Critiques Séries : All’s Fair. Saison 1. Episode 6.

Critiques Séries : All’s Fair. Saison 1. Episode 6.

All’s Fair // Saison 1. Episode 6. Divorce Is Like a Death.

 

L’épisode 6 de All’s Fair confirme une chose essentielle : la série refuse toute cohérence émotionnelle, et c’est précisément ce qui la rend déroutante. Après un épisode 5 qui tentait de donner un semblant de fragilité à Carrington, cet épisode casse cette approche d’un revers de main. Carr redevient aussitôt cette figure venimeuse et théâtrale qui semble écrite pour vivre dans l’excès permanent. Sarah Paulson n’a jamais reculé devant l’absurde, mais ici, son personnage atteint un point de rupture où chaque scène ressemble à un test de résistance. Cette semaine, tout gravite autour du divorce de Chase et Allura. L’enjeu juridique n’est finalement qu’un prétexte pour laisser éclater les tensions personnelles. 

 

Carrington, fidèle à elle-même, se sert de l’affaire comme d’un terrain de jeu pour régler de vieux comptes et nourrir sa fascination étrange pour Chase. Leur relation reste incompréhensible : attirance ? manipulation ? dépendance affective ? L’épisode ne tranche jamais, et ce flou volontaire renforce le malaise. Leur dynamique frôle parfois la parodie, surtout lorsqu’elle tente de façonner son image en ajustant sa coiffure ou en lui soufflant des stratégies émotionnelles grotesques. Chase, de son côté, prend enfin un peu d’épaisseur. Ce qui ressemblait jusqu’ici à un mannequin géant vaguement perdu dans une marée de procédures révèle des nuances inattendues. 

La manière dont il vacille dès qu’Allura ouvre la bouche montre à quel point leur histoire n’a jamais vraiment été réglée. Face à lui, Allura joue son jeu avec une fragilité nouvelle : la révélation de ses menstruations en pleine médiation, et donc de l’échec des embryons implantés, change tout. L’épisode transforme cet instant intime en une faille juridique et émotionnelle, rendant l’héroïne plus vulnérable que jamais. La série adore humilier ses personnages féminins pour explorer leur rapport au pouvoir, et cet épisode pousse l’idée encore plus loin. Alberta déterre un pan du passé d’Allura lié à son père disparu et à la maison de correction où elle a été envoyée adolescente. 

 

Ce trauma ressort soudain comme une pièce centrale de l’affaire, rappelant que la série se plaît à instrumentaliser la douleur féminine comme carburant narratif. La stratégie est discutable, mais elle propulse Allura dans une zone émotionnelle intéressante. Pendant tout ce chaos, Dina s’accroche à son rôle de matriarche du cabinet, jusqu’à ce qu’un appel du hospice l’arrache brutalement à la médiation. Ce départ forcé ouvre la porte à Emerald, bien décidée à faire bouger les lignes. Son énergie tranche avec la froideur habituelle des discussions juridiques : elle ose exposer des vérités interdites, mélange preuves illégitimes et colère sincère, et finit par faire vaciller toute la salle. 

Sa présence donne de la densité à un épisode dominé par les éclats d’humeur de Carrington. Et ces éclats atteignent leur apogée dans une scène qui marque l’épisode : la montée en tension, puis l’explosion totale de Carrington. L’implosion se transforme en performance hallucinée, où la table de médiation devient une estrade improvisée. Paulson joue ce moment sans filtre, donnant au personnage une dimension presque tragique. Carrington insulte, attaque, expose ses propres failles sans le vouloir. La scène reflète tout ce qu’All’s Fair fait depuis le début : naviguer entre sérieux et ridicule sans jamais choisir.

 

La fin de l’épisode surprend davantage encore. Là où tout laissait penser à une rupture définitive entre ces femmes, l’écriture opte pour une tentative de réconciliation. Carrington chute si bas que les autres finissent par tendre la main. Allura laisse entrevoir une forme d’empathie inattendue. Emerald propose un geste concret concernant l’avenir de sa fille. Cette douceur soudaine crée un contraste étrange avec l’agressivité qui a dominé l’épisode. Impossible de savoir si cette approche annonce une nouvelle dynamique ou si la série retombera dans l’excès dès la semaine suivante. Pendant ce temps, l’absence de Liberty se fait sentir. Son énergie aurait pu équilibrer cet épisode focalisé sur les blessures profondes des autres femmes. 

Et Dina, confrontée à la mort imminente de son mari, porte seule la seule émotion réellement ancrée dans la réalité. Glenn Close transforme chaque scène en espace suspendu, loin du tumulte artificiel du divorce Allura/Chase. Sa présence rappelle que la série pourrait atteindre une dimension plus subtile si elle acceptait parfois de ralentir. Cet épisode 6 laisse une impression étrange : plus abouti que certains, mais toujours prisonnier d’une écriture hésitante. La force du cast féminin reste le moteur principal de la série. L’affrontement entre Carrington et Allura structure l’épisode, mais la trajectoire d’Emerald et la douleur silencieuse de Dina lui donnent son relief.

 

Note : 5/10. En bref, cet épisode 6 laisse une impression étrange : plus abouti que certains, mais toujours prisonnier d’une écriture hésitante. Si la série cherche réellement à redéfinir ses héroïnes, ce passage chaotique pourrait marquer un tournant. Mais avec All’s Fair, impossible de s’avancer. La seule certitude, c’est que ces femmes n’ont pas fini de se déchirer ni de surprendre.

Disponible sur Disney+

 

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