Critiques Séries : All’s Fair. Saison 1. Episode 7.

Critiques Séries : All’s Fair. Saison 1. Episode 7.

All’s Fair // Saison 1. Episode 7. Letting Go.

 

Carrington - « What the fuck! If wanted music I would have hired Adele »

 

L’épisode 7 d’All’s Fair ressemble à une séance d’improvisation générale où chacun aurait oublié son texte mais décidé de faire comme si. On y sent la série en pleine crise existentielle, tentant simultanément de traiter du deuil, de la jalousie, du besoin d’appartenance, du divorce, de l’amitié toxique, des kilts écossais et d’un corps mort dans un lit. Oui, tout ça à la fois. On aurait presque envie de féliciter les scénaristes pour leur témérité… avant de se rappeler qu’il faudrait encore que tout ça ait un semblant de direction. Dina refuse la mort de Doug, et c’est sans doute la seule intrigue de l’épisode qui possède une colonne vertébrale. Elle garde le corps au lit, continue sa routine, et plonge dans un déni bien trop profond pour être ignoré. 

Si l’épisode tient à peu près debout, c’est grâce à elle — ou plutôt grâce à Glenn Close, qui arrive à jouer la détresse sans sombrer dans le grotesque, alors que le reste autour d’elle fait tout son possible pour l’y entraîner. Pendant que Dina s’effondre psychologiquement, la série semble tester différentes tonalités comme on essaie des vêtements : tragédie ? comédie ? absurdité ? satire ? On sent presque les scénaristes cocher des cases pour voir ce qui tient encore. Spoiler : rien ne tient vraiment, mais la chute est parfois divertissante. Le retour de Liberty se fait avec une grande révélation existentielle sortie d’un tiroir jamais ouvert : elle se sentirait exclue du groupe… parce qu’elle est britannique. 

 

Si l’épisode cherchait un prétexte pour créer du chaos supplémentaire, il l’a trouvé. Liberty devient une boule de nervosité ambulante, en quête de validation à chaque geste, mais toujours prête à se planter magistralement. Son arrivée en fanfare — littéralement, puisqu’elle débarque chez Dina avec des hommes en kilts jouant de la cornemuse — illustre bien l’énergie désordonnée de l’épisode. On rit, mais d’un rire un peu nerveux, parce que la scène n’a aucun sens narratif. Elle existe parce qu’il fallait remplir 45 minutes, manifestement. Carrington traverse l’épisode avec cette intensité mal calibrée qui semble écrite pour quinze genres différents. 

Sarah Paulson s’amuse, clairement, mais on a parfois l’impression que son personnage joue dans une autre série, et que personne n’a osé le lui dire. Sa rivalité avec Liberty atteint des sommets de puérilité, chaque regard rivalisant d’agressivité passive. Le combat pour être la meilleure amie de Dina devient un spectacle presque anthropologique. Est-ce intentionnel ? La série le sait-elle elle-même ? Mystère. Même le wake organisé par Carrington sent la tentative désespérée : élégance forcée, mise en scène bancale, ambiance mondaine inadaptée… C’est tellement à côté de la plaque que ça en devient fascinant. Un peu comme regarder quelqu’un essayer de réparer un vase cassé avec du gloss.

 

Pendant que Dina agonise intérieurement, Allura gère son divorce comme si elle animait une émission de télé-réalité. Elle traîne Chase dans une tournée d’excuses destinée à apaiser leurs anciennes flammes, ce qui pourrait être drôle si la série savait si elle veut être drôle. L’arrivée de Milan transforme tout ça en règlement de comptes théâtral : lui s’énerve, Chase bafouille, Allura tente la médiation… mais rien ne semble construit, ni pensé, ni même voulu. Une impression d’impro non maîtrisée flotte en permanence, comme si l’épisode avait oublié d’écrire cette storyline mais l’avait quand même tournée. 

Quand Dina finit par se laisser toucher par les mots d’Emerald sur l’énergie qui perdure après la mort, la série s’autorise un moment de sobriété bienvenue. Pas de musique à cordes dégoulinante, pas de caméra tremblotante : juste un échange simple et efficace. Ironiquement, c’est quand All’s Fair arrête de jouer à être tout à la fois qu’elle devient vraiment touchante. On dirait presque une série sûre d’elle. Ça dure environ trente secondes. Allura finit dans les bras de Chase. Oui, encore. Oui, malgré tout. C’est incohérent, mais l’épisode entier est incohérent, donc finalement… cohérent dans son incohérence.

 

Note : 2/10. En bref, l’épisode ressemble à une thérapie de groupe où chacun se chercherait soi-même, la série comprise. Et c’est peut-être ça le plus ironique : All’s Fair semble découvrir ce qu’elle veut être… en nous montrant 45 minutes de ce qu’elle ne veut clairement pas devenir.

Disponible sur Disney+

Disney+ a renouvelé All’s Fair pour une saison 2 (oui, oui !).

 

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