21 Septembre 2025
Quand j’ai lancé El refugio atómico sur Netflix, j’étais intrigué par son concept. Une série espagnole, huit épisodes, un bunker souterrain, des milliardaires piégés censés se protéger d’une catastrophe nucléaire… L’idée avait de quoi captiver. La promesse initiale est claire : mélanger suspense, huis clos et critique sociale. Mais après avoir terminé la saison, mon ressenti est assez simple : en dehors de quelques passages solides, l’ensemble peine à convaincre. L’ennui s’installe vite, comme si la série tirait sur une corde trop fine pour tenir huit épisodes.
Quand un groupe de milliardaires se terre dans un bunker de luxe pour échapper à un conflit mondial sans précédent, une vieille querelle entre deux familles refait surface.
Il faut le reconnaître : l’introduction du premier épisode fonctionne. On est tout de suite plongé dans l’urgence d’un monde en crise, avec des images fortes qui créent une tension palpable. La révélation en fin d’épisode, qui change totalement la perspective sur ce refuge, est également réussie. On se dit alors que la série a trouvé une accroche solide. Le début du deuxième épisode prolonge un peu cette énergie, en posant les bases de la manipulation qui enferme ces familles riches dans le bunker. Mais très vite, cette intensité retombe. Dès le milieu du deuxième épisode, le rythme devient plus lent. On sent que l’histoire s’étire, sans apporter de révélations vraiment marquantes.
La tension du départ laisse place à une succession de scènes centrées sur des disputes de couples, des rancunes personnelles ou des confrontations qui tournent en boucle. C’est là que l’ennui s’installe. La série ne parvient pas à recréer l’élan du premier épisode, ni à proposer des rebondissements suffisamment forts pour relancer l’intérêt. On a parfois l’impression qu’elle se contente de gagner du temps pour remplir ses huit épisodes. Le choix de placer au cœur du récit deux familles liées par un drame personnel aurait pu être une bonne idée. Cela aurait permis d’explorer la douleur, la rancune et peut-être la réconciliation dans un cadre extrême.
Mais dans les faits, les personnages restent figés dans des archétypes : le père autoritaire, la fille révoltée, le jeune homme rongé par la culpabilité… Ces traits sont répétés sans réelle évolution. J’ai eu du mal à ressentir une attache ou une empathie particulière, ce qui accentue l’impression de longueur. Avec un tel décor, j’espérais ressentir la claustrophobie, la paranoïa, ou même un doute constant sur la réalité des événements. Mais la série n’exploite pas vraiment cet espace fermé. Le bunker finit par ressembler à une scène de théâtre où se rejouent sans cesse les mêmes conflits personnels. Il n’y a ni montée progressive de la peur, ni vrai mystère à résoudre. Le potentiel dramatique s’évapore au fil des épisodes, et l’atmosphère, au lieu de se densifier, devient monotone.
C’est sans doute le point qui m’a le plus marqué : El refugio atómico donne l’impression d’avoir une bonne idée de départ, mais pas assez de matière pour la développer sur huit épisodes. Les flashbacks censés enrichir les personnages ne font qu’allonger artificiellement l’histoire. Les révélations, quand elles arrivent, ne surprennent plus vraiment. Résultat : la série perd en intensité au lieu d’en gagner. J’ai eu le sentiment d’une corde déjà fragile sur laquelle on tire trop longtemps, jusqu’à ce qu’elle se rompe. Je ne peux pas dire que tout est à jeter. L’esthétique du bunker, avec son mélange de luxe et de claustrophobie, est réussie.
Certains acteurs, comme Joaquín Furriel ou Miren Ibarguren, parviennent à donner un peu de poids à leurs rôles malgré un scénario limité. De plus, les deux premiers épisodes montrent que la série avait une base prometteuse. Malheureusement, cette base n’a pas été exploitée jusqu’au bout. El refugio atómico est une série qui commence bien mais s’épuise rapidement. Les premiers instants intriguent, mais au-delà de l’intro du premier épisode, de sa fin percutante et du démarrage du deuxième, il reste surtout beaucoup de remplissage. J’ai eu l’impression de suivre un récit qui ne savait pas vraiment où aller, préférant multiplier les disputes domestiques plutôt que d’explorer la peur, la manipulation ou la survie.
Note : 3.5/10. En bref, cette saison 1 laisse un goût d’inachevé. Pas assez de tension, trop de longueurs, et un sentiment global d’ennui. Une idée forte gâchée par une écriture trop étirée. Difficile de défendre la série.
Disponible sur Netflix
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog