21 Mai 2025
Perdiendo el juicio // Saison 1. Episode 1. Episode #1.1.
Dès les premières minutes du premier épisode de Perdiendo el juicio, une chose devient claire : il ne s’agit pas seulement d’une série judiciaire. C’est aussi, et surtout, l’histoire d’un basculement. Celui d’Amanda Torres, avocate brillante mais enfermée dans une routine minutieusement réglée, qui voit son univers se fissurer lors d’un événement inattendu en pleine audience. Ce que j’ai découvert en regardant ce premier épisode, c’est moins une série sur des affaires juridiques qu’une exploration des limites personnelles, des failles invisibles et de la manière dont le quotidien peut se transformer sans prévenir.
Le tout, avec une mise en scène qui préfère montrer sans forcer, et avec un regard qui ne cherche jamais à caricaturer les fragilités de son personnage principal. Amanda Torres, incarnée par Elena Rivera, n’est pas une héroïne classique. Elle n’entre pas dans les cases habituelles. Elle ne se bat pas seulement contre l’injustice, mais contre son propre esprit. Son trouble obsessionnel compulsif (TOC) rythme ses journées, ses interactions, ses décisions. Et ce n’est pas un détail scénaristique placé là pour générer des situations comiques. Ce trouble structure véritablement son parcours.
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Le premier épisode ne perd pas de temps à l’introduire comme une professionnelle irréprochable avant de faire basculer sa vie : cette bascule est la scène d’ouverture. Un moment d'effondrement mental en pleine plaidoirie qui marque à la fois la fin d’une époque et le début d’un tout autre récit. On la retrouve ensuite reléguée à la marge, exclue de son propre cabinet, et contrainte de chercher un emploi ailleurs, dans des conditions qui n'ont plus rien à voir avec celles qu'elle connaissait. C’est justement ce changement de décor qui donne à l’épisode toute sa tension. Amanda passe d’un environnement professionnel strict, bien huilé, où tout obéit à une certaine hiérarchie, à un espace plus chaotique, moins prestigieux.
Elle y croise Gabriel, nouveau patron au style très éloigné de celui de son ex-compagnon César. Gabriel, interprété par Manu Baqueiro, est un personnage qui apporte une énergie différente, plus détendue, mais non dépourvue de complexité. Cette rencontre entre deux mondes professionnels, incarnée par le duo Amanda-Gabriel, forme le cœur du premier épisode. Ce n’est pas une opposition frontale, mais une tension latente entre deux façons de travailler, deux manières d’appréhender le monde. Et si Amanda semble sur la défensive, c’est moins par orgueil que par besoin de garder le peu de contrôle qui lui reste.
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Comme dans tout bon récit judiciaire, une affaire vient s’ajouter à l’intrigue personnelle. Dans ce cas, il s’agit d’un incident survenu lors d’un mariage : la sœur d’Amanda est accusée d’un crime commis le jour même de la cérémonie. Ce rebondissement intervient en fin d’épisode, mais il prend déjà une place importante dans l’esprit du spectateur. Ce choix narratif permet d’ancrer le personnage principal dans une réalité concrète : elle ne se bat pas seulement pour retrouver sa place dans le monde professionnel, mais aussi pour protéger sa famille. Ce mélange entre drame intime et procédure judiciaire fonctionne bien, sans chercher à en faire trop.
Ce n’est pas une série à rebondissements spectaculaires, mais plutôt une chronique d’un retour progressif à la vie. L’un des aspects que j’ai appréciés dans ce premier épisode, c’est le choix de ne pas tout accélérer. Bien sûr, il y a beaucoup d’informations à faire passer : le passé d’Amanda, son trouble, sa chute professionnelle, sa nouvelle vie, ses collègues, l’enquête familiale… Pourtant, le rythme reste mesuré. On sent que la série prend le temps d’installer ses enjeux, quitte à livrer certaines scènes un peu rapidement pour tenir dans le format de 50 minutes. C’est peut-être le seul reproche que je pourrais faire à ce premier épisode : certaines transitions paraissent un peu abruptes, comme si certains passages avaient été coupés au montage pour rester dans la durée imposée.
