25 Juillet 2025
And Just Like That… // Saison 3. Episode 9. Present Tense.
Regarder un couple se désintégrer n’est jamais particulièrement réjouissant, surtout lorsqu’il s’agit de deux personnages emblématiques qui traînent des décennies de souvenirs. Mais il arrive parfois qu’une séparation devienne plus qu’un point final : un soulagement. Cet épisode d’And Just Like That… se consacre presque exclusivement à la chute, lente mais certaine, de l’histoire entre Carrie et Aidan. Et il était temps. Depuis leur réapparition en couple, cette dynamique semblait déjà vouée à l’échec. Quelque chose sonnait faux dès le début, comme un vêtement trop ajusté ou un vieux disque qu’on remet sans conviction. Et plus les épisodes défilaient, plus ce sentiment se confirmait : leur relation, ressuscitée pour la énième fois, n’avait plus d’élan, plus de légèreté.
Rester ensemble tenait plus de la nostalgie que du réel désir de bâtir quelque chose à deux. Il y a des blessures qui, même refermées, laissent des marques indélébiles. Pour Aidan, la trahison de Carrie – son ancienne liaison avec Big – semble toujours occuper l’arrière-plan de leurs échanges. Même lorsqu’aucun mot n’est prononcé, la méfiance flotte dans l’air. Et cela finit par contaminer tout : les gestes, les regards, les silences. Dans cet épisode, tout s’accélère. Alors que Carrie tente de concilier sa vie professionnelle et sa vie sentimentale, les tensions s'accumulent. Une simple séance de travail avec Duncan, son voisin écrivain, devient le catalyseur d’une série de malaises. Aidan, visiblement mal à l’aise avec cette proximité, franchit une limite qu’elle lui avait pourtant clairement posée.
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Le voir prendre un café avec Duncan, dans leur jardin, agit comme une piqûre de rappel : les vieux schémas reviennent, et la confiance, pourtant essentielle, n’est toujours pas là. Ce qui frappe, c’est le ton glacial que prend leur échange lorsque Carrie revient d’une de ses sessions d’écriture. Un simple « tu sens la fumée » devient une attaque, une façon de raviver de vieilles rancunes autour d’un sujet aussi banal que les cigarettes. Ce n’est pas tant la remarque en elle-même que ce qu’elle signifie : une volonté de punir, une manière de rappeler à l’autre qu’on n’a pas oublié ses erreurs. Et face à ce jugement constant, Carrie s’épuise. Elle fait des efforts – elle a vendu son appartement, elle a accepté cette idée saugrenue d’attendre cinq ans qu’il règle sa situation familiale –, mais rien n’est jamais suffisant.
L’équilibre entre donner et recevoir est rompu. La rupture n’est plus une éventualité, mais une évidence. Aidan ne semble pas vouloir, ou pouvoir, vivre dans le présent. Chaque discussion finit par ramener le passé au centre. Il ne voit pas la femme qu’est devenue Carrie, mais continue de la juger à travers le prisme de ce qu’elle a été. Pourtant, elle n’est plus cette trentenaire insouciante. Elle a changé, mûri, évolué. Elle s’est investie, a pris des risques émotionnels concrets. Mais si l’autre refuse de reconnaître ce chemin parcouru, l’effort devient vain. Quand vient le moment de parler franchement, tout éclate. Les reproches fusent. Elle n’a rien à se reprocher dans cette relation-ci, mais il continue de faire comme si elle portait encore la faute d’un adultère vieux de plus de vingt ans.
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Et cette obstination à rester figé dans le passé empêche toute évolution commune. Il est rare de voir une séparation télévisée traitée avec autant de subtilité, sans tomber dans la caricature du chagrin romantique. Bien sûr, Carrie est triste. Elle a cru, encore une fois, que cette histoire pouvait renaître. Elle y a cru sincèrement. Mais cette tristesse n’a rien d’effondré. C’est une mélancolie lucide, teintée de résignation et d’acceptation. Le moment où elle retire les cartes postales de Virginie de son frigo marque symboliquement la fin de cette tentative. Ce sont ces petits gestes du quotidien, souvent invisibles, qui scellent vraiment les fins d’histoires. Et ensuite, il y a les chaussures. Parce qu’évidemment, Carrie ne peut pas s’empêcher de rechausser ses talons, de se refaire une beauté et de rejoindre ses amies.
Non pas pour faire semblant d’aller bien, mais parce que la vie continue. Parce qu’il faut bien avancer, avec ou sans Aidan. Derrière cette rupture, l’épisode révèle autre chose : la difficulté, même à cinquante ans passés, de poser ses limites, de se faire entendre, et surtout de se faire respecter. Carrie n’est pas parfaite, et elle le sait. Mais elle finit par affirmer sa position, non pas par vengeance ou pour gagner une dispute, mais pour retrouver une forme de paix intérieure. Aidan, quant à lui, incarne à merveille l’incapacité à lâcher prise. Il veut un amour sans aspérités, sans tensions, sans doutes – un amour qui n’existe pas. En refusant de regarder Carrie comme une personne nouvelle, avec ses efforts et ses cicatrices, il condamne leur couple à l’échec.
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En parallèle, d’autres intrigues avancent en arrière-plan. Miranda, par exemple, fait un pas courageux en admettant à sa compagne qu’elle est alcoolique. Ce moment de vulnérabilité aurait pu faire basculer leur relation, mais il crée au contraire un lien plus fort. Ce n’est pas le chaos émotionnel de sa précédente relation, mais quelque chose de plus sincère, plus mature. Du côté de Charlotte, les défis sont plus domestiques – entre la récupération de son mari après une opération et sa propre santé, les choses restent en tension mais sans drame. Et chez Seema, c’est une question d’odeur corporelle qui, étrangement, prend encore de la place.
Un fil narratif improbable, mais qui a au moins le mérite d’alléger un épisode chargé émotionnellement. Même si plusieurs personnages font leur apparition, c’est bel et bien la fin de l’histoire entre Carrie et Aidan qui donne le ton général. Ce n’est pas une tragédie, ni un moment de grande catharsis. C’est la fin d’une illusion, et quelque part, un retour à soi. La série rappelle que parfois, tirer un trait est le seul moyen d’avancer. Ce qui rend cette fin crédible, c’est justement son absence de grands effets. Pas de hurlements, pas de portes qui claquent. Juste deux personnes qui se rendent compte, presque à contre-cœur, qu’elles ne peuvent plus faire semblant. L’amour ne suffit pas quand il n’y a plus d’écoute, plus de respect, plus de place pour grandir ensemble.
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Ce neuvième épisode marque un tournant dans la série, non seulement parce qu’il clôt un chapitre essentiel de la vie de Carrie, mais aussi parce qu’il ouvre la voie à autre chose. Une nouvelle liberté, une forme d’authenticité retrouvée. Il est toujours difficile de dire adieu à une histoire qu’on a portée si longtemps. Mais parfois, il n’y a pas d’autre choix. Aidan n’était pas l’homme qu’il lui fallait, pas cette fois-ci, et probablement pas les fois d’avant non plus. Peut-être n’a-t-il jamais été celui qu’elle croyait. Et maintenant ? Rien n’est écrit. Mais une chose est sûre : mieux vaut avancer seule que rester prisonnière d’un amour qui n’écoute pas. Carrie l’a compris. Il était temps.
Note : 6.5/10. En bref, ce neuvième épisode marque un tournant dans la série, non seulement parce qu’il clôt un chapitre essentiel de la vie de Carrie, mais aussi parce qu’il ouvre la voie à autre chose.
Disponible sur HBO max
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