2 Décembre 2025
Wildcat // De James Nunn. Avec Kate Beckinsale, Lewis Tan et Rasmus Hardiker.
Vous reprendrez bien un peu de Kate Beckinsale cette année ? Elle a enchaîne les tournages de navets en direct to VOD à la vitesse de Buzz l’éclair. Après Pour Elle (Stolen Girl en VO sorti le 1er décembre 2025 en VOD en France) et avant The Patient (avec Ryan Philippe) voici Wildcat qui semble avoir pris la décision courageuse de creuser le sol pour aller voir ce qu’il existe en dessous du raté. Kate Beckinsale, qu’on avait connue énergique et magnétique à l’époque des Underworld, se retrouve ici coincée dans un projet qui ressemble à un exercice scolaire mal recopié sur un film de Guy Ritchie de 2002. Pire : un exercice scolaire qu’un élève aurait tenté de tricher en copiant dans le noir.
Une ancienne équipe d'opérations spéciales se réunit pour réaliser un braquage afin de sauver la vie de la fille de leur chef.
Le film démarre comme si quelqu’un avait perdu les premières pages du scénario, et qu’on avait décidé de tourner quand même. Ada, ex-militaire traumatisée, mère courage à la dérive et machine de guerre quand ça arrange le film, est censée porter l'intrigue. Mais comment porter quoi que ce soit quand l’écriture semble tenir elle-même avec du scotch ? Les scènes s’enchaînent sans logique, les motivations changent d’une minute à l’autre, et l’émotion disparaît dans un nuage de dialogues plats, hésitants, presque gênés. Là où ça devient franchement comique, c’est quand Wildcat tente de retrouver l'esprit de Guy Ritchie. Alors oui, on sent l’intention : gangsters qui parlent trop, ambiance sale de trottoir londonien, petits coups montés entre criminels au QI discutable.
Mais l’ensemble ressemble plus à une imitation faite par un admirateur myope qui aurait visionné Snatch une fois, un soir de gueule de bois. Les méchants sont ni drôles, ni menaçants, ni mémorables. Ils sont juste là, comme placés par un stagiaire décorateur qui aurait mal compris le brief. Et puis arrive James Nunn. Le réalisateur, spécialiste autoproclamé de l’action low-cost ― tu sais, ce genre de films où tu devines le budget rien qu’en regardant la façon dont la caméra évite les moments compliqués. Les scènes de fusillade n’ont ni souffle, ni style. Les scènes de combat font penser à une répétition filmée par erreur. Et le tout manque tellement d’imagination que même un tutoriel YouTube sur les secrets du montage dynamique ferait figure de chef-d’œuvre à côté.
Nunn est vraiment un réalisateur qui coche des cases comme on remplit une brochure de supermarché. Une scène sombre ? Coche. Un plan serré pour cacher les doublures ? Re-coche. Un faux twist censé surprendre alors que tout le monde l’a vu venir trois gares plus tôt ? Triple coche. Et quand une scène un peu risquée pointe le bout du nez, la caméra se détourne, comme gênée, préférant montrer un mur, une chaise, n'importe quoi d’autre que l’action qu’on nous vend depuis le début. Kate Beckinsale tente pourtant d’y croire. Elle y met de la volonté, de la détermination, presque de la naïveté. Mais comment briller quand chaque scène semble saboter la précédente ? Même les élans dramatiques sont étouffés par la mollesse générale.
L’intrigue principale, entre le kidnapping de sa fille, le passé amoureux recyclé, les bagarres dans le Londres souterrain, et les rencontres avec des criminels qui semblent échappés d’une parodie involontaire, s’effondre sous son propre poids. C’est simple : Wildcat veut raconter trop de choses et finit par ne rien raconter du tout. Le club BDSM apparaît, disparaît, revient, sans jamais servir à quoi que ce soit. La guerre des gangs ressemble à une querelle de voisinage qui aurait mal tourné. Et la psychologie des personnages se résume à : traumatisé, nerveux, énervé, confus. Dans n’importe quel ordre. Plus le film avance, plus l’impression se confirme : Wildcat ne sait pas ce qu’il veut être. Thriller ? Drame familial ? Action british nerveuse ? Série B assumée ? Aucune idée.
Le film change de ton comme un GPS en panne : recalcul permanent, mauvaise direction après mauvaise direction, jusqu’à ce qu’on finisse par fermer les yeux et attendre que ça passe. Même le final, censé être dramatique, arrive sans impact, comme si le film avait lui-même oublié de créer de l’enjeu. C’est une conclusion molle, prévisible, presque bâclée, qui reflète parfaitement la trajectoire entière du projet : un surplace maladroit qui tente régulièrement une impulsion mais n’ose jamais vraiment sauter. Au bout du compte, Wildcat n’est pas un mauvais film par accident. C’est un mauvais film par manque d’âme, de vision, d’envie.
Une sorte d’ombre de thriller, incapable de décider s’il veut être sérieux ou fun, réaliste ou absurde, tendu ou potache. C’est un film qui ne rate pas une occasion de se rater davantage, jusqu’à devenir involontairement drôle. Kate Beckinsale mérite mieux. Lewis Tan méritait au moins un film qui sache filmer ses compétences. Et James Nunn ― Hooligans 3 (2013), The Marine 5: Battleground (2017), The Marine 6: Close Quarters (2018) ou encore Shark Bay (2022) ― méritait peut-être un scénario terminé, ou un calendrier de tournage plus long que trois jours et demi.
Note : 2/10. En bref, Wildcat, au final, c’est un peu comme si quelqu’un avait tenté de fabriquer un film d’action avec une notice mal imprimée et des pièces manquantes. Ça bouge, ça parle fort, ça se bagarre un peu, mais rien n’a de poids, rien n’a de sens, et rien ne fonctionne. Un film nul à chier ? Oui. Mais avec une constance admirable.
Prochainement en France en SVOD
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