7 Avril 2026
Mission Pizza // De Brian McElhaney et Nick Kocher. Avec Gaten Matarazzo, Sean Giambrone et Lulu Wilson.
Avec Mission Pizza, les réalisateurs proposent une comédie complètement déjantée qui assume son côté absurde dès les premières minutes. Le film suit deux étudiants, Jack et Montgomery, coincés dans une soirée qui tourne mal après avoir consommé une étrange substance. Leur seule solution pour retrouver un semblant de normalité : récupérer une pizza. Sur le papier, l’idée paraît simple. À l’écran, c’est une toute autre histoire. Dès le début, le ton est donné. Le duo principal est présenté comme deux losers attachants, mal intégrés sur leur campus.
Deux étudiants solitaires, Jack et Montgomery, commandent une pizza mais ingèrent par erreur une drogue artisanale.
Entre tentatives maladroites de sociabilisation et humiliations répétées, leur quotidien installe une base assez classique pour une comédie étudiante. Mais très vite, le film dérape volontairement vers quelque chose de beaucoup plus chaotique. Le point de bascule arrive avec ces fameuses pilules, trouvées presque par hasard. Une fois consommées, elles déclenchent une série d’effets secondaires qui transforment leur descente vers le hall de leur résidence en véritable parcours du combattant. Chaque étage devient une épreuve, chaque rencontre un obstacle imprévisible. L’idée fonctionne plutôt bien au départ, car elle permet d’enchaîner les situations absurdes sans trop se soucier de la logique.
Le film adopte alors une structure presque épisodique. Chaque séquence ressemble à un sketch indépendant, avec ses propres règles et son propre délire. Des hallucinations visuelles aux transformations physiques improbables, en passant par des dialogues complètement lunaires, Mission Pizza ne cherche jamais à se contenir. Il préfère accumuler les idées, quitte à en faire trop. C’est à la fois sa force et sa limite. Car si certaines scènes font réellement mouche, d’autres tombent à plat. L’humour est très inégal. Certaines blagues reposent sur l’escalade du ridicule et fonctionnent bien dans ce contexte, surtout quand le film assume de pousser une idée jusqu’à l’absurde.
D’autres, en revanche, donnent l’impression d’avoir été improvisées sans véritable construction. Le résultat est un film qui peut faire rire franchement une minute, puis laisser totalement indifférent la suivante. Ce qui tient l’ensemble, c’est surtout la dynamique entre les deux acteurs principaux. Leur complicité fonctionne. Il y a quelque chose de crédible dans leur relation, malgré le chaos ambiant. Le film prend même le temps de montrer que leur amitié repose sur des non-dits, sur une forme de confort où les vrais problèmes sont évités. Et paradoxalement, ce sont les effets de la drogue qui vont les forcer à affronter ces tensions. Ce sous-texte aurait pu être davantage exploité, mais il reste en arrière-plan, écrasé par l’accumulation de gags et de situations absurdes.
Visuellement, le film adopte un style assez marqué. Lumières néon, mouvements de caméra instables, séquences proches du rêve… tout est fait pour plonger dans l’état mental des personnages. Certaines idées visuelles sont intéressantes, notamment quand le film brouille la frontière entre réalité et hallucination. Mais là encore, l’ensemble manque parfois de cohérence. À force de répéter les mêmes effets, l’impact diminue. L’univers du campus, censé être un cadre simple, devient presque un labyrinthe infini. Chaque porte semble ouvrir sur un nouveau délire, ce qui renforce cette impression de trip sans fin. Le problème, c’est que le film perd parfois de vue son objectif initial. La quête de la pizza, pourtant centrale, devient secondaire au fil du récit.
Ce manque de direction se ressent aussi dans le rythme. Certaines séquences s’étirent inutilement, tandis que d’autres passent trop vite. Le montage donne l’impression que le film hésite entre raconter une histoire et enchaîner des idées. Un autre élément marquant, c’est le ton volontairement excessif. Tout est poussé à fond : les émotions, les réactions, les situations. Les personnages crient, paniquent, exagèrent tout. Cela correspond à l’univers du film, mais cela peut aussi fatiguer sur la durée. Il y a très peu de moments de respiration. Malgré tout, Mission Pizza garde une certaine énergie. Il y a une envie de proposer quelque chose de différent, de ne pas rentrer dans un cadre trop classique. Le film ne cherche pas à plaire à tout le monde, et c’est sans doute ce qui le rend intéressant par moments.
Il s’inscrit clairement dans la lignée des comédies “stoner”, avec ce mélange de non-sens, de situations absurdes et de réflexion légère sur l’amitié et la jeunesse. Mais il peine à trouver un équilibre entre son côté délire et son envie de raconter quelque chose. Ce n’est pas une comédie qui marquera durablement, mais elle peut fonctionner le temps d’une soirée, surtout si l’on accepte son côté chaotique. Mieux vaut ne pas trop chercher de logique et simplement se laisser porter par ce joyeux désordre. Une chose est sûre : récupérer une pizza n’aura rarement été aussi compliqué.
Note : 6/10. En bref, Mission Pizza reste une expérience assez particulière. Pas désagréable, mais inégale. Il y a des idées, parfois bonnes, parfois moins. Des moments drôles, d’autres oubliables. Le film donne l’impression de vouloir tout tenter en même temps, sans toujours savoir quoi garder.
Sorti le 3 avril 2026 directement sur Disney+
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