Critique Ciné : OBEX (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : OBEX (2026, direct to SVOD)

OBEX // De Albert Birney. Avec Albert Birney, Frank Mosley et Callie Hernandez.

 

Avec OBEX, le cinéma indépendant plonge dans un univers à part, entre nostalgie informatique des années 80 et récit introspectif. Le film attire d’abord par son esthétique singulière : noir et blanc, textures granuleuses, machines anciennes, écrans cathodiques… Tout semble pensé pour recréer une époque où l’informatique personnelle en était encore à ses débuts. Mais derrière cette intention, l’expérience laisse une impression plus mitigée. L’histoire suit Conor, un homme solitaire, enfermé dans son appartement et absorbé par ses activités sur ordinateur.

 

Connor Marsh vit reclus avec son chien Sandy. Un jour, il commence à jouer à l'Obex, un jeu informatique. Lorsque Sandy disparaît, la frontière entre la réalité et le jeu s'estompe et Conor doit s'aventurer dans le monde étrange de l'Obex pour retrouver son chien.

 

 Il passe ses journées à reproduire des images et à manipuler des programmes rudimentaires. Son quotidien est rythmé par ses écrans, ses cassettes VHS et la présence de son chien, Sandy. Ce cadre, presque figé, installe une ambiance étrange, parfois dérangeante. Tout bascule lorsqu’il découvre OBEX, un jeu vidéo livré sur disquette. L’objet intrigue, promet une immersion différente. Pourtant, les premières interactions déçoivent. Puis, progressivement, le film glisse vers quelque chose de plus inattendu. Le jeu semble envahir la réalité, jusqu’à provoquer la disparition du chien. Conor n’a alors plus qu’un objectif : entrer dans ce monde numérique pour le retrouver.

 

Sur le papier, cette quête a de quoi intriguer. Un voyage dans un univers inspiré des jeux de rôle des années 80, avec une dimension presque fantastique. Mais dans les faits, le film prend un chemin particulier. Il préfère s’attarder longuement sur l’état mental de son personnage plutôt que de construire une aventure dynamique. La première partie, très étirée, donne l’impression que le récit tarde à démarrer. Ce choix peut séduire un certain public, notamment ceux qui apprécient les récits contemplatifs. Mais il crée aussi une distance. Conor reste difficile à cerner. Son comportement, volontairement froid, rend l’identification compliquée. 

 

Le film ne cherche pas à le rendre attachant, et cela finit par peser sur l’implication émotionnelle. Visuellement, OBEX assume clairement ses influences. Certaines scènes évoquent un cinéma expérimental, avec des cadrages décalés et un rythme lent. L’ombre de Eraserhead plane sur les premières séquences. Pourtant, l’atmosphère ne trouve pas toujours la même intensité. Là où l’inspiration pouvait créer un malaise profond, le résultat ici semble plus distant, presque mécanique. Le passage dans le jeu vidéo apporte un changement de ton. Le film devient plus ouvert, plus accessible dans sa forme. L’univers d’OBEX rappelle les anciens jeux d’aventure, avec ses règles simples et ses environnements stylisés. 

 

Il y a même une certaine créativité dans la manière de mélanger prises de vue réelles et références vidéoludiques. Mais ce basculement arrive tard, et ne suffit pas à relancer complètement l’intérêt. Le thème principal semble tourner autour de l’isolement et du temps perdu. L’idée qu’un excès de vie virtuelle puisse éloigner du réel est présente, sans être vraiment développée. Le lien avec le chien, qui devient le moteur de l’histoire, aurait pu apporter une émotion plus forte. Pourtant, le film reste souvent en retrait, comme s’il refusait d’exploiter pleinement ce potentiel. Côté narration, le manque de rythme se fait sentir. Les scènes s’enchaînent sans véritable montée en tension. 

 

Certains dialogues semblent anecdotiques, d’autres trop rares pour donner de la profondeur. Le film avance par touches, mais sans véritable structure claire. Cela renforce l’impression d’un objet plus conceptuel que narratif. La mise en scène, elle, reste cohérente avec cette approche. Le choix du noir et blanc, les textures visuelles, les sons électroniques participent à créer une ambiance spécifique. Mais cette esthétique, aussi travaillée soit-elle, finit par tourner en rond. Elle soutient l’univers, sans réussir à porter le récit. Il y a malgré tout une forme de sincérité dans la démarche. Le film semble conçu comme un hommage à une époque précise, celle des débuts de l’informatique domestique. 

 

Pour certains spectateurs, cela peut créer un lien immédiat, presque nostalgique. Pour d’autres, cela peut au contraire renforcer la distance, surtout si ces références ne parlent pas. OBEX donne parfois l’impression de s’adresser à un public très ciblé. Ceux qui reconnaissent les codes, les machines, les usages. Mais pour un spectateur plus large, l’ensemble peut paraître fermé. Le film ne fait pas beaucoup d’efforts pour accompagner ou expliquer son univers. 

 

Note : 4/10. En bref, OBEX reste une proposition singulière. Un film qui tente quelque chose, mais qui ne parvient pas toujours à transformer son idée en expérience engageante. L’intention est là, l’esthétique aussi, mais le récit peine à suivre.

Prochainement en France en SVOD

 

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