Critique Ciné : Diabolic (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Diabolic (2026, direct to SVOD)

Diabolic // De Daniel J. Phillips. Avec Elizabeth Cullen (II), John Harlan Kim et Mia Challis.

 

Avec Diabolic, le réalisateur Daniel J. Phillips s’attaque à un terrain qui, sur le papier, a de quoi intriguer : celui des dérives religieuses et du traumatisme laissé par une enfance passée dans une secte. Présenté comme un film d’horreur inspiré de faits réels, le long-métrage suit Elise, une jeune femme qui tente de faire la lumière sur son passé au sein d’un groupe fondamentaliste. Une idée forte, mais qui se perd rapidement dans une mise en scène trop convenue. Dès les premières minutes, Diabolic installe son personnage principal dans une situation fragile. Elise a réussi à fuir une communauté religieuse extrême, mais les séquelles sont bien là : cauchemars, trous de mémoire, visions étranges. 

 

Une femme participe à une cérémonie de guérison organisée par les saints fondamentalistes des derniers jours (FLDS), dans le but de la soulager de ses trous de mémoire inexpliqués. Au cours de la cérémonie, ils libèrent involontairement l'esprit d'une sorcière, déterminée à se venger de tous ceux qui lui ont fait du tort.

 

Pour tenter de comprendre ce qu’elle a vécu, elle décide de retourner sur les lieux, accompagnée de son compagnon Adam et de son amie Gwen. Sur place, elle accepte de suivre une sorte de thérapie censée réveiller ses souvenirs enfouis. Évidemment, les choses ne se passent pas comme prévu. Le film joue alors sur deux tableaux : d’un côté, les souvenirs fragmentés d’Elise, de l’autre, des manifestations plus surnaturelles qui semblent la suivre. Le problème, c’est que ces deux axes ne se rejoignent jamais vraiment. Le récit donne l’impression d’empiler des idées sans réussir à les faire dialoguer entre elles. Les flashbacks arrivent de façon assez brusque, parfois sans logique claire, et cassent le rythme plutôt que de l’enrichir.

 

Pourtant, le sujet de départ avait du potentiel. Le film s’inspire d’un courant religieux bien réel, connu pour ses pratiques extrêmes comme la polygamie ou les mariages précoces. Il y avait là matière à construire une horreur ancrée dans le réel, dérangeante, presque documentaire par moments. Mais Diabolic préfère emprunter des chemins beaucoup plus balisés. Au lieu d’explorer en profondeur les conséquences psychologiques de cette enfance sous emprise, le film enchaîne des scènes de visions déjà vues ailleurs. Les apparitions, les silhouettes inquiétantes, les couloirs sombres… tout cela fonctionne un temps, surtout grâce à une ambiance assez travaillée.

 

Certains décors naturels, entre forêt et bâtiments isolés, apportent une vraie sensation d’isolement. Une petite chapelle perdue ou une maison au milieu de nulle part suffisent à créer un malaise discret. De ce point de vue, le film sait poser une atmosphère. Mais cette ambiance ne suffit pas à compenser les faiblesses du scénario. Très vite, les personnages prennent des décisions qui n’ont pas vraiment de sens. Au lieu de fuir quand la situation devient inquiétante, ils restent sur place. Elise, en particulier, passe son temps à s’isoler alors que tout indique qu’elle est en danger. Ce genre de choix donne surtout l’impression que le film cherche à prolonger artificiellement son intrigue.

 

Le trio principal manque aussi d’épaisseur. Adam et Gwen sont présents, mais sans véritable rôle. Ils accompagnent Elise sans réellement exister en tant que personnages. Quant aux tensions entre eux, elles apparaissent un peu comme un ajout de dernière minute pour créer du conflit. Rien de tout cela ne laisse une impression durable. Heureusement, l’interprétation d’Elisabeth Cullen apporte un peu de tenue à l’ensemble. Elle parvient à rendre crédible la fragilité d’Elise, son trouble face à des souvenirs qui lui échappent. Même quand le film s’égare, son jeu garde une certaine sincérité. Cela permet de rester accroché, au moins par moments.

 

Sur le plan de la mise en scène, Diabolic alterne entre quelques idées intéressantes et beaucoup de déjà-vu. Certains effets pratiques fonctionnent plutôt bien, notamment dans les scènes les plus physiques. Mais ils sont noyés dans une accumulation de clichés du film d’horreur : bruits soudains, apparitions dans le noir, comportements illogiques… Le film donne parfois l’impression de cocher toutes les cases du genre sans jamais chercher à s’en éloigner. Le rythme pose aussi problème. Une grande partie du film avance lentement, avec peu d’événements marquants. Il faut attendre la fin pour que les éléments d’horreur prennent un peu plus de place. 

 

Cette dernière partie contient quelques moments plus intenses, mais ils arrivent tard, presque trop tard pour relancer l’intérêt. La conclusion, justement, laisse un goût étrange. Compte tenu du point de départ, une résolution plus forte était attendue. Au lieu de cela, le film choisit une direction assez facile, qui ne répond pas vraiment aux questions soulevées au début. C’est sans doute ce qui frustre le plus : l’impression qu’un sujet aussi riche débouche sur quelque chose de trop simple. 

 

Note : 4/10. En bref, Diabolic est un film d’horreur qui avait des bases intéressantes mais qui peine à aller au bout de ses idées. Entre le thème des sectes, le traumatisme personnel et le surnaturel, il y avait de quoi construire un récit marquant. Mais le film préfère rester dans une zone confortable, faite de codes déjà vus.

Prochainement en France en VOD

 

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