Critiques Séries : And Just Like That… Saison 3. Episode 4.

Critiques Séries : And Just Like That… Saison 3. Episode 4.

And Just Like That… // Saison 3. Episode 4. Apples to Apples.

 

Je ne m’attendais pas à ce que le cœur de l’épisode m’embarque aussi loin de New York. Pourtant, me voilà à suivre Carrie en pleine immersion dans le quotidien rural d’Aidan. Exit les brunchs, les talons claquant sur le bitume et les tenues improbables dans les rues de Manhattan. L’épisode nous dépose au cœur de la Virginie, dans un univers familial dense, parfois tendu, souvent chaotique. Et derrière ce changement de décor, ce sont surtout les contours réels de la relation entre Carrie et Aidan qui se dessinent, plus flous et complexes que ce que j’avais imaginé. Dès les premières scènes, le ton est donné. La campagne n’est pas simplement un lieu, elle devient un personnage à part entière. 

 

Les fils d’Aidan repeignent un cabanon, Carrie débarque sans valise, coincée dans des vêtements qui ne sont pas à elle, et le regard adolescent – oscillant entre indifférence et méfiance – de Wyatt met rapidement une distance. Malgré quelques tentatives pour s’adapter, comme cette escapade en quad vers une boutique vestimentaire tout droit sortie d’un épisode de Big Love, Carrie reste étrangère à cet environnement. Et moi, en tant que spectateur, je ressens cette étrangeté. Pas dans un sens dramatique, mais dans une sorte de décalage permanent, comme un puzzle où les pièces ne s’imbriquent jamais complètement. Ce n’est pas faute d’efforts. Carrie essaie, avec plus ou moins de maladresse, de s’insérer dans ce paysage familial. 

Il y a même une sorte de légèreté lors de l’excursion en réalité virtuelle ou pendant les échanges avec Homer, le fils du milieu. Mais ce répit est de courte durée. Tout bascule lors du dîner d’anniversaire du fils aîné, Tate. L’ambiance se tend à mesure que les non-dits affluent et que les vieilles tensions refont surface. Difficile de rester simple spectateur dans un tel huis clos familial. Il est impossible de ne pas ressentir un malaise grandissant autour de Wyatt. Ce n’est pas qu’un adolescent en crise. Son comportement, parfois déroutant, trahit un mal-être plus profond. Dès le départ, son attitude distante et ses réponses sèches mettent une barrière. Mais c’est pendant le fameux jeu de société que tout explose. Un moment censé rassembler tourne au fiasco total. 

 

Wyatt quitte la pièce dans une colère sourde, avant de briser une vitre – image saisissante, à la fois littérale et symbolique, de cette tension qui ne trouve aucune issue. Ce moment marque un point de bascule. Il ne s’agit plus de s’interroger sur la place de Carrie dans la vie d’Aidan, mais de reconnaître l’ampleur des responsabilités de ce dernier. Et face à cette réalité, Carrie semble comprendre qu’il ne s’agit pas d’elle, ni même de leur couple. Il s’agit d’un père et de son fils, d’un conflit de fond qui dépasse les histoires d’amour ou les promesses d’avenir. Il fallait que cela éclate, pour que les choses soient enfin dites. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que l’épisode ne cherche pas à résoudre les conflits. Il les expose, bruts, parfois inconfortables. 

La conversation entre Carrie et Aidan, après le chaos du dîner, ne suit pas les codes classiques d’une scène de rupture ou de réconciliation. Il n’y a ni grandes déclarations, ni gestes héroïques. Juste deux personnes qui s’avouent des choses qu’elles auraient peut-être dû se dire plus tôt. Aidan admet qu’il a tenté de la protéger en lui cachant certaines réalités. Carrie comprend qu’elle ne peut pas exiger une place dans une vie qu’elle ne maîtrise pas. Elle décide de rentrer, sans colère, mais avec cette forme de lucidité qui arrive parfois trop tard. Et même si elle lui laisse la clé de leur appartement, je ressens ce geste plus comme une façon de fermer une porte que d’en ouvrir une. Pendant que Carrie se heurte à la réalité d’une famille recomposée, Miranda navigue dans une zone plus floue, mais pas moins complexe. 

 

Sa relation avec Joy oscille entre hésitation et attraction. Un dérapage verbal en direct sur la BBC – interprété par les réseaux comme une insulte involontaire – vient troubler une dynamique déjà fragile. Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont Miranda vit cette micro-crise. Elle anticipe le rejet, s’auto-flagelle, suppose ce que pense l’autre. Et pourtant, quand elle ose aborder le sujet de front, Joy répond avec une honnêteté désarmante : elle est simplement mal à l’aise quand elle est attirée par quelqu’un. Ce genre de confession m’apparaît souvent plus touchant qu’une scène de séduction classique. Ce n’est pas une histoire spectaculaire, c’est juste humaine. Et c’est ce que l’épisode réussit par moments : montrer la complexité des émotions sans les forcer.

Un élément de l’épisode m’a laissé perplexe : l’absence – ou la quasi-disparition – de certains personnages secondaires. Charlotte, par exemple, semble reléguée à des scènes anecdotiques, sans réelle implication narrative. Seema et Lisa, pourtant bien installées dans la saison précédente, sont à peine évoquées. C’est un choix qui interroge. Est-ce que la série se recentre volontairement sur certains arcs au détriment d’autres ? Ou bien assiste-t-on à une forme d’essoufflement dans la gestion de l’ensemble du casting ? La question reste ouverte. Si je devais résumer cet épisode, je dirais qu’il montre plus qu’il ne résout. Ce n’est pas forcément un défaut. Parfois, il faut accepter que les choses restent en suspens, que les personnages n’aient pas toutes les réponses. 

 

Mais je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine fatigue face à cette accumulation de tensions non dénouées. La série semble tourner autour des mêmes nœuds sans jamais vraiment les trancher. Et même si j’apprécie l’introspection, j’aimerais parfois un peu plus de mouvement, une avancée claire. Ce quatrième épisode est peut-être celui qui met le plus en lumière la fracture entre le fantasme d’une relation et sa réalité. Carrie pensait peut-être pouvoir reprendre son histoire avec Aidan là où elle s’était arrêtée. Mais le temps, les enfants, les blessures, tout a changé. L’amour ne suffit pas toujours à faire tenir ensemble deux personnes. Il faut aussi du timing, de la place, de la disponibilité émotionnelle. Et ici, ce n’est pas le cas.

 

Ce n’est pas une conclusion définitive, mais une pause nécessaire. Peut-être que Carrie l’a compris. Peut-être qu’elle attend encore. Ce qui est sûr, c’est que cette incursion hors de New York l’a obligée à regarder la vérité en face. Et même si le retour à la ville promet d’être apaisant, le regard qu’elle porte sur sa relation n’est plus le même.

 

Note : 6/10. En bref, un épisode qui fait du bien après le raté précédent. 

Disponible sur max

 

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D
Bonjour, quel est le nom du jeu de société auquel Carrie joue en Virginie avec la famille d'Aidan ?
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D
Bonjour, le Rummikub non ?