9 Juillet 2025
The Old Guard 2 // De Victoria Mahoney. Avec Charlize Theron, KiKi Layne et Veronica Ngo.
Cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu attendre pour découvrir The Old Guard 2, suite directe d’un premier volet qui, sans être un chef-d’œuvre, avait su installer un univers intrigant autour d’immortels fatigués par les siècles et les combats. L’attente aura été longue, et malheureusement, la récompense n’est pas à la hauteur des espoirs. Pourtant, les ingrédients semblaient réunis : le retour de Charlize Theron dans le rôle d’Andy, la présence d’Uma Thurman pour ajouter du poids au casting, et la promesse d’approfondir cet univers de guerriers éternels, tiraillés entre le poids de l’éternité et les conséquences de leurs actes. Mais très vite, la déception s’est installée.
Andy et son équipe de guerriers immortels retrouvent motivation et vigueur en affrontant un nouvel ennemi puissant qui met en péril leur mission de protection de l'humanité.
Le problème de The Old Guard 2 apparaît dès les premières scènes : le scénario est mince, presque inconsistant. L’intrigue repose sur des enjeux d’immortalité déjà esquissés dans le premier film, sans vraiment parvenir à les renouveler ou à leur donner plus de profondeur. Il est question de trahisons, de retrouvailles et de réflexions sur le sens de la vie éternelle, mais tout cela reste en surface, comme si le film se contentait de poser des jalons sans jamais vraiment les exploiter. La sensation qui domine, c’est celle d’un long épisode de série, conçu davantage pour préparer un éventuel troisième opus que pour offrir une aventure complète. Le récit peine à captiver, enchaînant des dialogues plats et des scènes d’exposition interminables qui n’apportent ni tension ni émotion réelle.
Certains moments frôlent même l’absurde, comme cette séquence où un personnage renonce soudain à son immortalité sans que le film ne prenne la peine d’en explorer les implications. L’un des rares attraits du premier Old Guard résidait dans ses personnages : des figures marquées par le temps, habitées par leur histoire et par un profond désenchantement. Dans cette suite, ces mêmes personnages semblent avoir perdu ce qui faisait leur richesse. Charlize Theron, pourtant actrice de grand talent, semble ici détachée, presque absente. Le personnage d’Andy, central, est réduit à des mimiques fatiguées et des dialogues convenus. Quant à Uma Thurman, censée incarner une antagoniste capable de relancer l’intérêt, elle hérite d’un rôle si mal écrit qu’il devient difficile d’y croire.
Son personnage traverse le film sans impact, sans relief. La confrontation entre ces deux actrices, qui aurait pu être le moteur du récit, tombe à plat. Seul Matthias Schoenaerts parvient à tirer un peu son épingle du jeu, grâce à un rôle légèrement plus nuancé. Mais l’ensemble du casting donne l’impression d’être en pilotage automatique, comme si l’énergie du premier film s’était dissipée en route. La promesse d’un film d’action repose, en grande partie, sur ses séquences spectaculaires. Ici encore, The Old Guard 2 déçoit. Hormis une scène d’introduction correcte et un final maladroitement emballé, l’essentiel du film se déroule dans un entre-deux mou où l’action est quasi inexistante.
Pire encore, lorsqu’elle arrive enfin, elle est filmée de manière confuse, souvent dans des décors sombres où il devient difficile de suivre ce qui se passe à l’écran. La lisibilité fait cruellement défaut. Les combats manquent d’impact, les chorégraphies paraissent bâclées et l’ensemble ressemble davantage à un téléfilm sans ambition qu’à un blockbuster pensé pour le grand écran. L’impression qui se dégage est celle d’un film sous-financé, où la priorité semble avoir été donnée au cachet des acteurs plutôt qu’à la qualité visuelle. Ce qui avait séduit dans le premier film, c’était aussi la mythologie esquissée autour des immortels. Une idée de fond qui laissait espérer un développement riche : comment vivre l’éternité ? Que devient la mémoire, l’humanité, la douleur quand le temps n’a plus de prise ?
The Old Guard 2 se contente d’effleurer ces thématiques, préférant aligner des scènes sans enjeux plutôt que de vraiment creuser son univers. Quelques dialogues sur le sens de l’existence sont jetés ici ou là, mais sans conviction. Même le retour tant attendu d’un personnage disparu dans le premier opus n’apporte finalement pas grand-chose à l’ensemble, sinon une impression de déjà-vu. Il y avait pourtant matière à aller plus loin, à explorer les conséquences de l’immortalité sous un angle plus audacieux. Le film choisit la facilité et reste enfermé dans un schéma classique, sans jamais tenter de surprendre.
Visuellement, le film souffre également. La réalisation manque d’âme et d’identité. Certains décors paraissent artificiels, les effets spéciaux sont inégaux, et l’ensemble donne l’impression d’un produit Netflix standardisé, dénué de vision artistique. Rien n’étonne, rien ne marque. Le choix de tourner plusieurs séquences dans l’obscurité contribue à cette sensation de brouillon visuel. Au lieu d’amplifier la tension ou l’atmosphère, ces scènes finissent par fatiguer l’œil et renforcer l’impression d’un film inachevé. Au final, ce deuxième volet ressemble moins à une véritable suite qu’à un prétexte pour ouvrir la porte à un troisième film. Le problème, c’est qu’il est difficile de se sentir impliqué après deux heures de vide narratif et émotionnel.
Le cliffhanger final, censé donner envie de poursuivre l’aventure, laisse plutôt un goût amer. L’envie de continuer n’est pas au rendez-vous. L’erreur majeure de The Old Guard 2, c’est de ne pas respecter l’investissement émotionnel que le public avait mis dans le premier film. Plutôt que de capitaliser sur les forces existantes — les personnages, la mythologie, les enjeux moraux —, le film se contente d’enchaîner des scènes sans âme qui peinent à raconter quoi que ce soit. Pour ceux qui avaient apprécié le premier volet et espéraient retrouver l’esprit d’une équipe de héros immortels attachants et fatigués par le monde, la déception risque d’être au rendez-vous. Peu d’action marquante, un scénario faible, des dialogues sans consistance et une réalisation sans relief : difficile de conseiller ce film sans réserve.
Il reste quelques pistes intéressantes, notamment autour de la fragilité de l’immortalité ou des tensions internes au groupe, mais ces éléments sont trop peu exploités pour suffire à maintenir l’intérêt. Plus qu’un mauvais film, The Old Guard 2 est surtout un film vide, sans véritable raison d’exister. Pour ma part, l’impression est celle d’un temps perdu. Ce qui aurait pu être une saga prenante autour de la vie éternelle devient ici un produit formaté, tiède et oubliable. Regarder ce film, c’est accepter de patienter deux heures pour un futur qui, désormais, n’inspire guère d’enthousiasme.
Note : 1/10. En bref, plus qu’un mauvais film, The Old Guard 2 est surtout un film vide, sans véritable raison d’exister. Pour ma part, l’impression est celle d’un temps perdu.
Sorti le 2 juillet 2025 directement sur Netflix
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