11 Février 2026
Pose // De Jamie Adams. Avec James McAvoy, Lucas Bravo et Aisling Franciosi.
Sans détour, Pose, prend le spectateur… pour un con. Présenté comme un thriller psychologique arty avec James McAvoy en tête d’affiche, le long-métrage installe son décor dans un manoir anglais chic, avec artistes tourmentés et lumière tamisée. Sur le papier, l’idée pouvait intriguer. À l’écran, l’ennui s’installe très vite et ne bouge plus. L’an dernier, le cinéma français a utilisé cette thématique de deux familles qui ont réservé accidentellement la même maison et vont alors devenir cohabiter dans la comédie Vacances forcées (avec Clovis Cornillac et Bertrand Usclat). Les américains partent sur la même thématique mais avec l’angle du thriller psychologique (de pacotille).
Deux couples réservent accidentellement la même maison à la campagne pour un week-end et découvrent que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être.
L’histoire tient sur un coin de table. Peter (Lucas Bravo), photographe branché, et Patricia (Aisling Franciosi), chanteuse pop à l’image soigneusement calibrée, s’isolent dans une demeure luxueuse pour tourner des visuels d’album. L’ambiance est censée être créative, inspirée, presque mystique. En réalité, cela ressemble surtout à une publicité interminable pour bougies parfumées et canapés vintage. Le séjour devait être intime. Évidemment, il ne l’est pas. Thomas (James McAvoy) et Jemima (Almudena Amor) débarquent sans prévenir et transforment ce week-end arty en pseudo jeu psychologique. Le film insiste lourdement sur la tension entre les deux couples.
Les regards sont appuyés, les silences interminables, les dialogues prononcés comme s’ils cachaient une vérité explosive. Problème : il n’y a pas grand-chose à découvrir. Les conversations donnent souvent l’impression d’avoir été improvisées sans direction claire. Les personnages parlent beaucoup, mais pour ne rien dire. Chaque phrase semble vouloir paraître profonde. Aucune ne l’est vraiment. Le scénario traite le moindre sous-entendu comme un secret d’État, alors qu’il s’agit surtout d’échanges creux qui tournent en rond. Le film multiplie les effets de style. Des personnages immobiles dont la voix continue hors champ, des coupes abruptes, des plans en mouvement permanent.
La caméra ne tient pas en place plus de quelques secondes, comme si le réalisateur craignait qu’un plan fixe ne révèle le vide du propos. L’ensemble donne une impression étrange, presque désynchronisée, sans que cela apporte quoi que ce soit au récit. En tant que thriller psychologique, Pose affiche un niveau de tension proche d’un dîner un peu gênant entre collègues. Il ne se passe quasiment rien. Les confrontations restent molles, les enjeux flous, les révélations tardives et peu convaincantes. Le mot “thriller” paraît presque ironique ici. L’angoisse est absente. L’urgence aussi. James McAvoy fait ce qu’il peut. Son charisme est intact, son regard intense, sa présence solide.
Mais même un acteur de ce calibre ne peut sauver un scénario aussi faible. Le problème ne vient pas de l’interprétation. Il vient de l’écriture. Les personnages sont vides, sans profondeur, sans arc clair. Les motivations restent brumeuses du début à la fin. Le film semble persuadé d’être brillant. Chaque silence est filmé comme un moment crucial. Chaque réplique est lancée comme si elle allait bouleverser la situation. En réalité, l’émotion ne décolle jamais. L’attachement aux personnages est inexistant. Indifférence serait le mot le plus juste. Un twist final tente de donner du sens à l’ensemble. L’idée arrive dans les dernières minutes, comme une tentative de justifier l’heure et demie précédente.
Ce retournement ne change pas grand-chose. Il donne surtout l’impression que le film a retenu son message jusqu’au bout, en espérant que la révélation effacerait tout le reste. Ce n’est pas le cas. Visuellement, le manoir et ses jardins offrent quelques images agréables. La nature environnante est sans doute l’élément le plus réussi du film. Mais un beau décor ne remplace pas une intrigue solide. Le rythme est lent, mais pas dans le bon sens du terme. Il ne s’agit pas d’une lente montée en puissance. Il s’agit d’un récit qui piétine. Pose veut parler d’art, d’ego, de manipulation et d’apparence. Le titre suggère un jeu sur les masques et les faux-semblants. L’intention est visible.
L’exécution laisse à désirer. Les personnages passent leur temps à adopter des postures. Le film fait exactement la même chose : il pose, il se regarde, il se croit profond. Le plus frustrant reste cette impression de potentiel gâché. Un huis clos dans un manoir, deux couples, des tensions latentes : le terrain était fertile. Mais le scénario semble incomplet, comme si des pages avaient disparu avant le tournage. Les scènes s’enchaînent sans progression réelle. Le récit avance à peine. Ce thriller psychologique avec James McAvoy promet une confrontation mentale intense. Il livre surtout une expérience laborieuse, prétentieuse et étonnamment vide. L’énergie manque, la chimie entre les acteurs ne prend pas, les dialogues sonnent faux. L’ensemble finit par paraître long, très long.
Note : 2/10. En bref, Pose donne l’impression de vouloir être une œuvre audacieuse et expérimentale. Il ressemble davantage à un exercice de style qui confond complexité et confusion. Derrière les poses artistiques et les silences appuyés, il ne reste pas grand-chose. Un film qui se prend très au sérieux, sans réussir à convaincre qu’il en valait la peine.
Prochainement en France
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