Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 1), Chicago Fire (Saison 14, épisode 1), Chicago PD (Saison 13, épisode 1)

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 1), Chicago Fire (Saison 14, épisode 1), Chicago PD (Saison 13, épisode 1)

Chicago Med // Saison 11. Episode 1. We All Fall Down.

 

Après une saison 10 en demi-teinte, Chicago Med ouvre sa saison 11 avec un épisode qui tente de poser de nouvelles bases, sans pour autant effacer les faiblesses récurrentes de la série. Ce premier épisode, intitulé "We All Fall Down", reprend directement après les événements du final de la saison précédente, et répond rapidement à la question qui a agité les fans tout l’été : le père du bébé de Hannah est bien Dean Archer. L’épisode débute sur la révélation tant attendue : Hannah annonce à Dean qu’elle est enceinte et qu’il est le père. La scène est posée, sans effet de surprise forcé, ce qui est une bonne chose après un final de saison 10 qui n’avait déjà pas offert de véritable cliffhanger. 

 

Ce choix narratif permet de mettre rapidement cartes sur table, mais il ouvre aussi la voie à une dynamique complexe. Dean accepte la nouvelle avec une sincérité touchante, mais Hannah, de son côté, insiste sur l’idée d’une co-parentalité entre “simples amis”. On devine pourtant que Dean espère davantage. Cette nuance est intéressante, mais elle reste fragile : le risque est grand que la série tombe dans une mécanique de soap, comme elle a déjà pu le faire avec d’autres couples. Personnellement, j’aurais préféré que leur relation reste strictement amicale. La force de Chicago Med a toujours été de montrer des liens humains différents, pas forcément romantiques. 

La décision de les lier par une grossesse change tout, et il faudra voir si les scénaristes sauront exploiter cette intrigue sans tomber dans des clichés éculés. L’autre fil rouge de cet épisode repose sur le Dr Lenox, qui apprend qu’elle est atteinte d’une maladie génétique rare. Cette révélation pèse sur sa manière d’aborder ses patients et accentue son franc-parler déjà bien connu. Lorsqu’elle doit s’occuper de deux sœurs victimes d’un effondrement de bâtiment, son approche directe peut sembler dure, mais elle reflète en réalité sa propre peur de l’avenir. Cette intrigue fait écho à ce que la saison 10 avait réussi dans son épisode 21 avec l’histoire de Naomi et Hayes : utiliser une expérience personnelle pour questionner la manière dont les médecins interagissent avec les patients. 

 

Ici, Lenox pousse ses limites en refusant de lâcher une patiente déclarée morte, jusqu’à réussir à la sauver. Ce moment, même peu crédible médicalement, apporte une vraie intensité dramatique et montre que Chicago Med sait encore surprendre lorsqu’il se concentre sur ses cas médicaux. Comme souvent, le Dr Charles incarne la voix de la raison et de la réflexion psychologique. Dans cet épisode, il s’occupe d’un patient rescapé de l’effondrement qui souhaite mourir après la perte d’une jeune femme qui l’a aidé. Ce type d’intrigue met en avant un sujet rarement traité à la télévision : la culpabilité du survivant. 

Contrairement à la saison 10 qui avait trop souvent survolé les thématiques liées au trauma (on pense à Sharon et son arc vite évacué autour de son agression), la série prend ici le temps d’illustrer un sentiment complexe, avec une justesse appréciable. C’est dans ces moments que Chicago Med se rapproche de ce qu’elle fait de mieux : utiliser le médical comme porte d’entrée vers des problématiques profondément humaines. Malgré ces réussites, certaines parties de l’épisode tombent à plat. On pense notamment à l’intrigue autour des victimes d’un incendie, où la révélation de l’adultère du mari ajoute une touche dramatique un peu trop téléphonée. 

 

Dans un univers où Chicago Fire existe, difficile de ne pas regretter l’absence de crossover, qui aurait renforcé la cohérence de l’univers One Chicago. Du côté des personnages, la disparition soudaine de Maggie laisse un vide. Après avoir été au cœur des intrigues syndicales de la saison précédente, son départ est expédié en une simple phrase. C’est frustrant de voir un personnage présent depuis le début être traité de cette manière. C’était déjà le cas avec le Dr Marcel en saison 10, mais Maggie méritait mieux. En résumé, ce premier épisode de la saison 11 de Chicago Med oscille entre bonnes intentions et maladresses. 

