6 Novembre 2025
Joy et moi // De Tyler Perry. Avec Shannon Thornton, Brittany S. Hall et Aaron O'Connell.
Joy et Moi arrive sur Prime Video comme une comédie romantique et un drame de Noël, mais très vite, on comprend que le film va se dérouler sur un rythme tranquille, presque mollasson. Joy, assistante en stylisme à New York, semble avoir tout contre elle : son boss lui pique ses idées, sa vie amoureuse est un chaos. Après une humiliation monumentale, elle s’envole pour le Colorado, persuadée que son petit ami va la demander en mariage. Surprise : il se marie avec quelqu’un d’autre et Joy finit coincée dans une tempête de neige, traverse un lac gelé et s’en sort miraculeusement indemne. Oui, le maquillage reste parfait. Clairement, le film n’est pas du genre réaliste.
Au milieu des paysages du Colorado, Joy passe ses vacances avec un homme qu'elle considère comme "l'homme de sa vie". Bientôt, elle rencontre quelqu'un qui pourrait bien redéfinir ses idées sur la vie.
C’est là que Ridge entre en scène, un solitaire vivant en plein Colorado, qui la recueille dans sa cabane pour une semaine. L’idée de base aurait pu fonctionner : enfermer deux personnages opposés ensemble pour qu’ils se découvrent et s’apprennent mutuellement. Sauf que le scénario traîne en longueur. Les dialogues sont répétitifs et souvent trop longs, et le huis clos, censé créer de la tension et de l’intimité, finit par donner l’impression que le film stagne. Le contraste entre New York et la cabane isolée aurait pu être efficace, mais la neige artificielle et les décors simples enlèvent un peu de crédibilité.
Si le film n’a pas grand-chose à offrir côté intrigue, il se rattrape par ses acteurs principaux. Shannon Thornton apporte à Joy une fragilité crédible et une impulsivité touchante, tandis que Tosin Morohunfola, en Ridge, offre un contrepoids calme et posé. Ensemble, ils créent quelques moments de complicité qui donnent envie de continuer à regarder. La romance reste très classique, mais le film a le mérite de montrer une héroïne imparfaite qui apprend à s’aimer avant de tomber amoureuse. Malheureusement, tous les autres personnages sont juste là pour remplir l’espace. La meilleure amie apporte quelques touches d’humour, le boss est caricatural, et les collègues restent invisibles.
Cette concentration sur Joy et Ridge permet certes de suivre leur évolution, mais elle laisse le reste du monde du film vide et peu intéressant. Joy et Moi n’invente rien. Les situations improbables et les clichés sont nombreux : la cabane isolée, le lac gelé, les bottes qui tombent pile à la bonne taille… Tout ça rend le film un peu artificiel. Même si l’intention est de raconter une histoire douce sur la reconstruction et l’amour, le scénario manque de subtilité et de rythme. Les thèmes de la résilience et du contraste entre vie urbaine et rythme rural sont présents, mais traités en surface, sans profondeur. Le plus gênant dans le film est son rythme. Certaines scènes s’étirent sans nécessité, surtout celles à l’intérieur de la cabane.
L’attention du spectateur est mise à l’épreuve, et le temps de 106 minutes devient un peu longuet. Pourtant, quand le film se concentre sur les interactions entre Joy et Ridge, le récit retrouve un intérêt, mais c’est trop rare pour sauver complètement l’expérience. Malgré tout, il y a quelques moments honnêtes. Joy est maladroite, parfois agaçante, mais humaine. Shannon Thornton réussit à donner un peu de profondeur à son personnage, et certains passages sur la vulnérabilité et la reconstruction sont touchants. Le film ne transforme pas l’amour en solution magique, ce qui est appréciable. Ridge devient le miroir dont Joy a besoin pour évoluer, et leurs échanges offrent quelques instants crédibles et sensibles.
Au final, Joy et Moi n’est pas un film marquant. Les situations absurdes, le scénario linéaire et les personnages secondaires sous-développés pèsent lourdement. Cependant, les performances de Thornton et Morohunfola apportent assez de chaleur pour rendre l’expérience regardable. Le film peut séduire ceux qui veulent un moment léger et doux pour Noël, mais il reste très loin d’une comédie romantique mémorable. C’est un récit honnête, mais prévisible et parfois frustrant. Bref, si vous voulez passer un moment tranquille sur Prime Video, en acceptant que Joy survive à un lac gelé avec son maquillage intact et ses bottes parfaitement à sa taille, ce film peut faire l’affaire. Mais ne vous attendez pas à des surprises, ni à un grand chef-d’œuvre de Tyler Perry.
Note : 4.5/10. En bref, Joy et Moi n’est pas un film marquant. Les situations absurdes, le scénario linéaire et les personnages secondaires sous-développés pèsent lourdement.
Sorti le 5 novembre 2025 directement sur Amazon Prime Video
Joy et moi (ou Tyler Perry’s Finding Joy en VO) est le 4ème film écrit et réalisé par Tyler Perry cette année après Duplicity (disponible sur Amazon Prime Video), A bout (disponible sur Netflix) et Madea: Mariage exotique (disponible sur Netflix).
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