30 Mars 2026
Straight On Till Morning // De Craig Ouellette. Avec Kelsey Christian, Bonnie Jean Tyer et Maria Olsen.
Avec Straight On Till Morning, Craig Ouellette tente un mélange entre road trip, romance et horreur rurale. La proposition a de quoi attirer : deux jeunes femmes en fuite, une rencontre amoureuse, puis une plongée brutale dans un cauchemar familial. Le genre de film qui peut surprendre… sauf qu’ici, ça ne prend jamais vraiment. Le début pose pourtant des bases intéressantes. Retour en 1980, avec Rubin et Lilly, un jeune couple amoureux, en route vers leur futur. Une scène simple, presque légère, qui bascule rapidement dans le drame avec un accident violent.
Dani et Kaitlin sont deux rêveuses qui tombent amoureuses l’une de l’autre lors d’un road-trip romantique. L’avenir leur appartient… jusqu’à ce qu’elles croisent la route d’une famille tordue qui a quelque chose de bien, bien plus sombre en tête.
Cette introduction fonctionne bien, elle installe une origine, un traumatisme, et laisse espérer une suite solide. Puis le film saute dans le temps et suit Dani, une musicienne qui traverse les États-Unis pour tenter sa chance. Sur sa route, elle rencontre Kaitlin, coincée dans une relation compliquée et prête à tout quitter. Très vite, les deux femmes se rapprochent, et le film prend une direction de road trip romantique. Cette partie est plutôt agréable à suivre, avec une dynamique simple mais efficace. Le problème, c’est que Straight On Till Morning change complètement de ton sans vraiment préparer le terrain. Dès que les deux héroïnes croisent la route de la famille Robinson, le film bascule dans l’horreur pure.
Et là, ça devient plus compliqué. Sur le papier, tous les ingrédients sont là : une maison isolée, une famille dérangeante, un fils inquiétant, et des victimes piégées. Mais dans les faits, le scénario ne suit pas. L’histoire devient vite bancale, avec des enchaînements qui manquent de logique et des situations qui semblent là juste pour faire avancer le récit. C’est clairement le point faible du film : le scénario est raté. Les intentions sont visibles, les thèmes aussi — notamment le choc entre des valeurs très conservatrices et une relation moderne — mais tout est traité de manière trop frontale. Il n’y a pas de nuance, pas de vraie progression, juste une accumulation d’idées qui ne vont jamais au bout.
Les personnages n’aident pas non plus. Dani et Kaitlin restent les plus accessibles, même si leur relation évolue très vite. Mais en face, la famille antagoniste tombe dans quelque chose de très caricatural. Rubin, Lilly et leur fils Virgil incarnent une menace, mais sans réelle profondeur. Ils sont là pour faire peur, sans vraiment exister autrement. Virgil, notamment, avait du potentiel avec son apparence et son côté silencieux. Mais il reste sous-exploité. Il aurait pu devenir une figure marquante du film, mais il reste au final assez quelconque. Là où Straight On Till Morning s’en sort un peu mieux, c’est du côté du gore. Certaines scènes sont efficaces, avec des effets pratiques plutôt corrects.
Il y a une vraie volonté de rester dans quelque chose de concret, et ça fonctionne par moments. Les blessures, la violence, tout ça a un certain impact visuel. Sans être impressionnant, ça fait le job. Visuellement, le film montre aussi quelques idées. Certaines ambiances, notamment dans la maison ou lors de certaines séquences nocturnes, sont intéressantes. Il y a une recherche, une envie de proposer quelque chose. Mais encore une fois, ça ne va pas assez loin. Ces bonnes idées restent isolées, sans vraiment construire une identité forte. Le rythme, lui aussi, pose problème. Le début prend son temps, puis tout s’accélère d’un coup. Résultat : la seconde partie donne l’impression de brûler les étapes.
Les enjeux arrivent trop vite, les scènes s’enchaînent sans respirer, et certaines situations importantes manquent d’impact. Même les moments musicaux, liés au personnage de Dani, tombent à plat. Ils coupent le rythme plus qu’ils n’apportent quelque chose. On sent l’intention de donner une identité au personnage, mais ça ne fonctionne pas vraiment. Au final, Straight On Till Morning donne surtout l’impression d’un film qui avait des idées, mais qui ne savait pas quoi en faire. Le mélange des genres aurait pu marcher, mais il manque un vrai fil conducteur. Le passage de la romance à l’horreur est trop brutal, et le scénario ne tient pas suffisamment la route pour rattraper ça.
Note : 3/10. En bref, Straight On Till Morning reste un film d’horreur assez classique, avec de bonnes idées mal exploitées et un scénario qui ne suit pas. nt honnêtes, et il y a par-ci par-là des intentions visuelles intéressantes. Mais ça ne suffit pas.
Prochainement en France en SVOD
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