26 Septembre 2025
NCIS: Tony & Ziva // Saison 1. Episode 6. We’ve Got Company.
Arrivé à la moitié de la saison, NCIS: Tony & Ziva choisit de lever le pied. Après l’intensité dramatique de l’épisode précédent, qui avait replacé Tony et Ziva dans une dynamique à la fois tendue et chargée d’émotion, cet épisode 6 propose un virage inattendu. Plutôt que de pousser plus loin les enjeux d’espionnage ou la tension autour de Jonah et Martine, le récit s’arrête pour mettre en avant un autre personnage : Tali, leur fille. Sur le papier, donner de la place à Tali a du sens. Après tout, sa présence plane depuis le début de la série, entre appels vidéo, souvenirs et inquiétudes.
Cet épisode devait logiquement donner une voix à son ressenti et montrer les conséquences de cette cavale parentale sur une enfant prise au milieu d’histoires qui la dépassent. Dans les faits, ce choix narratif s’avère moins convaincant. Tout commence dans un décor familier : une safe house où Tali est envoyée pour échapper aux menaces. Elle y est protégée par Sophie, ex-agent du MI6 et figure secondaire qui gagne ici en présence. L’idée est claire : montrer le quotidien de Tali, coincée loin de ses parents, entre ennui adolescent et petites découvertes qui vont, bien malgré elle, déclencher une suite d’événements dangereux. Ce parti pris installe un huis clos presque étouffant.
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Les journées se ressemblent, entre plaintes liées à l’absence d’internet, exploration des lieux et dialogues avec Sophie. Si l’intention est d’humaniser Tali et de donner au spectateur son point de vue, le résultat finit par ressembler à un long remplissage. Le rythme se dilue, la tension peine à s’installer et le spectateur attend presque impatiemment le retour à l’intrigue principale. C’est là que réside mon principal reproche. Depuis le lancement de la série, l’axe “espionnage” a toujours été fragile. Là où NCIS a brillé dans ses premières années grâce à son mélange de procédures policières et de dynamiques d’équipe, le spin-off tente de jouer sur un terrain plus large, entre géopolitique, agents doubles et menaces technologiques.
Mais cet épisode illustre parfaitement les limites de ce choix. L’action s’organise autour d’un incident provoqué par Tali : le simple fait de charger une montre électronique finit par compromettre l’emplacement du refuge. L’idée aurait pu être forte – montrer comment un détail banal met tout le monde en danger – mais elle reste traitée de façon assez mécanique. On ne retrouve pas l’élan dramatique attendu d’une série qui se veut centrée sur la manipulation et les complots. À la place, tout repose sur des quiproquos domestiques et une succession d’accidents, du nid de guêpes à la réaction allergique de Sophie. Plutôt que d’élever les enjeux, ces éléments donnent surtout l’impression d’un scénario forcé.
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L’espionnage est relégué au second plan, remplacé par une aventure quasi familiale qui détonne avec la promesse initiale de la série. Il faut reconnaître que l’interprétation d’Isla Gie, qui joue Tali, apporte une certaine fraîcheur. Son regard d’enfant sur un univers d’adultes permet d’approcher différemment l’histoire. On perçoit sa solitude, sa peur, mais aussi sa débrouillardise. Cependant, cette focalisation prolongée sur Tali finit par affaiblir la narration globale. En voulant donner une place à ce personnage, l’épisode s’éloigne de ce qui fait avancer la saison : la traque de Jonah, la menace des drones, les dilemmes moraux de Tony et Ziva. Le contraste avec l’épisode précédent, où la mort d’Henry avait apporté un vrai poids dramatique, est flagrant.
Ici, le récit tourne en rond et ralentit le fil rouge. Il existe malgré tout quelques séquences qui parviennent à retenir l’attention. L’attaque du refuge par des intrus anonymes installe une menace tangible, même si elle reste assez convenue. Le passage où Tali doit choisir entre fuir ou sauver Sophie, malgré le danger, reflète bien l’influence de ses parents sur ses choix. Cette dualité entre l’instinct de survie et la fidélité à ceux qu’elle aime est l’un des rares moments où l’épisode parvient à atteindre une intensité émotionnelle. Le combat final de Sophie contre Pierre, chef des assaillants, apporte également une dose d’action bienvenue.
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Mais il s’agit davantage d’une parenthèse musclée que d’un vrai rebondissement lié à l’arc principal. La fin de l’épisode tente de raccrocher les wagons. Tony et Ziva retrouvent leur fille, soulagés mais conscients que le danger n’est pas derrière eux. Parallèlement, le duo apprend que Jonah et Martine continuent d’avancer dans leur plan autour du drone, avec de nouvelles manipulations en vue. Ces révélations ramènent enfin la série à son fil rouge, mais après presque une heure d’escapade, la frustration domine. Cet épisode 6 ressemble à une respiration forcée au milieu de la saison. Montrer Tali était nécessaire, mais pas de cette manière. L’intrigue donne l’impression de combler un créneau plutôt que de nourrir le récit global.
En ralentissant la cadence, la série prend le risque de perdre l’élan dramatique construit jusque-là. Certes, quelques passages fonctionnent grâce à l’interprétation des acteurs et à une ou deux scènes tendues. Mais dans l’ensemble, cet épisode illustre les faiblesses de la série dès qu’elle s’éloigne de son cœur : l’équilibre fragile entre espionnage et drame familial. Pour moi, ce sixième chapitre reste un détour dispensable. J’attends que les prochains épisodes recentrent l’histoire sur les véritables enjeux, sans céder à des détours qui freinent la progression. Car si Tony et Ziva doivent affronter des dilemmes complexes, encore faut-il que la série ose les explorer pleinement, plutôt que de se perdre dans des épisodes de transition sans véritable impact.
Note : 3.5/10. En bref, ce sixième chapitre reste un détour dispensable.
Prochainement en France
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