5 Septembre 2025
Le retour de Tony DiNozzo et Ziva David à l’écran n’était pas acquis d’avance. Après des années d’absence pour l’un, de réapparitions ponctuelles pour l’autre et des rumeurs de projets jamais confirmés, l’annonce d’un spin-off centré sur ce duo a ravivé la curiosité des spectateurs. La franchise NCIS, déjà riche en déclinaisons (la 5ème de la galaxie NCIS), s’offre ainsi une nouvelle extension avec NCIS: Tony & Ziva. Les trois premiers épisodes posent d’emblée les bases de ce qui semble être une aventure à la fois familiale, sentimentale et mouvementée. Depuis sa création, NCIS a construit une galaxie de personnages qui dépassent largement le cadre du simple procédural policier.
Quelques années après "NCIS", Tony et Ziva élèvent leur fille ensemble. Mais lorsque l'entreprise de sécurité de Tony est prise pour cible, ils doivent fuir à travers l'Europe pour tenter de découvrir qui s'en prend à eux – et peut-être même réapprendre à se faire confiance ? - pour pouvoir enfin vivre heureux.
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Tony et Ziva ont marqué l’histoire de la série mère par leur complicité et par une tension relationnelle qui n’a cessé de nourrir les intrigues. Leur départ respectif avait laissé un vide, renforcé par un parfum d’inachevé dans leur histoire commune. Le lancement de ce spin-off intervient dans un paysage où la franchise multiplie les déclinaisons. Entre Sydney et Origins, les tentatives d’élargissement ne manquent pas, mais aucune n’avait jusqu’ici capitalisé sur la relation la plus commentée de l’univers NCIS. Tony & Ziva change la donne en plaçant le couple au centre, tout en introduisant un nouvel équilibre familial avec leur fille Tali. L’épisode pilote s’ouvre avec une scène surprenante : Ziva en robe de mariée, avançant vers l’autel.
Mais le marié n’est pas celui que l’on attend. Ce choix narratif crée immédiatement un effet de tension et installe une atmosphère ambiguë. L’image choque autant qu’elle intrigue, et elle sert surtout à rappeler que rien n’est jamais simple pour ce duo. Rapidement, le scénario bascule vers une intrigue plus large : une cyber-attaque visant l’entreprise de sécurité privée que Tony dirige à Paris. Ce déclencheur oblige le couple à reprendre des réflexes d’agents de terrain, quitte à bouleverser leur quotidien. L’épisode mélange habilement scènes familiales et séquences d’action, posant le ton d’une série qui cherche à jongler entre drame intime et thriller. Mais tout est balayé très facilement, trop facilement rendant l’ensemble précipité.
Ce premier contact laisse une impression mitigée : la promesse est forte, mais certains choix de mise en scène paraissent forcés. L’usage d’accents caricaturaux ou de dialogues en français mal maîtrisés casse parfois l’immersion. Pire encore, dans le troisième épisode nous avons un plan aérien d’Interpol (situé à Lyon en France) qui n’a rien à voir avec la ville de Lyon. Pourtant, le retour des personnages suffit à maintenir l’intérêt, notamment grâce à des dialogues qui rappellent leur complicité passée. Le deuxième épisode plonge directement dans le registre de l’action. Poursuites dans des rues étroites, affrontements avec des technologies futuristes comme des voitures autonomes, le spectacle est au rendez-vous.
L’Europe devient un terrain de jeu scénaristique, et les codes visuels du polar international se retrouvent ici recyclés. L’efficacité des séquences ne masque pas toutefois un sentiment de déjà-vu. Les adversaires restent flous, et l’intrigue donne l’impression d’avancer par à-coups. Le rythme soutenu maintient l’attention, mais la profondeur narrative n’est pas toujours au rendez-vous. Ce qui retient surtout, c’est l’exploration des fragilités intérieures. Ziva peine à conjuguer sa nouvelle vie de mère avec les traumatismes qu’elle traîne. Tony, de son côté, conserve son humour comme mécanisme de défense, mais laisse transparaître des doutes. Cette dimension humaine donne du relief, même si elle mériterait un traitement plus approfondi.
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Avec le troisième épisode, la série commence à montrer ses ambitions. L’antagoniste principal se dévoile peu à peu, laissant entrevoir une organisation plus vaste derrière les menaces. Pourtant, les révélations arrivent encore timidement, et une partie du scénario semble se reposer sur le simple fait de voir Tony et Ziva réunis. Le rôle de Tali devient plus visible, mais demeure secondaire. La petite fille sert surtout de rappel constant des enjeux personnels : protéger une famille dans un contexte où tout incite à replonger dans le danger. Les spectateurs qui espéraient une exploration plus riche de la parentalité risquent de rester sur leur faim à ce stade. Malgré cela, l’épisode réussit à créer une attente pour la suite.