L’intrigue autour de Hannah et Archer pourrait être riche, mais elle risque aussi d’alourdir la série avec des détours soap qui détournent du cœur médical. À l’inverse, les histoires de Lenox et du Dr Charles rappellent pourquoi cette série a su marquer les spectateurs : en traitant la médecine comme un miroir des fragilités humaines. Après une saison 10 en manque de souffle, cet épisode signe un retour correct mais prudent. Pas de grande audace, pas de véritable coup d’éclat, mais une volonté perceptible de retrouver un équilibre entre vie personnelle des médecins et cas médicaux marquants. Reste à savoir si la suite de la saison 11 saura maintenir ce cap ou retomber dans les travers déjà trop visibles par le passé.

 

Note : 5/10. En bref, après une saison 10 en manque de souffle, cet épisode signe un retour correct mais prudent. 

 

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 1), Chicago Fire (Saison 14, épisode 1), Chicago PD (Saison 13, épisode 1)

Chicago Fire // Saison 14. Episode 1. Kicking Down Doors.

 

La saison 14 de Chicago Fire a enfin débuté avec l’épisode Kicking Down Doors”. Après un final de saison 13 qui s’achevait sur une révélation importante – Stella annonçant sa grossesse à Severide – on pouvait s’attendre à voir la série construire sur cette base et c’est tout de même la seconde histoire de grossesse dans One Chicago. Pourtant, à peine le temps de s’installer dans cette nouvelle saison que la nouvelle est balayée : Stella n’est plus enceinte. Cette décision narrative surprend, mais pas dans le bon sens. Là où la fin de la saison 13 donnait un souffle nouveau au couple et ouvrait une perspective différente, la saison 14 casse tout dès ses premières minutes. 

 

Cela ressemble davantage à un effet de manche qu’à un vrai choix scénaristique. On se retrouve avec une intrigue qui aurait pu enrichir les personnages, mais qui est évacuée trop vite pour laisser place à une nouvelle direction. Depuis des années, Stellaride est au cœur de la série. Leurs hauts et leurs bas avaient trouvé une stabilité, et l’idée de les voir fonder une famille semblait logique après tant d’épreuves traversées. Au lieu de cela, on assiste à une frustration partagée : Stella garde sa colère en elle, ce qui se répercute sur son attitude au travail, et Severide tente de maintenir le cap. Ce traitement crée une dynamique intéressante, mais elle repose surtout sur une déception. 

Plutôt que de montrer comment le couple évolue dans la joie, on nous replonge dans le drame, ce qui donne l’impression que Chicago Fire refuse à ses personnages toute progression durable. L’arrivée de Terry, qui propose au couple d’accueillir un adolescent en difficulté, montre que les scénaristes veulent tout de même explorer la question de la parentalité. Mais cette piste arrive trop tôt après l’annonce de la fausse couche. Cela sonne plus comme une solution de repli que comme une construction naturelle. À côté de cela, l’épisode introduit Sal Vasquez, le nouveau pompier de la caserne 51. Comme souvent dans la série, le personnage est entouré de mystère et affiche une personnalité provocante : impulsif, peu respectueux des règles, et déjà source de tensions.

 

Le problème, c’est que ce schéma a déjà été répété plusieurs fois. On a connu des recrues difficiles, des collègues imprévisibles, des personnalités trop fortes pour l’équilibre de l’équipe. À ce stade, le spectateur n’est plus surpris, mais fatigué de voir la même mécanique rejouée. Vasquez pourrait s’imposer si son développement était réellement original, mais pour le moment, il ressemble à un simple remplacement de Carver, parti à la fin de la saison précédente. L’épisode laisse aussi entrevoir le futur départ de Ritter. L’histoire est amorcée par la réapparition de son ex, Dwayne, hospitalisé après une fusillade. Ces retrouvailles ouvrent la voie à une possible réconciliation, et donc à une sortie positive pour Ritter, qui pourrait choisir de partir à New York pour reconstruire sa vie.

