Critiques Séries : And Just Like That… Saison 3. Episode 11.

Critiques Séries : And Just Like That… Saison 3. Episode 11.

And Just Like That… // Saison 3. Episode 11. Forget About the Boy.

 

La saison 3 (et la série) d’And Just Like That... arrive à sa conclusion, et cet épisode 11 a clairement été conçu comme une rampe de lancement vers le final. Sauf que… la rampe est un peu branlante. Ce n’est pas un épisode qui bouleverse, ni même qui apporte de véritables réponses. C’est un chapitre où l’on observe les personnages s’agiter autour de problématiques plus ou moins pertinentes, avec un arrière-goût d’inachevé. Ce qui frappe d’emblée, c’est le ton mélancolique qui plane sur l’épisode, combiné à une sorte d’errance scénaristique. Il n’y a pas vraiment d’intrigue centrale forte. Les scènes se succèdent comme des petites vignettes, parfois touchantes, parfois absurdes, mais rarement essentielles. 

 

On sent que la série prépare quelque chose, mais prend un malin plaisir à faire traîner. Difficile de regarder cet épisode sans avoir en tête que la saison 3 sera la dernière. Michael Patrick King et Sarah Jessica Parker l’ont confirmé : après le final, il n’y aura pas de saison 4. Ce simple fait change la manière de recevoir les dialogues et les situations. Chaque interaction semble potentiellement être la dernière fois que l’on voit ces personnages dans ce type de configuration. Pourtant, au lieu de se concentrer sur un véritable baroud d’honneur, l’épisode se perd dans des histoires secondaires. Il y a cette impression étrange que les scénaristes essaient de prolonger le suspense sans vraiment nourrir l’action.

Carrie reste au cœur de l’épisode, mais pas dans l’action pure. On la retrouve dans un état d’esprit introspectif. Elle a remis à son éditrice le manuscrit de son roman, mais la réaction n’est pas celle qu’elle espérait. Le livre plaît, sauf… l’épilogue. Carrie a choisi de conclure sur une image simple : une femme seule dans son jardin. L’éditrice veut quelque chose de plus « positif », une fin qui laisse le lecteur sur une note réconfortante. Carrie, elle, revendique son choix au nom de l’honnêteté. En parallèle, un geste anodin réveille sa nostalgie : la commande de tartes pour Thanksgiving dans son ancien quartier la pousse à passer devant son ancien appartement. La simple vue du bâtiment la replonge dans une époque où tout semblait possible. Mais ce retour dans ses anciens repères est teinté d’appréhension. 

 

Et si en franchissant cette porte, elle réalisait qu’elle avait fait une erreur en quittant cet endroit ? C’est là qu’intervient Lisette, voisine et amie occasionnelle, qui habite désormais l’ancien appartement de Carrie. Lisette, plus jeune, traverse elle aussi une rupture. Dans sa façon de se tenir, de parler de ses échecs amoureux, elle incarne un écho de ce qu’était Carrie il y a des années. Cette rencontre n’est pas fortuite : elle sert de déclencheur au questionnement de Carrie sur ce qu’elle a laissé derrière elle. Mais quand Carrie se rend à la soirée organisée par Lisette, la désillusion est immédiate. L’appartement n’est plus le même. Lisette l’a réaménagé, ajouté une cloison, partagé l’espace avec un colocataire. 

Les souvenirs de Carrie n’ont plus leur place ici. C’est comme si les murs eux-mêmes avaient effacé son histoire. Cette confrontation avec le changement a un double effet : elle ferme définitivement la porte du passé tout en réveillant une forme de solitude. L’épisode insiste sur cette idée que la solitude n’est pas toujours une tragédie, mais que la société (ou, dans ce cas, l’industrie de l’édition) continue de la percevoir comme un échec. Le dialogue entre Carrie et son éditrice illustre parfaitement ce décalage : pour Carrie, la fin de son roman reflète une vérité intime. Pour l’éditrice, elle manque de chaleur et de « happy end ». Ce débat résonne avec un autre point central : la manière dont la série elle-même aborde la question des relations sentimentales féminines après un certain âge. 