Les enjeux ne sont pas encore totalement clairs, mais le potentiel dramatique est là. Le point le plus marquant reste la relation entre Tony et Ziva. Leur complicité est le moteur de la série. Les dialogues regorgent de taquineries, de sous-entendus et de silences chargés de sens. Cette dynamique suffit souvent à rattraper les faiblesses scénaristiques. Michael Weatherly et Cote de Pablo reprennent leurs rôles avec naturel. Leurs interactions oscillent entre humour et gravité, traduisant l’ambivalence de deux personnages marqués par leurs choix passés. Cette dimension affective constitue sans doute l’argument principal qui justifie l’existence de ce spin-off.
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Impossible de parler de NCIS: Tony & Ziva sans aborder la part de nostalgie qui innerve chaque scène. Les clins d’œil à leur histoire commune, les références discrètes à leurs années au NCIS, tout est pensé pour séduire les spectateurs fidèles. Ce choix comporte un risque : celui de se contenter de rejouer des situations connues sans proposer de véritable nouveauté. Les trois premiers épisodes flirtent parfois avec ce travers. Les dialogues soulignent régulièrement le passé, au point de donner l’impression que l’histoire actuelle sert surtout de prétexte à revivre le passé. La présence de Tali aurait pu offrir une matière riche pour interroger la notion de transmission, de sécurité et d’équilibre. Pour l’instant, le traitement reste limité. L’enfant incarne surtout une motivation, plus qu’un personnage à part entière.
Cette limite affaiblit la portée émotionnelle. La série gagnerait à montrer davantage la vie quotidienne de ce trio, au lieu de la réduire à quelques scènes anecdotiques. Le spectateur est censé croire à une famille en danger, mais les moments de normalité sont trop rares pour rendre ce danger pleinement tangible. Visuellement, la série cherche à se distinguer des déclinaisons classiques. Les décors européens apportent une fraîcheur, mais parfois au prix de clichés faciles. Les ruelles pavées, les façades historiques et les accents exagérés rappellent davantage un catalogue touristique qu’une immersion réaliste. Les scènes d’action, en revanche, sont travaillées et parviennent à créer une tension.
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Les chorégraphies des poursuites et des affrontements traduisent une volonté d’aller au-delà du simple format télévisuel. Ce contraste entre ambition visuelle et approximation culturelle illustre les hésitations du projet. La force potentielle de Tony & Ziva réside dans la combinaison d’un thriller international et d’un drame intime. Or, les trois premiers épisodes montrent que cet équilibre reste difficile à trouver. Les séquences d’action dominent souvent, au détriment de l’exploration des dilemmes personnels. Pourtant, chaque fois que le récit ralentit et s’attarde sur les interactions du couple, l’intensité émotionnelle reprend le dessus. Cela prouve que la matière existe, mais qu’elle n’est pas encore pleinement exploitée.
Après trois épisodes, il est clair que cette série est avant tout faite pour les fans des deux personnages. Si la série tente de séduire un public plus large par son rythme soutenu et sa trame accessible, ce n’est pas assez surprenant pour marquer les esprits. Le scénario est clairement d’un scénario trop dépendant du fan-service, rendant l’ensemble sympa et médiocre à la fois. À ce stade, NCIS: Tony & Ziva se présente comme une série divertissante, portée avant tout par la chimie de son duo principal. Les bases posées sont solides, mais elles manquent encore de profondeur pour transformer le projet en œuvre incontournable.
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Les prochains épisodes devront répondre à plusieurs enjeux : donner plus de consistance à l’antagoniste, offrir à Tali un rôle véritable, et approfondir les failles intimes du couple au lieu de les effleurer. Ces trois premiers épisodes de NCIS: Tony & Ziva ressemblent à une promesse plus qu’à une réalisation pleinement aboutie. L’alchimie entre Michael Weatherly et Cote de Pablo demeure intacte et continue de séduire. Les séquences d’action sont efficaces et donnent un souffle nouveau à la franchise. Mais l’équilibre entre thriller et drame familial reste fragile, et l’intrigue peine parfois à se démarquer des codes déjà vus.
Pour l’instant, il s’agit d’un retour qui fonctionne surtout grâce à la nostalgie et à la satisfaction de revoir deux personnages cultes réunis. La suite dira si la série parvient à dépasser ce statut pour devenir une aventure à part entière.
Note : 5/10. En bref, au delà des approximations sur la France (les décors, les accents, etc.) qui sont juste honteuses, NCIS: Tony & Ziva ressemble à une promesse plus qu’à une réalisation pleinement aboutie. L’alchimie entre Michael Weatherly et Cote de Pablo demeure intacte. Mais l’équilibre entre thriller et drame familial peine à se démarquer des codes déjà vus.
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