C’est une approche plus humaine que certains départs expédiés par le passé, mais on ne peut s’empêcher de sentir que la série enchaîne trop vite les arrivées et les départs. Cela fragilise le sentiment de famille qui était pourtant l’un des piliers de Chicago Fire. L’autre partie de l’épisode met en avant la transition de Mouch vers son rôle de lieutenant, face à un Herrmann réticent à lui céder son bureau. Ce conflit est traité comme un ressort comique, mais il dure trop longtemps et rend Herrmann plus agaçant que touchant. Au lieu de mettre en valeur leur amitié et l’importance du changement de rôle, la série transforme cette intrigue en querelle puérile. 

 

Un choix qui affaiblit le propos, alors qu’il aurait pu s’agir d’un moment fort sur la transmission et l’évolution des personnages historiques. En parallèle, l’épisode met en lumière un problème plus large : les restrictions budgétaires qui frappent Chicago. Moins de moyens pour le 911, des renforts de police introuvables, et une ville qui plonge dans le chaos. Ce contexte est intéressant car il reflète des enjeux réels, mais le traitement reste lourd et peu subtil. On a plus l’impression d’assister à un exposé politique qu’à une intrigue organiquement intégrée à la vie de la caserne. Cela risque de détourner une partie du public, attachée avant tout aux personnages et aux interventions de terrain.

En définitive, ce premier épisode de la saison 14 laisse une impression mitigée. L’annonce de la grossesse de Stella, qui avait servi de conclusion à la saison précédente, est annulée d’un revers de main. Le nouveau pompier introduit des tensions, mais sur un modèle déjà vu. Ritter prépare son départ sans véritable émotion, et la rivalité entre Herrmann et Mouch sonne creux. Ce qui ressort surtout, c’est une série qui peine à surprendre. Il reste encore du temps pour redresser la barre au cours de la saison, mais ce premier épisode n’a pas posé les bases d’une intrigue forte. Plus qu’un lancement, il ressemble à un passage obligé, qui prépare des départs et introduit des éléments politiques, sans jamais trouver de vrai équilibre.

 

Note : 3.5/10. En bref, ce premier épisode de la saison 14 laisse une impression mitigée. Après plus de dix ans d’existence, Chicago Fire continue d’alterner entre drames personnels et urgences spectaculaires, mais sans réussir à insuffler un souffle nouveau.

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 1), Chicago Fire (Saison 14, épisode 1), Chicago PD (Saison 13, épisode 1)

Chicago PD // Saison 13. Episode 1. Consequences.

 

La saison 13 de Chicago PD s’ouvre sur un climat particulier, presque en suspens. Le final de la saison 12 avait laissé l’équipe éclatée, Hank Voight affaibli et l’avenir d’Intelligence plus que jamais incertain. Cet épisode 1, intitulé “Consequences”, reprend le fil un mois plus tard et installe un décor où chaque personnage tente de garder la tête hors de l’eau, chacun à sa manière. C’est une reprise qui ne cherche pas à en mettre plein la vue mais qui prend le temps de montrer ce que signifie, pour Voight et ses proches, de continuer à exister malgré les décisions politiques et les sanctions internes. On retrouve Voight, seul, enfermé dans une routine presque mécanique. 

 

Les premières scènes, très silencieuses, donnent le ton : un homme en retrait, rongé par le doute, mais encore attaché à son unité qu’il voit se déliter. Ce choix narratif m’a semblé intéressant car il contraste avec la dynamique plus nerveuse de certains précédents épisodes, comme le 19 de la saison 12 qui mettait en avant Kiana Cook et laissait entrevoir une équipe soudée. Ici, au contraire, tout est morcelé. Ce qui frappe dans ce premier épisode, c’est l’état d’éclatement d’Intelligence. Atwater patrouille toujours, Torres se retrouve isolé, Burgess et Ruzek vivent une suspension difficile à supporter, et Kiana, que l’on avait appris à apprécier, a définitivement rejoint le 17e district. 

