16 Janvier 2026
Hijack // Saison 2. Episode 1. Signal.
La saison 2 de Hijack s’ouvre avec un changement de décor immédiat. Fini le huis clos aérien, place aux couloirs souterrains de Berlin. L’épisode 1 installe son intrigue dans un environnement froid, presque hostile, où la neige et les rues gelées servent de toile de fond à une tension latente. Sam Nelson apparaît dès les premières minutes dans une gare, visiblement marqué par ce qu’il a vécu auparavant. Le cadre est posé : cette nouvelle saison ne cherche pas à répéter exactement la précédente, mais à déplacer ses enjeux. Le métro devient rapidement un espace chargé de souvenirs pour Sam. Le trajet qu’il s’apprête à emprunter n’a rien d’anodin, et l’atmosphère contribue à un malaise diffus.
Le personnage semble sur le qui-vive, observateur, presque fermé aux interactions. Une rencontre avec Mei Tan, ancienne stagiaire croisée par le passé, apporte un bref moment de normalité, sans pour autant dissiper l’impression que quelque chose ne tourne pas rond. Ce genre de détail donne le sentiment que chaque échange compte, même lorsqu’il paraît anecdotique. En parallèle, l’épisode prend le temps de montrer ce qui se passe hors du train. Une opération policière vise un lieu suspect, avec du matériel électronique et des éléments laissant penser à une infiltration du réseau de transport.
Cette alternance entre le métro et l’enquête extérieure crée un rythme particulier, basé davantage sur l’attente que sur l’action immédiate. Le spectateur sait que la situation va dégénérer, mais ignore encore comment et à quel moment précis. À bord du train, plusieurs figures attirent l’attention. Un conducteur nerveux, Otto, semble dépassé par les événements. Des passagers aux comportements ambigus alimentent les soupçons, notamment un homme portant un sac volumineux et dissimulant son visage. Sam, fidèle à ce que la série a déjà montré de lui, analyse chaque détail. Cette vigilance constante devient un moteur narratif, mais aussi une source de malaise, car certaines réactions paraissent excessives.
L’intervention de la police à la suite du signalement de Sam constitue un moment clé de l’épisode. Le contrôle tourne court, et les soupçons se révèlent infondés. Cette séquence laisse un goût amer et met en lumière des mécanismes de méfiance qui dépassent le simple cadre du thriller. L’épisode joue clairement avec les attentes, poussant à s’interroger sur ce qui est réellement dangereux et sur la facilité avec laquelle des conclusions hâtives peuvent être tirées. Pendant ce temps, la situation technique se complique. Otto quitte momentanément son poste, visiblement en proie au doute, et tente de joindre un contact dans les tunnels.
Son comportement intrigue, d’autant plus qu’il est question d’une suspension passée et d’un remplacement imminent. Lorsqu’il choisit finalement de ne pas s’arrêter comme prévu, la tension monte d’un cran. Le train accélère, les portes restent closes, et le sentiment de perte de contrôle devient concret. C’est à ce moment que Hijack retrouve une dynamique plus familière. Sam cherche à intervenir, à comprendre ce qui se joue réellement aux commandes. L’épisode montre alors comment un simple trajet urbain peut basculer en situation critique. Le sabotage des rails, les communications coupées et la confusion générale transforment le métro en piège mouvant.
La mise en scène insiste sur les regards, les silences et les réactions plutôt que sur de longues explications. Le véritable basculement arrive dans les dernières minutes. Là où l’épisode semblait suivre un schéma connu, une révélation vient modifier la lecture de tout ce qui précède. Sam ne se contente pas de réagir aux événements : il en fait partie intégrante. Cette révélation donne un autre sens à ses choix, à ses signalements et à son attitude distante depuis le début. L’épisode se termine sur une question centrale, sans chercher à y répondre immédiatement. Cet épisode 1 de la saison 2 remplit avant tout une fonction d’installation. Le récit avance prudemment, en multipliant les indices et les fausses pistes.
Le rythme peut sembler lent par moments, mais cette lenteur sert à construire un climat d’incertitude. Le métro, avec ses stations et ses tunnels, devient un terrain de jeu narratif efficace, différent de l’avion de la première saison, mais tout aussi propice à l’enfermement et à la tension. Au final, ce lancement ne cherche pas à impressionner par l’action, mais à repositionner les personnages et les enjeux. L’impression laissée est celle d’un début volontairement opaque, qui demande de la patience. Les réponses viendront plus tard, mais la promesse est claire : Hijack souhaite explorer une nouvelle facette de son univers, en prenant le temps de brouiller les pistes avant d’accélérer.
Note : 6.5/10. En bref, un démarrage sous tension dans le métro berlinois.
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