17 Août 2025
Quand j’ai découvert la première partie de Miss Governor (anciennement She the People), j’avais trouvé l’ensemble assez moyen. Ma note traduisait une impression mitigée : un sujet prometteur mais des choix narratifs parfois maladroits. Avec la sortie de la seconde partie de cette première saison sur Netflix, je voulais voir si la série allait corriger ses défauts ou au contraire s’enfermer dans les mêmes travers. Après avoir regardé les épisodes 9 à 16, je peux dire que mon ressenti reste partagé. Miss Governor est une création de Tyler Perry. La série suit Antoinette Dunkerson, devenue malgré elle gouverneure par intérim du Mississippi après une succession d’événements improbables.
Terri J. Vaughn incarne cette femme qui, d’abord reléguée à un rôle secondaire dans la sphère politique, se retrouve propulsée dans une fonction où chaque décision est scrutée et contestée. La seconde partie de la saison reprend ce fil, mais accentue le conflit entre Antoinette et un environnement politique qui ne veut pas la laisser s’imposer. On y retrouve ses alliés, ses opposants, et toute une galerie de personnages qui oscillent entre soutien sincère, manipulation et sabotage assumé. Ces huit nouveaux épisodes tentent de donner davantage d’épaisseur à l’histoire. Antoinette n’est plus seulement une élue de passage : elle doit désormais prouver qu’elle mérite sa place dans un système qui la rejette constamment.
J’ai trouvé que la série cherchait à la fois à dénoncer le racisme, le sexisme et l’opportunisme politique, tout en conservant un ton comique et satirique. Le problème, c’est que ce mélange ne fonctionne pas toujours. Par moments, les situations absurdes apportent un vrai relief et réussissent à souligner les contradictions du pouvoir. Mais dans d’autres passages, la caricature prend tellement de place que l’effet critique se perd. Les points que j’ai appréciés ? La satire politique. Même si elle manque parfois de finesse, j’ai trouvé que la satire de cette deuxième partie était plus percutante que dans la première. Certains dialogues exposent de manière claire l’hypocrisie des dirigeants, leurs alliances de circonstance et leur obsession de conserver leurs privilèges.
Le personnage de Jed Bonds, par exemple, illustre bien cette tendance : un homme accroché à son pouvoir, prêt à toutes les manœuvres pour empêcher une femme noire de gouverner. Ensuite le jeu de Terri J. Vaughn. Si je continue à suivre la série, c’est surtout pour Terri J. Vaughn. Son interprétation apporte une énergie qui sauve souvent les épisodes. Elle réussit à montrer une Antoinette à la fois déterminée et vulnérable, capable de plaisanter tout en révélant ses blessures. J’ai particulièrement apprécié les scènes où elle affronte des adversaires politiques en face à face : son mélange de franchise et de maladresse rend ces moments crédibles et engageants.
J’ai bien aimé les moments plus familiaux, sortant du cadre habituel des séries de Tyler Perry. La série ne se limite pas aux intrigues politiques, et c’est tant mieux. Les passages avec la famille d’Antoinette m’ont semblé plus naturels, avec une dynamique qui sonne juste. Sa relation avec sa fille Lola apporte un côté plus intime, même si elle est parfois conflictuelle. Ces séquences donnent de l’air et permettent de voir le personnage principal autrement que dans son costume de gouverneure. Comme les épisodes restent relativement courts, la partie 2 se regarde assez rapidement. J’ai trouvé que ce rythme correspondait bien au ton léger que Tyler Perry veut donner à la série, malgré les thématiques lourdes.
C’est une écriture qui facilite le visionnage d’une traite, sans décrocher. Les aspects qui m’ont dérangé ? Tout d’abord, les caricatures trop appuyées. L’exagération fait partie de la satire, mais ici elle est parfois excessive. Certains personnages secondaires ressemblent à des clichés déjà vus mille fois, ce qui diminue l’impact de leurs interventions. J’ai eu la sensation que la série recyclait certains codes habituels de Perry, au lieu d’innover. Je n’ai pas trouvé convaincantes certaines sous-intrigues, qui semblent insérées pour créer artificiellement du drame. Le conflit autour du pipeline ou les protestations d’écologistes, par exemple, manquent de profondeur et finissent par distraire de l’histoire principale.
Plutôt que de renforcer la narration, ces détours alourdissent l’ensemble. Sans entrer dans les détails pour ne pas gâcher le visionnage, la conclusion de la saison m’a laissé sur ma faim. Plusieurs pistes sont abandonnées sans explication claire, ce qui donne l’impression d’un travail interrompu trop tôt. Pour une série qui cherche à s’installer, ce choix paraît risqué. Enfin, le ton reste inégal. La balance entre humour et sérieux est instable. Certains épisodes m’ont fait sourire grâce à des situations absurdes bien placées, mais d’autres donnaient l’impression de tourner en rond. J’ai lu que beaucoup de spectateurs partageaient ce sentiment : une série qui veut à la fois divertir et dénoncer, mais qui ne réussit pas toujours à marier les deux.
La série garde une cohérence dans son intention : parler de racisme systémique, de sexisme et des difficultés rencontrées par une femme noire dans une fonction de pouvoir. J’ai trouvé que ces thèmes étaient traités de façon frontale, parfois avec un humour grinçant, parfois avec un ton plus dramatique. Le personnage d’Antoinette incarne bien cette dualité : une femme compétente mais constamment remise en question, attaquée sur son genre, sa couleur de peau et son mode de vie. Ces rappels permanents de l’hostilité qu’elle subit peuvent sembler répétitifs, mais ils traduisent aussi une réalité : il est difficile de
Cette seconde partie de saison m’a davantage intéressé que la première, mais je ne peux pas dire que je sois totalement convaincu. Il y a une progression, notamment dans la manière dont la satire s’assume davantage, mais les défauts restent présents : intrigues secondaires inutiles, personnages caricaturaux, fin abrupte. Cette partie 2 n'est pas un échec, mais pas non plus une série qui me marque durablement. Ce qui sauve Miss Governor, c’est vraiment le charisme de Terri J. Vaughn et le fait que la série ose parler de thèmes rarement abordés sous cet angle.
La partie 2 de la saison 1 de Miss Governor est un mélange de satire politique et de comédie familiale qui fonctionne par moments mais qui peine à maintenir une constance. J’ai trouvé certains épisodes drôles et pertinents, d’autres creux et répétitifs. L’expérience reste divertissante, mais pas au point de m’enthousiasmer. Si Netflix commande une saison 2, je serai curieux de voir comment Antoinette pourrait évoluer dans un environnement toujours hostile. Mais pour que la série gagne en impact, il faudrait que Tyler Perry affine son écriture, réduise les caricatures et propose des intrigues plus solides.
Note : 4.5/10. En bref, une série imparfaite, avec de vraies qualités mais aussi de nombreux défauts. Je ne regrette pas d’avoir regardé cette seconde partie, mais je reste prudent sur la suite.
Disponible sur Netflix
Netflix n’a pas encore renouvelé Miss Governor pour une saison 2 à l’heure où j’écris ces lignes. Par ailleurs, je ne crois pas avoir souvenir qu'une série ait changé de nom entre deux parties de saison ou deux saisons.
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