24 Novembre 2025
Tulsa King // Saison 3. Episode 10. Jesus Lizard.
SEASON FINALE
Il y a toujours un drôle de sentiment quand on referme une saison de Tulsa King : celui d’avoir passé un bon moment, tout en se demandant pourquoi la série ne vise jamais plus haut. Ce final de la saison 3, intitulé Dead Weight, ne déroge pas à la règle. Il n’est pas mauvais, loin de là. Il est même souvent divertissant. Mais il laisse derrière lui ce goût amer de rendez-vous manqué, ce sentiment persistant que l’on aurait pu assister à quelque chose de beaucoup plus marquant si la saison avait été mieux pensée, mieux équilibrée, plus cohérente dans ses ambitions. Ce n’est pas la première fois que la série me fait cette impression.
Depuis les premiers épisodes de la saison 3, on sent que Tulsa King avance à l’instinct, sans réelle direction, comme si elle improvisait à mesure que Dwight éructe, frappe ou charme son entourage. Dead Weight est la conclusion logique de cette dérive : un épisode qui clôt l’histoire, certes, mais qui manque d’impact, de tension et de véritable prise de risque. Pour un final, c’est regrettable. L’intrigue principale repose sur un enjeu simple : Jeremiah Dunmire détient Joanne, et Dwight doit la sauver. Rien d’autre ne vient nourrir l’épisode. Les intrigues secondaires sont soit évacuées, soit complètement ignorées, soit remisées dans un coin en attendant la saison 4.
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Ce choix pourrait fonctionner si le scénario poussait la confrontation à son paroxysme, si la résolution se révélait surprenante ou émotionnellement forte. Mais Tulsa King préfère jouer la carte de la facilité : beaucoup de discussions, quelques préparatifs répétitifs et un affrontement final qui arrive tard, et surtout trop facilement. Et c’est bien là le problème central de Dead Weight : Dwight gagne toujours. Sans payer le moindre prix. Peu importe la violence de ses adversaires, la gravité des enjeux ou la profondeur du chaos qui s’abat autour de lui, il traverse la saison indemne, presque invincible. À force, on ne ressent plus aucune tension.
On regarde les scènes d’action comme un rituel prévisible, une mécanique huilée où rien de grave ne peut arriver. On sait dès les premières minutes que Joanne s’en sortira, que Dunmire tombera, que Dwight repartira en patron. La série s’est enfermée dans une sorte de routine narrative qui lui enlève toute puissance dramatique. Le plus paradoxal, c’est que Tulsa King sait créer des moments enthousiasmants — quand elle veut. L’arrivée du personnage de Samuel L. Jackson, par exemple, a donné un vrai coup de fouet aux derniers épisodes. Son énergie, son humour et sa présence ont momentanément redynamisé une saison qui s’essoufflait.
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Dans Dead Weight, il continue d’apporter ce souffle que la série ne maîtrise plus vraiment seule. Mais même cette étincelle n’est pas assez exploitée. On sent que Tulsa King prépare déjà le terrain pour son spin-off annoncé à demi-mot, et cela finit par détourner l’attention du final lui-même. L’autre frustration majeure vient du traitement des personnages secondaires. Certains disparaissent littéralement sans explication, comme si la série les avait oubliés. D’autres, au contraire, réapparaissent trop brièvement pour justifier l’investissement émotionnel que la saison essayait tant bien que mal de construire. Cleo, Bevilaqua, Ray, Bodhi, Grace… tous ces arcs entamés, parfois prometteurs, se dégonflent.
Même Cole, censé incarner un parcours de rédemption, est finalement relégué à une simple révélation hors champ, sans participer réellement à la résolution. On peine à croire que les scénaristes pensaient réellement que cela suffirait. C’est dommage, car Tulsa King avait posé les bases d’une saison 3 nettement plus ambitieuse dans ses premiers épisodes. La montée en puissance de Dunmire, l’escalade de violence, les conflits politiques avec Thresher, l’ouverture vers un monde criminel plus vaste : tout semblait montrer que la série voulait élargir son univers et se donner de nouvelles perspectives. Mais, au fil des épisodes, cette ambition s’est diluée.
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Dead Weight en est la preuve finale : les pistes ouvertes ne sont pas refermées, les enjeux initialement posés sont minimisés, et l’épisode joue la carte du minimum syndical pour conclure. Reste malgré tout cette identité particulière qui fait queTulsa King, même quand elle déçoit, reste agréable à regarder. La série a cette façon bien à elle d’embrasser le chaos, de jouer avec ses excès, de traiter la criminalité comme une sorte de comédie absurde où les balles volent mais où tout le monde finit toujours par trinquer ensemble au bar. C’est peut-être ce qui sauve Dead Weight. L’épisode ressemble à ce que Tulsa King est devenue : un divertissement décomplexé, parfois incohérent, souvent brouillon, mais qui assume sa folie jusqu’au bout.
On pourrait lui reprocher de ne jamais aller plus loin, mais on ne peut pas nier qu’elle sait fournir une forme de plaisir immédiat que peu de séries osent revendiquer ainsi. Le problème, c’est qu’à force de se reposer sur ce charme étrange, la série finit par tourner en rond. Dead Weight avait l’occasion de briser ce cycle, de créer un moment fort, de bousculer Dwight ou de le mettre devant ses limites. Rien de tel ne se produit. Le final laisse tout le monde exactement là où ils étaient avant, comme si la saison entière n’avait été qu’une parenthèse. Pour une série qui semblait vouloir évoluer, grandir, étendre son univers et ses enjeux, c’est un constat amer.
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Et pourtant, malgré tout, j’attends encore la saison 4. Parce que Tulsa King a ce potentiel fou qui ne demande qu’à être exploité. Parce que Samuel L. Jackson ouvre une porte excitante. Parce que même dans ses faiblesses, elle reste attachante. Dead Weight n’est pas le final explosif qu’on espérait, mais c’est le miroir fidèle d’une saison 3 en demi-teinte : divertissante, parfois brillante, mais trop souvent confuse et trop rarement à la hauteur de ses ambitions.
Note : 5/10. En bref, un final solide… mais qui confirme les limites de cette saison. Tulsa King peut mieux faire. Elle l’a déjà fait. Et il serait temps qu’elle s’en souvienne.
Disponible sur Paramount+
Paramount+ n’a pas encore renouvelé Tulsa King pour une saison 4 à l’heure où j’écris ces lignes.
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