 

Plutôt que d’assumer pleinement une héroïne qui choisit l’indépendance, le scénario semble hésiter, comme s’il craignait de déplaire au public en laissant Carrie totalement seule. Pendant que Carrie affronte ses propres doutes, Miranda se lance dans l’organisation de son premier dîner de Thanksgiving. Brady, son fils, se charge de la cuisine. Mais Miranda prend une décision qui risque de tout faire basculer : inviter l’ex-petite amie de Brady, sans lui en parler. Évidemment, cette décision est tout sauf anodine. Elle provoque un conflit familial immédiat. Brady se sent trahi, la tension monte, et Miranda reste étrangement calme face à la tempête. 

Cette intrigue secondaire ne révolutionne rien, mais elle offre un contraste intéressant avec la trajectoire de Carrie : là où Carrie hésite à affronter le passé, Miranda plonge tête baissée dans une situation explosive. Charlotte, quant à elle, oscille entre deux préoccupations : le comportement de Harry après son opération et la préparation de Rock pour un spectacle scolaire. On retrouve chez elle cette tendance à se laisser happer par des détails très précis (ici, le costume de Rock) au point d’en oublier l’essentiel. Cette partie de l’épisode donne l’impression de recycler des thématiques déjà explorées en saison 1 autour de l’identité de Rock. Parmi toutes les intrigues, celle de Seema est peut-être la seule qui apporte un souffle un peu différent. Elle vit une relation où, enfin, elle semble obtenir ce qu’elle veut, sans compromis forcés. 

 

L’épisode lui offre un moment intime sincère, suivi d’une déclaration réciproque d’amour. Dans un épisode qui parle beaucoup de ce qui s’achève ou se transforme, cette scène est l’une des rares à évoquer une construction, un possible futur. Si cet épisode avait été au milieu de la saison, il serait probablement passé inaperçu. Mais en avant-dernier chapitre, il laisse une impression mitigée. Les intrigues n’avancent pas vraiment, les enjeux semblent dispersés, et le sentiment qui reste est celui d’un épisode de transition. Le problème, c’est que dans une série qui s’apprête à dire adieu, chaque minute devrait compter. Au lieu de concentrer l’énergie sur un fil narratif fort, l’épisode se contente de poser des petites pièces ici et là, en espérant que le final les reliera toutes.

L’une des idées fortes de l’épisode, c’est la manière dont il traite la nostalgie. Le retour à l’ancien appartement de Carrie est un moment-clé, non pas parce qu’il fait revivre des souvenirs, mais parce qu’il montre que ces souvenirs n’existent plus que dans la mémoire. L’espace a changé, les gens aussi, et il est impossible de retrouver exactement ce qui a été perdu. C’est une réflexion intéressante, mais elle se heurte à une limite : l’épisode ne pousse pas assez loin cette idée. Le constat est posé, puis rapidement abandonné, comme si le scénario craignait de plomber l’ambiance. Au terme de l’épisode, Carrie se remet à son roman et décide d’ajouter un épilogue, inspiré par ce qu’elle vient de vivre. L’histoire se termine sur une ouverture, l’idée qu’il y a encore des rencontres possibles, même après des chapitres douloureux. 

 

Reste à voir si cette piste sera suivie dans le final, ou si elle ne sera qu’un clin d’œil symbolique. Cet épisode 11 d’And Just Like That... n’est pas désastreux, mais il souffre de son positionnement stratégique. À une semaine de la conclusion de la série, il donne l’impression de tourner autour du pot. Certains dialogues sont bien sentis, quelques scènes touchent juste, mais l’ensemble manque de tension dramatique et de cohésion. Si la saison 3 doit vraiment être la dernière, le final a intérêt à resserrer les fils narratifs et offrir à chaque personnage une sortie digne. Cet épisode, lui, ressemble davantage à une pause avant le sprint final — une pause qui, malheureusement, n’offre pas assez de matière pour vraiment marquer les esprits.

 

Note : 4/10. En bref, cet épisode 11 d’And Just Like That... n’est pas désastreux, mais il souffre de son positionnement stratégique. À une semaine de la conclusion de la série, il donne l’impression de tourner autour du pot. 

Disponible sur HBO max

HBO max a annulé And Just Like That… après 3 saisons. Il n’y aura pas de saison 4.

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article