Critique Ciné : Pirouette Fatale (2026, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : Pirouette Fatale (2026, Amazon Prime Video)

Pirouette Fatale // De Vicky Jewson. Avec Iris Apatow, Millicent Simmonds et Lana Condor.

 

Difficile de ne pas être intrigué par Pirouette Fatale. Sur le papier, l’idée attire tout de suite l’attention : mêler le monde du ballet à celui du film d’action. Des danseuses transformées en combattantes, des chorégraphies qui deviennent des affrontements… le concept a quelque chose de franchement séduisant. Dans les faits, le résultat oscille entre bonne idée et occasion manquée. L’histoire suit un groupe de jeunes ballerines en route pour une représentation importante en Europe de l’Est. Le voyage tourne court : problèmes de transport, imprévus en série, et finalement une halte forcée dans un hôtel isolé au milieu de nulle part. 

 

L’endroit a tout du piège dès le départ. Une ancienne danseuse y règne, entourée de personnages peu rassurants. Et très vite, la situation bascule lorsqu’un meurtre survient sous leurs yeux. À partir de là, les jeunes femmes deviennent des témoins gênants… donc des cibles. Le scénario repose sur une base assez classique : un groupe coincé dans un lieu fermé, traqué par des ennemis, obligé de survivre. Rien de très neuf de ce côté-là. Pourtant, quelques idées viennent relancer l’intérêt de temps en temps, notamment autour de la dynamique du groupe. Au début, les danseuses peinent à fonctionner ensemble, chacune enfermée dans son caractère. 

 

Mais face au danger, elles n’ont plus vraiment le choix : la survie passe par la solidarité. Ce qui distingue Pirouette Fatale, ce sont clairement ses scènes d’action. Le film tente quelque chose de différent en intégrant des mouvements de danse dans les combats. Sur certaines séquences, le mélange fonctionne plutôt bien. Les gestes sont lisibles, parfois même élégants, avec cette façon de transformer des figures de ballet en attaques. Il y a une vraie recherche physique derrière ces moments, et ça se ressent. Une scène en particulier marque les esprits : celle où les héroïnes adaptent leur équipement pour transformer leurs chaussons en armes. 

 

Le résultat est à la fois absurde et inventif, presque comme si le film assumait pleinement son côté irréaliste. C’est dans ces instants-là que Pirouette Fatale trouve une forme d’identité, en acceptant d’être un divertissement un peu excessif. Malheureusement, tout le reste du film n’est pas au même niveau. L’image, par exemple, souffre d’un manque de clarté. Beaucoup de scènes sont plongées dans une lumière sombre, parfois trop, ce qui nuit à la lisibilité générale. C’est assez paradoxal quand on voit le soin apporté aux chorégraphies : les combats sont bien pensés, mais pas toujours bien mis en valeur visuellement. Du côté des personnages, le constat est similaire. 

 

Le groupe de danseuses repose sur des archétypes assez simples : la rebelle, la privilégiée, la discrète, la fragile… Chacune a un rôle, mais peu ont vraiment le temps d’exister au-delà de cette première impression. Certaines idées auraient mérité d’être développées, notamment autour d’une danseuse malentendante ou encore d’une rivalité interne, mais le film ne va jamais au bout. Le casting féminin, en revanche, tient plutôt bien la route. Il y a de l’énergie, une vraie implication dans les scènes physiques, et une certaine crédibilité dans la transformation progressive des personnages. L’ensemble fonctionne, même si le script ne leur donne pas toujours de quoi briller.

 

Un autre point qui laisse un goût d’inachevé : la présence d’une figure expérimentée, ancienne ballerine devenue patronne des lieux. Le personnage a du potentiel, avec un passé lié à la danse et au crime, mais il reste en retrait. C’est d’autant plus frustrant que son rôle aurait pu apporter une vraie profondeur au récit, voire créer un miroir intéressant avec les jeunes héroïnes. Le film a aussi du mal à trouver le bon ton. Par moments, il se rapproche du thriller classique, avec une tension assez sérieuse. À d’autres, il bascule dans quelque chose de plus excessif, presque proche du film de genre assumé. Cette hésitation empêche l’ensemble d’être vraiment cohérent. 

 

Certaines scènes flirtent même avec une violence assez brute, qui contraste avec l’univers du ballet sans que le lien soit toujours clair. La musique accompagne correctement les scènes, sans jamais vraiment marquer les esprits. Elle fait le travail, sans plus. C’est un peu l’image globale du film : efficace par moments, mais rarement mémorable. Le dernier acte relève légèrement le niveau. Le rythme s’accélère, les enjeux deviennent plus directs, et le film assume davantage son côté spectaculaire. La confrontation finale fonctionne, notamment grâce à une mise en scène plus dynamique et une utilisation plus assumée du concept danse/action. Ce n’est pas révolutionnaire, mais ça apporte une conclusion cohérente avec ce que le film tente de proposer.

 

Note : 4.5/10. En bref, Pirouette Fatale reste un film d’action imparfait mais pas dénué d’intérêt. L’idée de départ est suffisamment originale pour retenir l’attention, et certaines scènes montrent un vrai potentiel. Mais entre un scénario trop convenu, des personnages peu développés et une mise en scène inégale, le film peine à aller au bout de son concept.

Sorti le 25 mars 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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