15 Août 2025
And Just Like That… // Saison 3. Episode 12. Part of One.
SERIES FINALE
Après trois saisons de hauts, de bas, et de moments étranges, And Just Like That... a livré son dernier épisode avec « Party of One ». En tant que spectateur assidu depuis le début, j’espérais que cette conclusion offrirait un vrai point final à l’histoire. Au lieu de ça, la sensation dominante est celle d’un souffle coupé : des idées lancées mais à peine développées, des intrigues qui s’éparpillent, et une atmosphère générale qui ne ressemble pas vraiment à un adieu. Loin de vouloir un final spectaculaire, j’attendais simplement une cohérence narrative, un sentiment de boucle bouclée. Mais cet épisode semble avoir préféré disperser ses personnages dans des situations anecdotiques, au détriment d’un moment fort collectif.
Le premier plan montre Carrie entrant dans un restaurant futuriste, avec serveurs robots et menus sur tablette. L’idée aurait pu être drôle ou symbolique, mais elle tombe à plat. On comprend que le but est de montrer la perception sociale d’une femme seule, mais la scène frôle la caricature. La présence d’une peluche assise face à elle – soi-disant pour lui éviter de dîner seule – relève plus du gag forcé que de l’observation fine. Cette entrée en matière installe un malaise : l’épisode aborde la solitude comme un poids, alors que la série avait autrefois montré qu’elle pouvait aussi être un choix ou un espace de liberté. On sent déjà que la trajectoire de Carrie ne va pas vers un apaisement, mais plutôt vers une résignation.
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L’intrigue repose sur deux moments : un défilé de robes de mariée et un dîner de Thanksgiving. Le premier est prétexte à des discussions sur le mariage, ses illusions et ses désillusions. Seema et Carrie parlent de l’envie – ou non – de se marier. Adam, le compagnon de Seema, ne croit pas au mariage. Seema, elle, hésite entre l’idée romantique qu’elle en avait et le constat que ce désir vient peut-être d’un conditionnement. Carrie lui confie que, pour elle, se marier signifiait “être choisie” — une vision qui sonne étrangement datée dans la bouche d’un personnage censé avoir évolué. Lisa et Charlotte, de leur côté, échangent sur les concessions que le mariage impose.
Lisa se demande si elle referait le même choix en connaissant toutes les contraintes. Charlotte, fidèle à elle-même, répond oui sans hésiter. Ce qui frappe, c’est que malgré la différence de leurs parcours, les deux concluent que le mariage reste un choix valable. Ces conversations auraient gagné en intensité si elles avaient été réunies autour d’une même table. Séparées en deux scènes distinctes, elles perdent en force et en résonance. Le dîner chez Miranda aurait pu être l’occasion de rassembler tout le monde une dernière fois. Mais la table reste clairsemée : Carrie, Miranda, Brady, la mère de son enfant et deux amies improbables. L’absence des autres renforce l’impression d’un épisode décousu.
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Miranda, prise dans un imprévu vétérinaire pour le chien d’une amie, quitte la soirée, laissant Carrie gérer des convives qu’elle ne connaît pas. L’un des moments les plus marquants – pour de mauvaises raisons – reste l’épisode de la toilette bouchée, qui prend un temps d’écran étonnamment long. Ce choix scénaristique laisse perplexe : dans un final, chaque minute devrait compter. Carrie termine la saison seule, ou plutôt “sur elle-même” comme elle le formule. L’idée de l’indépendance est séduisante, mais la mise en scène donne plus l’impression d’un isolement subi que d’une affirmation de soi. La danse finale chez elle, sur fond de Barry White, se veut libératrice, mais arrive trop tard et trop rapidement pour émouvoir.
Charlotte est sans doute celle qui s’en sort le mieux. Après une saison chargée en tensions familiales, elle retrouve un équilibre domestique. Son histoire se conclut sur une note apaisée, sans drame, et avec une cohérence rare dans cet épisode. Miranda poursuit sa relation avec Joy. Leurs scènes sont sobres et crédibles, mais elles manquent de développement. Ce couple méritait plus d’espace à l’écran pour donner envie de les suivre au-delà du générique final. Seema reste un personnage attachant, mais son intrigue avec Adam manque de profondeur. Leur dialogue sur l’engagement aurait pu être le cœur émotionnel de l’épisode, mais il est expédié.
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Lisa et Herbert ont droit à une réconciliation rapide, comme si leur tension politique et conjugale n’avait été qu’une parenthèse. L’ensemble sonne convenu, sans véritable surprise. Le défaut majeur de ce final est sa gestion du temps. Des séquences anecdotiques s’étirent, tandis que des enjeux émotionnels sont expédiés. La série semble vouloir tout dire mais n’approfondit rien. Ce déséquilibre se ressent particulièrement dans la seconde moitié, où les scènes s’enchaînent sans réelle montée en tension. La fragmentation des intrigues empêche aussi de retrouver l’essence du groupe. L’amitié entre les héroïnes, pourtant au cœur de Sex and the City, n’est plus qu’un fil ténu. Les moments collectifs sont rares, et le peu d’interactions à plusieurs manque de chaleur.
Un bon final doit donner l’impression que les personnages poursuivront leur vie hors écran, tout en laissant une empreinte durable. Ici, rien ne se ferme vraiment. Les intrigues restent ouvertes, mais pas de manière stimulante : plutôt comme si elles avaient été interrompues. La dernière image de Carrie seule chez elle, modifiant l’épilogue de son livre, tente de livrer un message sur l’autosuffisance. Mais il arrive après une saison où sa solitude a été montrée comme une épreuve constante. Le contraste entre le discours final et la trajectoire vécue rend la conclusion moins crédible. And Just Like That... a toujours suscité des réactions partagées. Cette troisième saison avait pourtant amorcé un meilleur équilibre entre drame et légèreté.
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Mais cet épisode 12 retombe dans ses travers : intrigues secondaires envahissantes, humour qui tombe à plat, et manque d’audace dans le traitement des relations. Le sentiment dominant en refermant cette page est celui d’un potentiel gâché. Les personnages avaient encore des choses à dire, des dynamiques à explorer. Au lieu de ça, l’épisode donne l’impression d’un au revoir improvisé, où l’on ne prend pas le temps de savourer les dernières interactions.
Note : 3.5/10. En bref, le final de la saison 3 d’And Just Like That... clôt la série sur un épisode dispersé et sans véritable émotion, où les intrigues principales restent inachevées et laissent un sentiment d’inachevé.
Disponible sur HBO max
HBO max a annulé And Just Like That… après 3 saisons. Il n’y aura pas de saison 4.
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