8 Décembre 2025
La saison 2 de R.I.P. propose deux épisodes qui poursuivent l’univers créé lors de la première saison. L’intrigue tourne toujours autour d’Anne-Lise Chardin, une mère célibataire qui a hérité de l’entreprise familiale de pompes funèbres. La série continue de mêler des enquêtes légères et des situations cocasses autour du monde funéraire, mais avec cette fois un accent sur les liens familiaux et les secrets bien gardés. Dans ces nouveaux épisodes, Anne-Lise jongle entre son rôle de dirigeante et sa curiosité maladive pour la vie des autres. La protagoniste, incarnée par Claudia Tagbo, conserve cette énergie qui rend ses scènes à la fois crédibles et amusantes.
La vie d’Anne-Lise bascule lorsque son père lui lègue à son décès la direction de la «Maison du deuil», la société de pompes funèbres qu’il a fondée. Elle qui avait tout fait pour s’éloigner de la ville de son enfance et surtout ce business morbide est comme rattrapée par le destin. Et alors qu’elle voyait cette responsabilité comme une charge, la mère célibataire va petit à petit se rendre compte que c’est peut-être l’opportunité pour elle de résoudre tous ses problèmes ! A commencer par son besoin maladif de s’immiscer dans la vie des gens. D’autant plus quand ces gens sont des clients endeuillés qui cherchent à résoudre leurs problèmes personnels. Pour cela, elle pourra compter sur l’aide de ses fidèles et atypiques employés et ainsi prouver au monde qu’il n’existe pas de mariage sans larmes et pas d’enterrement sans rires !
Sa manière de passer de l’exaspération à l’enthousiasme, souvent en quelques secondes, donne un rythme particulier à l’ensemble. L’oncle excentrique de la série, ainsi que ses employés, continuent d’apporter des touches comiques qui évitent que l’intrigue ne devienne trop sombre. La saison 2 se concentre sur la dimension humaine des personnages, plus que sur les enquêtes elles-mêmes. Anne-Lise doit faire face à des situations qui révèlent ses contradictions : elle est à la fois empathique et parfois trop intrusive. Ces épisodes permettent de mieux comprendre ses motivations et son attachement à son équipe. Les invités, comme Antoine Duléry et Philippe Lellouche, apportent des tensions dramatiques ponctuelles, mais sans alourdir la narration.
Le format de deux épisodes de 45 minutes maintient un rythme soutenu, même si certaines transitions dramatiques semblent parfois forcées. Les moments plus sensibles, liés aux drames familiaux ou aux difficultés personnelles des clients, sont abordés avec soin, mais ils manquent de profondeur. L’équilibre entre humour et émotion n’est pas toujours atteint, ce qui donne parfois l’impression que la série hésite entre plusieurs directions. Ce qui rend R.I.P. agréable à suivre, c’est avant tout son casting. Claudia Tagbo reste le pivot central, capable de porter des scènes comiques comme des moments plus intimes.
Les interactions avec Pascal Légitimus et Guy Lecluyse, qui jouent respectivement l’oncle bourru et l’employé maladroit, créent des échanges naturels et souvent amusants. Les personnages secondaires ne sont pas simplement décoratifs : chacun a son rôle dans l’histoire et contribue à maintenir l’équilibre de la narration. Le casting invité de ces épisodes ajoute de la densité à l’intrigue. Duléry, en figure paternelle, et Lellouche, en allié ambigu, enrichissent les histoires personnelles des protagonistes. Ces apparitions sont utiles pour créer des tensions et introduire de nouveaux enjeux, même si elles n’apportent pas toujours de surprise majeure.
R.I.P. reste une comédie noire où l’humour découle de situations improbables autour de la mort et des obsèques. Certaines scènes fonctionnent très bien, avec des dialogues et des situations qui provoquent des rires sincères. D’autres moments, en revanche, reposent sur des clichés classiques : la mère débordée, le collaborateur gaffeur, ou l’oncle excentrique. Ces éléments, déjà vus dans d’autres comédies, rendent certains passages prévisibles. Les moments comiques visuels, comme des quiproquos lors des funérailles, restent l’âme de la série. Toutefois, l’humour n’est pas constant, et certaines séquences sentimentales ou dramatiques peuvent ralentir le rythme, créant des ruptures dans la fluidité de la narration.
Le mélange des genres – comédie, drame social, enquête légère – est intéressant sur le papier, mais pas toujours réussi à l’écran. Si j’apprécie l’humour et la dynamique des personnages, je regrette tout de même des dialogues faibles et des situations prévisibles. Mon intérêt pour R.I.P. repose surtout sur les acteurs et à l’aspect comédie légère, plutôt qu’à l’intrigue ou aux enquêtes. L’énergie de Claudia Tagbo et la construction choral des personnages secondaires est la plus intéressante réussite de la série. Cependant, le côté prévisible de l’ensemble a tendance à tirer la série vers le bas. De plus, on sent que R.I.P. a du mal à maintenir un ton équilibré entre comédie et drame.
La saison 2 de R.I.P. montre que la série peut être à la fois drôle et sensible. Les deux épisodes sont capables de susciter des rires sincères et de faire réfléchir sur les relations humaines et les secrets de famille. Mais pour atteindre son plein potentiel, la série gagnerait à travailler ses dialogues et à affiner ses transitions entre humour et émotion. R.I.P. ne se présente pas comme une comédie révolutionnaire, ni comme un polar intense. Elle se positionne plutôt comme une exploration légère des relations humaines dans un cadre original. Anne-Lise et son équipe continuent de surprendre par leur dynamique, même si certaines situations tombent à plat ou semblent attendues. La série reste néanmoins agréable pour une soirée télé où l’objectif principal est de se divertir.
La saison 2 offre donc un mélange de scènes cocasses et de moments plus sérieux. La performance de Claudia Tagbo et la qualité du casting secondaire suffisent à maintenir l’intérêt, mais certains choix scénaristiques laissent penser que les auteurs ont hésité entre différents genres. Malgré ces limites, la série conserve une identité propre et reste à suivre pour les amateurs de comédie teintée de drame. En résumé, la saison 2 de R.I.P. se regarde avec plaisir, même si elle ne surprend pas toujours. Elle propose des situations originales et un univers visuel travaillé, porté par un casting solide. Ces deux épisodes confirment que la série mérite une attention, tout en laissant une impression de potentiel encore inexploité. Les prochaines diffusions permettront de savoir si l’humour et l’émotion finiront par mieux s’harmoniser, mais pour l’instant, le mélange reste inégal mais parfois réussi.
Note : 5/10. En bref, la saison 2 de R.I.P. se regarde avec plaisir, même si elle ne surprend pas toujours. Elle propose des situations originales et un univers visuel travaillé, porté par un casting solide. Ces deux épisodes confirment que la série mérite une attention, tout en laissant une impression de potentiel encore inexploité.
Disponible sur TF1+ et diffusé sur TF1 le 8 décembre 2025
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