l’impression de chercher ses pivots dramatiques au fur et à mesure, au lieu de les construire avec cohérence.

 

Le manque de lisibilité nuit au rythme. Et même lorsque des scènes réussissent à capter l’attention – comme certaines confrontations entre Richie et Maeve, ou quelques éclairs entre Conrad et Harry – elles semblent suspendues dans un vide narratif. Le contexte manque, les conséquences aussi. L’épisode 6 de MobLand ne redresse pas la trajectoire d’une série qui semble éviter les résolutions. Il donne quelques moments intrigants, suggère des conflits, évoque des tensions. Mais tout reste en surface. L’écriture choisit trop souvent la dispersion plutôt que la densité, et cela commence à peser.

 

Le potentiel est toujours là, notamment grâce à quelques performances solides (Geoff Bell, Anson Boon, Paddy Considine). Mais tant que la narration refusera de clarifier ses priorités, la série continuera de s’enliser. À ce stade, ce n’est pas tant l’attente d’un rebondissement qui maintient l’intérêt, mais la curiosité de savoir si MobLand saura, un jour, tenir ses promesses.

 

Note : 5/10. En bref,  l’épisode 6 de MobLand ne redresse pas la trajectoire d’une série qui semble éviter les résolutions. Il donne quelques moments intrigants, suggère des conflits, évoque des tensions. Mais tout reste en surface. L’écriture choisit trop souvent la dispersion plutôt que la densité, et cela commence à peser.

Disponible sur Paramount+

 

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M
Je ne suis tellement pas d’accord, c’est pour moi jusqu’à présent le meilleur épisode de la saison, il n’y a jamais eu une telle tension, Tom Hardy est au cœur de l’action, pas du tout caché derrière un casque la moitié de l’épisode mais seulement les dernières minutes ! J’ai tellement hâte de voir la suite ! Je note l’épisode 9/10 !
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D
J'ai trouvé cette série fourre tout. Rien de mal, c'était pas horrible mais j'ai pas été autant emballé que j'aurais aimé.