20 Mars 2026
Under Fire // De Steven C. Miller. Avec Dylan Strouse, Mason Gooding et Odette Annable.
Under Fire, dernier long-métrage de Steven C. Miller, ne va pas chercher à révolutionner quoi que ce soit mais simplement à offrir une heure et demie de divertissement sans prétention. Le réalisateur, déjà connu pour ses collaborations musclées avec Bruce Willis (Extraction, Marauders, First Kill) et pour son passage par le film d’horreur, continue à creuser son sillon du côté du direct-to-VOD. Cette fois, il mise sur un duo inattendu mais efficace : Dylan Sprouse et Mason Gooding. Le résultat ? Un film d’action qui reprend les codes du buddy movie des années 80-90, avec ses fusillades stylisées, ses répliques mordantes et son intrigue pas toujours très crédible.
Lors d'un deal de drogue à la frontière mexicaine, les trafiquants Griff et Abbott se rencontrent pour un échange. À la surprise générale, ils sortent tous deux leurs badges - celui de Griff du FBI, celui d'Abbott de la DEA - révélant qu'ils travaillent à leur insu sur la même affaire.
Si l’ensemble reste assez prévisible, la complicité entre les deux acteurs principaux réussit à maintenir l’intérêt jusqu’au bout. L’histoire de Under Fire est limpide : deux agents infiltrés se retrouvent coincés dans le désert après qu’une opération a mal tourné. Griff (Dylan Sprouse) travaille pour le FBI, Abbott (Mason Gooding) pour la DEA. Aucun des deux ne savait que l’autre menait une mission secrète dans le même cartel. Résultat : quand un sniper surgit pour les clouer derrière un SUV criblé de balles, ils n’ont d’autre choix que de s’allier pour survivre. Ce point de départ fonctionne bien car il installe immédiatement une tension dramatique.
Deux personnages opposés, forcés de coopérer dans un espace réduit et sous la menace constante d’un tireur invisible : voilà un cadre idéal pour un buddy movie. Le problème, c’est que ce huis clos qui occupe la majorité du film finit par tourner en rond. Le premier tiers démarre fort : fusillade stylisée, ralentis numériques outranciers (mais assez drôles), et un rythme soutenu. Le dernier tiers retrouve également de l’énergie avec quelques rebondissements attendus mais bien mis en scène. C’est vraiment dans la partie centrale que le film patine. Pendant de longues minutes, Griff et Abbott restent accroupis derrière leur véhicule à tenter différentes stratégies pour échapper au sniper.
Chaque tentative échoue, et l’action se répète selon le même schéma : plan, échec, chamailleries. Le spectateur se retrouve dans la même attente que les personnages, ce qui peut créer une certaine immersion mais finit par générer de la lassitude. Cette mise en scène volontairement statique contraste avec le style habituel de Steven C. Miller, adepte de la caméra nerveuse et du montage rapide. Le film promet du mouvement, mais se bloque dans une immobilité forcée qui ne profite pas toujours à son rythme. Ce qui sauve Under Fire, c’est son duo. Dylan Sprouse joue Griff, un agent un peu grande gueule, toujours prêt à lancer une réplique sarcastique même dans les moments les plus tendus.
Mason Gooding incarne Abbott, plus sérieux, attaché aux protocoles et au cadre institutionnel. L’un fonctionne à l’instinct, l’autre à la méthode. Leur opposition crée une dynamique intéressante. Leurs échanges ressemblent souvent à ceux d’un vieux couple qui se dispute pour mieux se réconcilier. Les dialogues, parfois un peu forcés, trouvent tout leur sel dans cette complicité. Quand les blagues tombent à plat, l’énergie des acteurs rattrape la scène. Cette alchimie donne au film son ton léger, presque comique, et rappelle les grandes heures du buddy cop des années 80, de L’Arme fatale à Bad Boys. Sauf qu’ici, tout est condensé : en quelques heures, deux agents qui se détestaient finissent par se découvrir des points communs et une forme de respect mutuel.
Il ne faut pas attendre de Under Fire une rigueur scénaristique. Le film multiplie les incohérences flagrantes : un sniper qui vise avec une précision chirurgicale une seconde et qui rate des cibles évidentes la suivante, un SUV dont les pneus criblés de balles continuent à rouler comme si de rien n’était, ou encore des décisions absurdes prises par les personnages pour relancer artificiellement l’action. Ces facilités sont monnaie courante dans le cinéma d’action de série B, et elles font partie du contrat implicite avec le spectateur. Le film n’essaie pas d’être réaliste : il cherche simplement à proposer du spectacle, quitte à sacrifier la logique. En dehors de l’action et des blagues entre ses deux héros, Under Fire tente parfois d’injecter une dose d’émotion en développant le passé de Griff et Abbott.
Ces moments de confidences sont censés apporter de l’épaisseur aux personnages, mais ils sonnent souvent artificiels. Le spectateur sent trop clairement la volonté d’humaniser à tout prix, ce qui casse un peu le naturel des échanges. Heureusement, ces passages ne durent jamais très longtemps. Miller revient vite à ce qu’il sait faire : des fusillades survitaminées, des ralentis sanglants et une mise en scène énergique. Under Fire n’est pas un film révolutionnaire, mais il assume pleinement son côté rétro. Le duo d’agents qui s’insultent pour mieux s’apprécier, la menace extérieure qui force la coopération, le twist final deviné à des kilomètres : tout est là.
Dans une époque où le cinéma d’action cherche souvent à tout déconstruire, ce retour aux fondamentaux a quelque chose de rafraîchissant. Le film ne cherche pas à surprendre mais à amuser, en jouant la carte de la nostalgie. Under Fire est un film imparfait mais attachant. Il souffre d’un ventre mou en milieu de parcours et d’un scénario bourré d’incohérences, mais son duo d’acteurs fonctionne suffisamment bien pour maintenir l’intérêt. Dylan Sprouse et Mason Gooding s’amusent, et cette énergie communicative sauve le film de l’oubli total. Steven C. Miller ne signe pas son œuvre la plus marquante, mais il livre un divertissement honnête, calibré pour une soirée sans prise de tête. Ni plus, ni moins.
Note : 5/10. En bref, Under Fire, réalisé par Steven C. Miller, met en scène Dylan Sprouse et Mason Gooding dans un buddy movie d’action où deux agents infiltrés doivent coopérer après qu’une opération a mal tourné. Entre fusillades stylisées, humour de duo et incohérences scénaristiques, le film reste un divertissement léger, efficace surtout grâce à la complicité de ses deux acteurs.
Sorti le 20 mars 2026 directement en VOD
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