21 Février 2026
Pavane // De Jong-pil Lee. Avec Ko Ah-Sung, Sang-min Moon et Yo-han Byun.
Avec Pavane, le réalisateur Lee Jong-pil propose un drame romantique sud-coréen adapté de Pavane for the Dead Princess. Le film réunit Go Ah-sung, Moon Sang-min et Byun Yo-han dans un récit centré sur trois âmes solitaires qui travaillent dans le même grand magasin à Séoul. Avec une durée de 1h53, Pavane prend son temps. Peut-être un peu trop. Le film se déroule principalement dans un grand magasin et dans son parking souterrain. Ce décor n’est pas anodin : ces espaces fermés, presque hors du monde, reflètent bien l’état d’esprit des personnages. Mi-jeong travaille au sous-sol et évite de se faire remarquer.
Trois personnes solitaires qui travaillent dans le même grand magasin trouvent du réconfort en compagnie les unes des autres tout en explorant les liens et la nature de l'amour.
Gyeong-rok occupe un emploi dans le parking tout en essayant de poursuivre un rêve lié à la danse. Yo-han, plus sociable en apparence, observe et gravite autour d’eux. Au début, rien n’indique que Pavane va devenir un film romantique. L’histoire semble plutôt s’orienter vers un portrait social de jeunes adultes un peu perdus. Puis, progressivement, une relation se tisse entre Mi-jeong et Gyeong-rok. Leur romance ne passe pas par de grandes déclarations. Elle s’installe dans les silences, les regards, les gestes retenus. Cette approche minimaliste fonctionne par moments. L’amour naît de manière discrète, presque fragile. Il n’y a pas d’effet spectaculaire, pas de transformation radicale. Le film choisit la retenue.
Mi-jeong est clairement le centre émotionnel de Pavane. Elle vit avec un fort sentiment d’auto-jugement et de doute. Le film montre aussi la pression sociale qu’elle subit en raison des standards de beauté encore très présents. Plutôt que de la faire passer par une transformation extérieure ou un relooking artificiel, le scénario s’attarde sur son évolution intérieure. Go Ah-sung livre une performance nuancée. Son jeu repose beaucoup sur les regards, les hésitations, les silences. Elle parvient à rendre visibles les conflits intérieurs de son personnage sans en faire trop. C’est sans doute l’un des points forts du film. Gyeong-rok, interprété par Moon Sang-min, apporte une douceur mêlée à une certaine maladresse.
Il est sincère, parfois un peu à côté de la plaque. Cette imperfection le rend crédible. La relation qu’il construit avec Mi-jeong paraît naturelle, jamais forcée. Quant à Byun Yo-han, il incarne Yo-han, personnage à la fois charismatique et profondément seul. Son rôle est plus complexe qu’il n’y paraît. Il agit comme un lien entre les deux autres, tout en gardant une distance. Par moments, son regard presque extérieur donne au film une touche légèrement irréelle. Mais cette présence peut aussi casser le rythme de la romance quand elle commence à prendre forme. L’idée de départ de Pavane est solide : montrer comment trois personnes isolées se rencontrent, s’influencent et se transforment lentement.
Le film parle d’estime de soi, de solitude, d’amitié et de désir d’être choisi malgré ses failles. Cependant, l’exécution pose problème. La narration multiplie les allers-retours émotionnels sans toujours clarifier les liens entre les personnages. Dans la seconde moitié, le film donne parfois l’impression de tourner en rond autour des mêmes tensions amoureuses. Cette répétition crée une sensation de stagnation. Le développement des personnages existe, mais il reste limité. Il n’y a pas de véritable bascule. Pas de changement profond qui viendrait bouleverser leur trajectoire. Tout reste dans une zone intermédiaire. Ce choix peut sembler réaliste, mais il finit par affaiblir l’impact global.
Visuellement, Pavane adopte une palette sobre, presque vintage. Le parking souterrain devient un symbole fort : un lieu où l’on se cache, loin des regards. La mise en scène est simple, élégante, sans effets inutiles.
La musique classique utilisée à certains moments apporte une vraie sensibilité à certaines scènes. Le fond musical soutient l’émotion au lieu de la forcer. Sur le plan technique, le film est maîtrisé. Direction d’acteurs, photographie, ambiance sonore : tout est cohérent. Le problème ne vient pas de la forme, mais du rythme. Le film avance lentement, et cette lenteur peut devenir pesante. Certaines transitions paraissent abruptes, d’autres trop étirées.
Il y a des moments de sincérité touchante, puis d’autres où l’attention décroche. La dernière partie du film bascule vers une tonalité plus tragique. Cette orientation cherche à provoquer une émotion plus forte, mais elle paraît un peu forcée. Là où le film brillait par sa retenue, il choisit soudain d’insister davantage sur la douleur. Cette décision laisse un sentiment partagé. L’émotion est présente, mais elle manque de subtilité comparée au reste du film. Le contraste entre la délicatesse du début et l’intensité finale crée un déséquilibre. Pavane est un film sincère sur la solitude, le manque de confiance en soi et la difficulté d’ouvrir son cœur. Il évite les clichés trop faciles et prend le temps d’installer ses personnages.
Les performances sont solides, notamment celle de Go Ah-sung. La mise en scène est soignée, la musique bien intégrée. Mais le film souffre d’un rythme trop lent et d’une écriture qui n’exploite pas tout son potentiel. L’histoire a de la matière, pourtant elle donne parfois l’impression de rester inachevée. L’émotion fonctionne par touches, sans jamais vraiment exploser. Pour les amateurs de drames romantiques coréens intimistes, Pavane peut offrir quelques beaux moments. Pour d’autres, la lenteur et le manque d’évolution marquée risquent de frustrer. Ce n’est pas un mauvais film. C’est un film fragile, qui cherche la justesse mais qui ne parvient pas toujours à l’atteindre.
Note : 6/10. En bref, pour les amateurs de drames romantiques coréens intimistes, Pavane peut offrir quelques beaux moments. Pour d’autres, la lenteur et le manque d’évolution marquée risquent de frustrer.
Sorti le 20 février 2026 directement sur Netflix
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