Critique Ciné : Tinsel Town (2025, direct to SVOD)

Critique Ciné : Tinsel Town (2025, direct to SVOD)

Tinsel Town // De Chris Foggin. Avec Kiefer Sutherland, Rebel Wilson et Derek Jacobi.

 

Les films de Noël passent souvent pour de petites bulles de légèreté : des histoires cousues main, pleines de bons sentiments, parfois kitsch, parfois attachantes, parfois juste passables. Tinsel Town, réalisé par Chris Foggin, s’inscrit clairement dans cette lignée mais tente quelque chose d’un peu différent : envoyer une star d’action cabossée dans un petit théâtre anglais pour jouer dans une pantomime de Cendrillon. Sur le papier, l’idée a du potentiel. Dans les faits, le film avance entre bonne volonté, moments amusants et un dernier acte qui se perd dans des détours dont il n’avait pas besoin. L’histoire suit Bradley, ancien roi du box-office, interprété par Kiefer Sutherland. 

 

Bradley Mack, une ex-star de films d'action à Hollywood se rend en Angleterre, espérant reconstruire son image en tant qu'acteur sérieux.

 

Après des années de comportement difficile et de choix douteux, sa carrière touche le fond. Son agent n’a plus rien d’autre à lui proposer qu’un contrat pour jouer dans une production locale, dans un village du nom de Stoneford. Bradley accepte, persuadé qu’il s’agit d’un rôle prestigieux dans un théâtre londonien. Évidemment, il se retrouve au milieu de décors modestes, d’acteurs passionnés mais loin d’Hollywood, et d’un spectacle qui n’a rien à voir avec Shakespeare : une pantomime familiale de Noël. Le film exploite bien le décalage entre ce comédien usé par son ego et un environnement où son statut ne signifie plus grand-chose. 

 

Certaines scènes fonctionnent grâce au ton moqueur posé au début : Bradley qui commande du sushi dans un pub local, qui découvre qu’en pantomime il faut jouer très fort, ou qui s’obstine à agir comme si une caméra filmait chacune de ses répliques. Ces passages donnent au film un rythme plaisant, presque nostalgique, comme les comédies britanniques des années 2000 qui savaient mettre en scène l’embarras avec affection. Ce qui tire vraiment Tinsel Town vers le haut, c’est Kiefer Sutherland lui-même. Le voir jouer un acteur grognon, blasé, qui doit soudain chanter, danser et sourire dans un spectacle de fin d’année, a quelque chose de rafraîchissant. Il met une vraie énergie dans ce rôle, et ça se sent. 

 

J’ai eu l’impression qu’il s’amusait à casser son image de héros sombre, et un film de Noël n’est pas le pire endroit pour tenter ça. Son jeu donne souvent un coup de fouet à des scènes qui, autrement, seraient assez basiques. Le reste du casting fait ce qu’il peut avec un script qui mélange comédie, romance, drame et même un détour par le tribunal. Rebel Wilson campe Jill, la chorégraphe de la troupe, qui doit supporter Bradley avant de finir malgré tout par croire en lui. Leur duo fonctionne par moments, même si le film essaie parfois trop fort de transformer leur relation en quelque chose de plus profond. 

 

Jill traîne un ex-mari violent, un sujet qui n’a pas vraiment sa place dans une comédie de Noël légère, surtout quand il arrive si tard dans le récit. Depuis le début, je suivais cette aventure théâtrale en imaginant une satire douce-amer sur la célébrité et la seconde chance. Ces sous-intrigues viennent casser cette dynamique. Là où Tinsel Town se perd un peu, c’est dans sa deuxième moitié. L’histoire commence de manière simple et efficace : une star arrogante dans un village accueillant mais têtu, des répétitions compliquées, une équipe qui finit par l’adopter, et une fille adolescente avec qui Bradley doit renouer le contact. Sauf qu’au lieu d’approfondir cette trame, le film ajoute des morceaux supplémentaires. 

 

L’ex violent, la romance forcée, les scènes juridiques, quelques conflits familiaux… À force d’empiler, l’ensemble s’éparpille. Je sentais que le film savait ce qu’il voulait être au départ, mais qu’il hésite à assumer la simplicité de son idée de base. Pourtant, il reste des moments sincères. La relation entre Bradley et sa fille Emma, jouée avec douceur par Matilda Firth, apporte un peu de gravité sans trop alourdir. Une scène avec un ancien acteur de pantomime, incarné par Derek Jacobi, est touchante et donne un vrai souffle au film : ce vieil artiste parle du théâtre comme d’un espace où tout le monde peut se réinventer. J’aurais aimé que Tinsel Town garde cette tonalité, ce mélange de nostalgie et de joie simple.

 

Visuellement, le film ne cherche jamais la sophistication. Il reste dans l’esthétique classique du film de Noël britannique : guirlandes omniprésentes, marchés de village, pulls moches mais chaleureux. Rien de marquant, mais une ambiance qui remplit le cahier des charges. La mise en scène reste fonctionnelle et se concentre surtout sur le jeu comique et les réactions des personnages. La musique, elle aussi, sert surtout de fond sonore à un récit qui préfère les dialogues aux grands élans émotionnels. Malgré tout, le numéro musical final, même un peu kitsch, apporte un sentiment de clôture qui correspond à ce que ce type de film promet : quelque chose qui ne change pas le monde mais qui laisse un sourire, même discret.

 

En sortant du film, je n’avais ni l’impression d’avoir vu une catastrophe, ni celle d’avoir assisté à une révélation. Tinsel Town est un film imparfait, parfois maladroit, parfois attachant. Il présente un concept amusant, un acteur principal pleinement investi, quelques scènes drôles et un décor qui respire l’esprit de Noël. Mais il se prend les pieds dans des intrigues secondaires inutiles qui le font dévier de sa trajectoire. Au final, Tinsel Town reste un film de Noël qui fait son travail sans vraiment briller. Une comédie qui aurait pu être plus solide si elle avait accepté de rester simple et centrée sur ce qu’elle fait le mieux : se moquer gentiment des egos hollywoodiens perdus dans un théâtre de village. Sans ça, le film avance en zigzag mais garde juste assez de charme pour ne pas perdre totalement son public.

 

Note : 4.5/10. En bref, Tinsel Town est un film imparfait, parfois maladroit, parfois attachant. Il présente un concept amusant, un acteur principal pleinement investi, quelques scènes drôles et un décor qui respire l’esprit de Noël. Mais il se prend les pieds dans des intrigues secondaires inutiles qui le font dévier de sa trajectoire. 

Prochainement en France en SVOD

 

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