 

Le vide laissé par son départ est perceptible, non pas dans de grands discours, mais dans les silences et les non-dits. Cette manière de montrer la transition m’a semblé plus réaliste que d’autres changements de casting dans la série. Chicago PD n’efface pas Kiana mais choisit une sortie cohérente : elle ne disparaît pas du jour au lendemain, elle est juste ailleurs, contrainte d’avancer. Et paradoxalement, cela renforce l’attachement que j’ai pour elle, car la série prend en compte la logique institutionnelle derrière le destin des personnages. L’autre point marquant de cet épisode est l’introduction d’Eva Imani, agent de l’ATF, qui croise la route de Voight lors d’une enquête liée à un trafic d’armes. 

 

Elle ne se présente pas comme une alliée facile. Au contraire, son attitude distante, presque hostile, déstabilise Voight et ses méthodes. J’ai trouvé ce choix audacieux car cela évite de tomber dans la redite d’un schéma classique où un nouveau personnage s’intègre trop vite. Imani se construit dès sa première apparition comme une figure indépendante, méfiante envers la police locale et focalisée sur son objectif. Pourtant, malgré sa résistance, quelque chose se crée dans ses interactions avec Voight et même, brièvement, avec Burgess et Ruzek. On sent qu’elle pourrait incarner un contrepoint intéressant, un peu comme Kiana avait réussi à le faire dans la saison précédente, mais avec une énergie différente : plus rugueuse, moins tournée vers l’esprit d’équipe, mais tout aussi investie.

 

Ce qui m’a le plus marqué dans ce season premiere, c’est la manière dont Voight est à la fois vulnérable et fidèle à lui-même. On le voit d’abord tenter de jouer la carte de la diplomatie avec le commandant Devlin, comme si l’expérience des derniers mois lui avait appris à faire profil bas. Mais très vite, il se rend compte que ses efforts ne suffisent pas. Le système bloque, l’autorité lui refuse son unité, et la criminalité continue de prospérer. C’est là que Voight renoue avec ce qu’il connaît le mieux : contourner les règles, trouver une faille, exploiter la moindre faiblesse de ses supérieurs. La scène où il met Devlin face à ses propres compromissions est typique de son style : il n’a pas changé, même si ses moyens se sont affinés. 

 

Cette ambivalence – entre un homme fatigué et un chef toujours prêt à frapper quand il est acculé – m’a semblé être le cœur de l’épisode. Un autre aspect que j’ai apprécié est la façon dont la série traite Burgess et Ruzek. Plutôt que de les montrer seulement frustrés, on les voit aussi dans leur intimité, confrontés à la banalité d’un quotidien sans badge. C’est une manière simple mais efficace de montrer à quel point leur identité est liée à leur travail. Quand Voight fait appel à eux, même officieusement, on comprend immédiatement leur soulagement de replonger, malgré les risques. Ce parallèle avec l’épisode 19 de la saison 12 est frappant : à l’époque, l’équipe fonctionnait presque en confiance, alors qu’ici, tout se joue en marge, dans l’ombre.

 

Au final, ce premier épisode ne cherche pas à résoudre tous les enjeux laissés en suspens. Il s’agit plutôt d’un point de départ, parfois hésitant, mais nécessaire pour installer une nouvelle dynamique. On sent que la saison va explorer le rapport de force entre Voight et Devlin, mais aussi la place d’Imani au sein de l’équipe. Est-elle une alliée provisoire ou une future pièce maîtresse ? J’ai apprécié cette ouverture car elle ne verse pas dans l’excès. On retrouve l’ADN de Chicago PD : des personnages en lutte, des dilemmes moraux et une tension constante entre justice et règles à suivre. Cet épisode 1 n’est pas spectaculaire, mais il est solide et ouvre des perspectives intéressantes. En cela, il réussit son rôle : donner envie de suivre la suite, en particulier pour voir comment Voight va maintenir son unité debout malgré tout.

 

Note : 6.5/10. En bref, ce premier épisode ne cherche pas à résoudre tous les enjeux laissés en suspens. Il s’agit plutôt d’un point de départ, parfois hésitant, mais nécessaire pour installer une nouvelle dynamique.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article