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Quelques minutes supplémentaires auraient peut-être permis de mieux respirer dans certaines scènes. Cela dit, l’essentiel est là, et les personnages prennent déjà forme de manière convaincante. Autour d’Amanda gravitent plusieurs personnages secondaires qui, dès ce premier épisode, montrent qu’ils ne seront pas de simples faire-valoir. Les assistants de Gabriel, le collègue un peu bourru, la sœur accusée d’un meurtre… Chacun a droit à quelques lignes qui suffisent à esquisser une personnalité. Il y a aussi un intérêt particulier dans le jeu entre Amanda et César, son ex. La tension entre eux n’est jamais exagérée, mais elle est palpable. Amanda refuse de signer les papiers du divorce, et cela dit beaucoup sur son besoin de stabilité, de familiarité.
Même si ce lien est rompu, il reste une forme d’attachement, de dépendance peut-être. C’est une ligne narrative que j’ai trouvée crédible, parce qu’elle n’est pas surjouée. Le TOC d’Amanda est au cœur du récit. Et ce qui m’a semblé juste dans la manière dont c’est abordé, c’est l’absence de moquerie ou de simplification. Il ne s’agit pas d’un trait comique, ni d’un obstacle scénaristique à surmonter pour atteindre un objectif. Le TOC est intégré à la construction du personnage, à son quotidien, à ses décisions. Ce trouble influence sa manière de percevoir le monde, de nouer des relations, d’exercer son métier. Il est montré avec sérieux, sans pathos excessif.
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Le spectateur n’est pas invité à compatir ou à juger, mais simplement à observer. Et cela suffit à créer de l’empathie. Visuellement, l’épisode ne cherche pas à en mettre plein la vue. Les décors sont fonctionnels, les scènes de tribunal efficaces. Ce choix de sobriété permet de garder l’attention sur les dialogues, sur les interactions, sur les regards. La réalisation mise sur la justesse plutôt que sur le spectaculaire. La musique, discrète mais présente, accompagne les moments clés sans chercher à les souligner de manière trop appuyée. J’ai cependant été un peu surpris par l’usage de morceaux en anglais en ouverture et en fin d’épisode.
Ils ne semblent pas totalement intégrés à l’ambiance générale, comme s’ils avaient été ajoutés un peu par réflexe. Le format choisi pour la série s’inscrit clairement dans une tradition procédurale : un cas par épisode, avec une trame principale en fil rouge. C’est un modèle qui fonctionne bien lorsqu’il est bien exécuté, et ce premier épisode laisse entrevoir un équilibre intéressant entre les deux niveaux de narration. Il ne s’agit pas d’une série feuilletonnante dans laquelle tout repose sur un twist final, mais d’un format plus classique, plus linéaire, qui permet au spectateur de s’installer dans une certaine routine. Et ce type de rythme, quand il est bien mené, crée une forme d’attachement durable.
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En refermant ce premier épisode, ce n’est pas une sensation d’euphorie que j’ai ressentie, mais plutôt une forme de curiosité posée. L’envie de suivre Amanda, non pas parce qu’elle est héroïque, mais parce qu’elle semble humaine, avec ses contradictions, ses peurs, ses hésitations. Elle ne cherche pas à prouver quoi que ce soit. Elle tente juste de reprendre pied. Ce début de série n’essaie pas de séduire par la force. Il propose un cadre, une ambiance, des personnages en construction. Et si la suite continue dans cette direction, il y a matière à développer quelque chose de solide. Perdiendo el juicio ne révolutionne pas le genre judiciaire, et ce n’est clairement pas son objectif.
Ce qu’elle propose, c’est une approche centrée sur l’individu, sur ses failles, sur ses tentatives pour reconstruire un quotidien fragilisé. Et c’est dans cette simplicité que réside son intérêt. Amanda Torres n’est pas une super-héroïne du droit. C’est une femme en transition, confrontée à ses propres limites dans un système qui ne laisse pas beaucoup de place à l’imperfection. Et c’est ce qui rend ce premier épisode engageant.
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Pas besoin d’effets spectaculaires, ni de dialogues percutants à chaque scène. Ce qui compte ici, c’est l’authenticité du parcours, la sincérité du regard posé sur un personnage qui vacille sans jamais tomber complètement. Par ailleurs, je ne serais pas surpris que la série inspire l’étranger afin d’en faire une nouvelle version. Il y a aussi des ingrédients qui ne sont pas sans faire un léger écho à Ally McBeal mais dans une version plus moderne, tendre et grave.
Note : 6.5/10. En bref, Perdiendo el juicio ne révolutionne pas le genre judiciaire, et ce n’est clairement pas son objectif. Ce qu’elle propose, c’est une approche centrée sur l’individu, sur ses failles, sur ses tentatives pour reconstruire un quotidien fragilisé.
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