22 Janvier 2026
Hijack // Saison 2. Episode 2. Control.
Avec l’épisode 2 de la saison 2, Hijack entre dans une phase plus délicate. Après une mise en place volontairement opaque dans le premier épisode, intitulé ici « Control », la série choisit de ralentir encore le rythme pour développer ses enjeux. Ce choix peut diviser. L’épisode se concentre davantage sur l’attente, la négociation et les positions de chacun que sur l’action pure, ce qui donne parfois l’impression d’un récit figé, à l’image du train immobilisé au cœur de Berlin. L’idée centrale de cet épisode repose sur la révélation des motivations de Sam Nelson. Le personnage incarné par Idris Elba clarifie enfin ses exigences : retrouver John Bailey-Brown, figure liée aux événements de la première saison.
Ce lien direct avec l’arc précédent donne une cohérence à l’ensemble, mais souligne aussi que cette nouvelle prise d’otages est moins improvisée qu’il n’y paraît. Sam n’agit pas par goût du chaos, mais par obsession, convaincu qu’aucune autre méthode ne lui permettra d’atteindre sa cible. Cette révélation structure tout l’épisode, sans pour autant faire avancer significativement l’intrigue. Le train reste bloqué, les passagers attendent, les autorités tergiversent. Une certaine ironie se dégage de cette situation : un épisode centré sur un moyen de transport à l’arrêt, dans une série dont le concept repose sur la tension du mouvement et du temps limité. Cette immobilité narrative finit par se ressentir, surtout sur la durée.
Du côté du centre de contrôle, plusieurs personnages gagnent en épaisseur. La cheffe de la police berlinoise, Ada Winter, impose une présence calme et méthodique, contrastant avec la nervosité de certains membres de son équipe. L’arrivée d’un agent britannique plus opaque, visiblement habitué aux jeux d’influence, ajoute une dimension politique à la gestion de la crise. Ces échanges donnent de la crédibilité aux décisions prises, évitant l’écueil d’autorités caricaturales ou incompétentes. L’épisode prend également le temps de reconnecter certains personnages secondaires à l’intrigue principale. Olivia, déjà connue de la première saison, comprend progressivement que Sam est au centre de la situation.
Cette prise de conscience permet aux autorités de mieux cerner l’homme qu’elles affrontent, même si cela ne modifie pas immédiatement l’équilibre des forces. Sam garde une longueur d’avance, ou du moins donne l’impression de la conserver. À bord du train, la relation entre Sam et le conducteur Otto devient plus inconfortable. Une distinction claire s’installe entre les deux hommes : l’un agit par conviction personnelle, l’autre par intérêt financier. Cette différence de motivation fragilise leur alliance. Otto apparaît de plus en plus hésitant, presque dépassé par l’ampleur des conséquences. Cette tension interne apporte un peu de relief à un épisode qui en manque parfois. Les passagers, longtemps relégués à l’arrière-plan, commencent timidement à exister.
L’un d’eux, plus impulsif, remet en question les décisions prises et devient malgré lui un élément central du plan de Sam. Cette utilisation d’un civil comme levier dramatique pose question. Le procédé fonctionne sur le plan de la tension immédiate, mais repose largement sur la peur plutôt que sur une stratégie réellement élaborée. Le climax de l’épisode mise tout sur cette menace supposée. Une valise, un compte à rebours, des forces spéciales en alerte, des écrans de surveillance braqués sur une seule personne. La mise en scène est maîtrisée, mais l’impact émotionnel reste limité par un sentiment persistant : difficile de croire que Sam irait jusqu’au bout. L’ambiguïté morale est entretenue, mais sans véritable prise de risque, ce qui affaiblit légèrement la conclusion.
Lorsque les écrans s’éteignent brutalement, l’épisode cherche à provoquer un choc. Pourtant, le doute s’installe immédiatement sur la réalité de ce qui vient de se produire. Cette fin laisse davantage de questions que de réponses, mais sans le vertige narratif espéré. Elle ressemble davantage à un moyen de relancer artificiellement la tension qu’à un tournant décisif. Au final, l’épisode 2 de la saison 2 de Hijack ressemble à un long moment suspendu. Les bases sont solides, les acteurs investis, la réalisation soignée, mais le scénario avance à petits pas. L’impression dominante reste celle d’un contenu étiré, avec peu d’événements majeurs sur une durée conséquente.
Cet épisode fonctionne surtout comme une pièce intermédiaire, nécessaire pour poser les enjeux futurs, mais frustrante prise isolément. La suite devra rapidement justifier ce rythme en apportant des développements plus consistants. Sans cela, la série risque de transformer sa montée en tension en simple attente prolongée. Pour l’instant, Hijack maintient l’intérêt sans réellement le relancer, en espérant que les prochains épisodes sauront exploiter ce qui a été patiemment mis en place.
Note : 4.5/10. En bref, cet épisode fonctionne surtout comme une pièce intermédiaire, nécessaire pour poser les enjeux futurs, mais frustrante prise isolément. La suite devra rapidement justifier ce rythme en apportant des développements plus consistants.
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