Critique Ciné : The Huntsman (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : The Huntsman (2026, direct to SVOD)

The Huntsman // De Kyle Kauwika Harris. Avec Shawn Ashmore, Garret Dillahunt et Elizabeth Mitchell.

 

Adapté du roman de Judith Sanders, The Huntsman avait tout pour être un thriller psychologique marquant. Un tueur en série accusé d’avoir assassiné six femmes en leur retirant le cœur. Une arrestation violente. Un tir en pleine tête. Un coma. Puis un nouveau meurtre commis selon le même mode opératoire pendant que le suspect est inconscient. Difficile de ne pas être accroché par une telle entrée en matière. Le film présente Lincoln, incarné par Garret Dillahunt, comme un homme à la fois fragile et inquiétant. À son réveil, l’ombre du doute plane. A-t-il oublié ses crimes ou n’a-t-il jamais rien fait ? Son épouse Jolene, jouée par Elizabeth Mitchell, défend son innocence avec une fidélité presque aveugle. 

 

Quand une infirmière de réanimation se porte volontaire pour s’occuper d’un patient dans le coma accusé d’avoir assassiné six femmes, elle se retrouve entraînée dans une toile glaçante de mensonges, d’obsession et de secrets mortels, tandis qu’un détective court contre la montre pour arrêter le véritable tueur.

 

Max, l’infirmier en soins intensifs interprété par Shawn Ashmore, s’implique au-delà du cadre professionnel et finit par intégrer le quotidien du couple. Sur le papier, le triangle est prometteur. Les premières minutes laissent croire à une enquête tendue. Une détective, Darby, interprétée par Jessy Schram, semble prête à jouer un rôle central. Les scènes de crime, même brièvement montrées, installent un climat sombre. Pourtant, très vite, le film abandonne l’idée d’une véritable traque. Il ne s’agit plus de trouver le coupable. Il ne s’agit même plus vraiment de comprendre comment les meurtres ont été commis. Le récit se replie sur la maison du couple, dans une ambiance feutrée, presque étouffante. 

 

Le thriller d’enquête devient un drame psychologique lent. Ce choix pourrait fonctionner s’il était porté par une écriture solide. Ce n’est pas vraiment le cas. Le film mise tout sur l’atmosphère. La photographie est sombre, parfois trop. Les pièces semblent avaler les personnages. Les dialogues sont prononcés avec prudence, comme si chacun redoutait de trop en dire. Cette retenue pourrait nourrir un vrai malaise. Mais la tension ne progresse pas. Elle stagne. Les questions s’accumulent : Lincoln simule-t-il son amnésie ? Jolene protège-t-elle un monstre ? Max a-t-il des intentions cachées ? Le problème n’est pas le manque d’interrogations, mais l’absence d’évolution. 

 

Le scénario multiplie les pistes sans réellement les approfondir. Le mystère finit par perdre en force, car rien ne vient vraiment le relancer. Ce qui empêche The Huntsman de sombrer complètement, ce sont ses comédiens. Shawn Ashmore donne à Max une intensité discrète. Son regard laisse deviner des failles, une colère contenue. Le film tente de le présenter comme potentiellement ambigu, mais le procédé manque de finesse. Malgré cela, il reste crédible. Garret Dillahunt joue sur l’incertitude. Son Lincoln oscille entre vulnérabilité et froideur. Il réussit à maintenir le doute plus longtemps que le scénario ne le permet vraiment. Elizabeth Mitchell apporte une vraie présence à Jolene. 

 

Son personnage, artiste recluse dans une maison isolée, canalise sa douleur dans son travail. Elle incarne cette épouse déterminée à croire en l’innocence de son mari, quitte à ignorer l’évidence. Son interprétation donne un peu de relief à un rôle qui aurait pu être caricatural. Quant à Jessy Schram, son personnage de détective est sous-utilisé. Le film semble promettre un duel intellectuel ou une enquête plus fouillée. Rien de tout cela n’arrive vraiment. L’idée d’un tueur présumé plongé dans le coma, puis réveillé alors qu’un nouveau crime est commis, était excellente. Elle ouvrait la voie à un thriller tendu, avec un compte à rebours et une course contre le temps. Au lieu de cela, le film adopte un rythme lent, presque monotone.

 

Les scènes les plus marquantes ne sont pas celles des meurtres, mais celles du quotidien : un regard trop insistant, une conversation à double sens, un silence prolongé. Cela peut fonctionner dans certains films du genre. Ici, le scénario n’a pas assez de matière pour soutenir cette approche pendant toute la durée. La révélation finale ne provoque ni choc ni véritable surprise. Elle donne plutôt l’impression que le film a choisi la solution la plus simple parmi celles envisagées. The Huntsman n’est pas un désastre technique. La mise en scène est correcte, la photographie cohérente, le casting solide. Le problème vient du manque d’audace dans l’écriture. Le film pose de bonnes bases, puis semble hésiter à aller plus loin.

 

Il manque de rebondissements marquants, de scènes vraiment fortes, de décisions narratives tranchées. À force de vouloir rester dans la suggestion, le film finit par paraître fade. Le suspense existe par moments, mais il ne se transforme jamais en véritable tension. Pour un thriller psychologique, l’implication émotionnelle reste limitée. L’intrigue intrigue au départ, puis l’intérêt s’émousse progressivement. Les acteurs font leur part du travail, mais ils ne peuvent pas compenser un scénario qui n’exploite pas pleinement son concept.

 

Note : 4.5/10. En bref, The Huntsman laisse une impression de potentiel gâché. L’idée était bonne, le casting pertinent, l’ambiance travaillée. Mais l’ensemble manque d’énergie et de profondeur. Le film se regarde sans déplaisir total, mais il ne marque pas durablement. Pour un sujet aussi sombre et prometteur, le résultat paraît étonnamment tiède.

Prochainement en France en SVOD

 

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